Bachar al-Assad vit dans une prison dorée

Un an après la chute spectaculaire de son régime, Bachar al-Assad vit à des milliers de kilomètres de Damas, dans une capitale qui l’a sauvé mais qui le tient désormais sous étroite surveillance. Selon plusieurs médias arabes et occidentaux, l’ancien président syrien serait installé à Moscou dans un isolement presque total, loin des caméras et des foules qu’il aimait jadis faire défiler devant lui.

Le reportage de la chaîne saoudienne Al-Hadath décrit un homme confiné dans un lieu tenu secret, sans accès direct aux médias, privé de toute apparition publique. Ses déplacements seraient rares, encadrés par des gardes et par les services russes, chaque sortie faisant l’objet d’une autorisation préalable. Pour celui qui fut, pendant près d’un quart de siècle, l’ombre omniprésente de la Syrie, cette disparition de l’espace public est un renversement radical.

La plupart des pistes situent son refuge dans le quartier ultramoderne de « Moscow City », forêt de tours de verre et d’acier devenue symbole de la richesse russe. Depuis des années, des enquêtes ont montré que sa famille et le clan Makhlouf ont acheté une vingtaine d’appartements de luxe dans ce district, pour une valeur dépassant les 30 à 40 millions de dollars. Ces biens offrent un cadre confortable… mais aussi un environnement facile à sécuriser et à contrôler.

C’est dans ce décor que certains évoquent la naissance d’un discret empire locatif. Des sources citées par les médias arabes avancent que ces appartements, mis en location sous des références comme « Bashar City Rentals », pourraient générer environ 4 millions de dollars de revenus annuels. Une hypothèse jugée crédible par plusieurs observateurs, au regard du mode de gestion de la fortune du clan Assad : transferts massifs en liquide vers la Russie à partir de 2018, sociétés-écrans et investissements immobiliers difficiles à tracer.

Déjà avant sa chute, des ONG anticorruption et des journaux européens avaient documenté ces flux financiers, estimant la richesse familiale entre 1 et 2 milliards de dollars, issue en grande partie de la guerre, des trafics et des monopoles contrôlés par le régime. Une partie de cet argent a été placée à Moscou, transformant la Russie en coffre-fort comme en refuge politique pour l’ancien dirigeant.

Officiellement, Assad bénéficie d’un statut de protection accordé par le Kremlin, que ce soit sous forme d’asile politique ou de résidence à long terme. Des médias russes et kurdes ont détaillé les privilèges attachés à ce type de statut : droit de séjour, protection rapprochée, liberté de faire des affaires, en échange d’une discrétion absolue et d’un renoncement à toute activité politique ouverte. Les rares fuites sur son quotidien évoquent un homme reclus, passant de longues heures en ligne, sous la garde de sociétés de sécurité privées rémunérées par l’État russe.

Pendant que l’ex-président s’efface derrière les vitres teintées des tours moscovites, la Syrie s’emploie à effacer sa mémoire dans l’espace public. Dès la prise de Damas par les forces rebelles, le mausolée familial de Qardaha a été pris d’assaut, incendié et tagué, et d’innombrables statues et portraits de Bachar et de son père ont été abattus dans tout le pays. Le nouveau pouvoir, dirigé par le président Ahmed al-Sharaa, a publié des mandats d’arrêt et réclame officiellement son extradition pour crimes de guerre, demande à laquelle Moscou refuse de répondre.

Autour d’Assad, l’exil n’est pas uniquement familial. Une partie de son ancien premier cercle, comme le milliardaire Rami Makhlouf ou d’ex-responsables du renseignement, s’est elle aussi installée en Russie. Des enquêtes récentes décrivent comment ces hommes tentent de reconstituer, depuis Moscou, des réseaux de milices et de financement en Syrie, même si leurs projets d’offensive semblent pour l’instant limités par l’absence de soutien officiel russe et la méfiance d’une partie de la communauté alaouite.

Ainsi, l’« exil doré » de Bachar al-Assad apparaît moins comme une retraite paisible que comme une cage luxueuse. Il vit entouré de marbre et de gratte-ciel, mais dépendant du bon vouloir de ses protecteurs russes, coupé d’un pays qui tente de tourner la page de cinquante ans de règne dynastique. Entre justice réclamée par les Syriens et calculs géopolitiques de Moscou, le destin de l’ancien homme fort de Damas reste suspendu, à la fois à l’abri et sous pression.

 

Jforum.fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

1 Commentaire
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Asher Cohen

La Syrie n’est qu’une nation artificielle, créée par la France, sur les dépouilles de l’Empire Ottoman, et qui n’a pas manqué de l’exploiter par l’impérialisme colonial, donc le racisme et la violence, durant l’entre-deux-guerres.

C’est un amalgame de populations très différentes les unes des autres. Durant les 50 dernières années, une bande de petits mâlins alaouites ont profité de cette division entre différentes populations d’une fausse nation, pour pratiquer une dictature sanguinaire, massacrant les oppositions politiques, et maintenant un état de guerre perpétuel contre les Juifs voisins, afin de détourner l’attention de leurs problèmes intérieurs et créer l’illusion d’une nation syrienne. Ils se sont bien sucrés en asservissant les populations syriennes et l’économie libanaise voisine.

La guerre civile inévitable a fini par éclater et a mis plus de 10 ans pour jeter le dictateur sanguinaire merdeux et sa clique. Le leader syrien actuel, Al Sharaa, a de grosses difficultés à reconstruire une nation syrienne artificielle, sur une population martyrisée, et à se libérer de la guerre contre Israël qui envisage d’annexer le sud de la Syrie. L’ex-dictateur criminel, Assad, vit réfugié à Moscou, son ex-allié, et les syriens, trop désunis, sont incapables d’aller le buter dans son refuge.

La même situation va arriver en France, dirigée depuis le départ de De Gaulle, par des bandes de petits merdeux, irresponsables, archi corrompus et profiteurs sans limite. La guerre civile va exploser sur le modèle de la guerre d’Espagne de 1936, et Macron et sa clique ont déjà organisé leur retraite dorée où se réfugier. Français, prenez modèle sur la Syrie car vous allez bientôt repartir à zéro!