Au moins 64 combattants syriens proturcs morts

 

Des camions endommagés dans une localité d’Azerbaïdjan, le 3 octobre 2020. REUTERS/Aziz Karimov

Au moins 64 combattants syriens proturcs ont été tués au Nagorny Karabakh depuis le début des affrontements entre Azerbaïdjanais et Arméniens dans ce territoire séparatiste, a indiqué samedi une ONG.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 1.200 Syriens qui avaient combattu contre le régime de Bachar el-Assad ont été envoyés par la Turquie se battre aux côtés des forces azerbaïdjanaises contre les séparatistes soutenus par Erevan. L’ONG avait fait état auparavant d’un chiffre de 850 combattants, envoyés depuis une semaine. Au moins 36 de ces rebelles syriens ont péri durant les dernières 48h, a ajouté l’OSDH, portant le bilan à 64 morts.

Depuis le début des hostilités, l’Arménie accuse la Turquie d’envoyer des « mercenaires » syriens au Nagorny Karabakh. Celle-ci n’a pas commenté officiellement ces allégations.

Depuis le 27 septembre, de violents combats font rage au Nagorny Karabakh, majoritairement peuplé d’Arméniens, qui a fait sécession de l’Azerbaïdjan, entraînant au début des années 1990 une guerre ayant fait 30.000 morts. Le front était quasi gelé depuis malgré des heurts réguliers.

Le président français Emmanuel Macron a affirmé vendredi que 300 combattants « jihadistes » avaient quitté la Syrie pour rejoindre l’Azerbaïdjan en passant par la Turquie, une « ligne rouge » selon lui.

Dans un communiqué samedi, le ministère syrien des Affaires étrangères a mis en garde contre « la flagrante ingérence turque » dans ce conflit.

Ankara « a pour objectif d’attiser la situation, une attitude qui est constante chez le régime turc dans plusieurs pays, où il a créé des tensions et alimenté le feu de la sédition », indique le ministère dans un communiqué diffusé par l’agence officielle syrienne Sana.

La Turquie recrute des Syriens pour combattre aux côtés de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie

Une série de publications ces derniers jours brosse un tableau similaire à ce qu’Ankara a fait en Libye : recruter des combattants de l’opposition islamiste pour des milliers de livres et les transférer à leurs alliés, cette fois contre l’Arménie au Haut-Karabakh. Certains d’entre eux ont déjà été tués. L’administration Erdogan et Bakou nient.

Agences de presse

La Turquie envoie des combattants de l’opposition syrienne se jeter dans les batailles du Haut-Karabakh, où ils combattent aux côtés des forces azéries contre les séparatistes arméniens, selon une série de rapports et de témoignages publiés ces derniers jours. Selon le Guardian britannique, au moins trois combattants syriens ont été tués lors des combats dans l’enclave montagneuse, qui ont débuté dimanche, et les deux pays refusent actuellement de s’entretenir pour mettre fin aux combats malgré les appels de la communauté internationale.

La Turquie et l’Azerbaïdjan nient que les djihadistes syriens combattent dans le Haut-Karabakh, mais ces affirmations ont également été entendues de la part de la France et de la Russie. La Turquie et l’Azerbaïdjan, pour leur part, accusent l’Arménie de déployer des combattants des milices kurdes, mais ils n’ont pas fourni de preuves. La présence de combattants syriens, qui travaillent apparemment pour des sociétés de sécurité turques, comme la société de mercenaires (SMP) turque SADAT International Defence consultancy, sous la supervision de l’armée, des services spéciaux et de la présidence turque, signale un nouveau front que la Turquie a ouvert.

Le président Recep Tayyip Erdogan a intensifié l’implication de son pays dans les conflits dans la région et au-delà, et la Turquie a envoyé des milliers de combattants syriens en Libye, où ils combattent aux côtés du gouvernement à Tripoli. L’intervention turque dans le conflit que les puissances régionales ont évité au fil des ans, peut prolonger les combats et les rendre plus meurtriers.

Des soldats azerbaïdjanais lancent du mortier sur les positions du Haut-Karabakh, 27 septembre 2020

 

Des combattants syriens se dirigent vers la zone de combat du Haut-Karabakh, septembre 2020

Des combattants de l’opposition syrienne (turkmène dit-on) en route vers le Haut-Karabakh

Selon le Guardian, des combattants syriens d’Idlib, bastion de l’opposition syrienne, se sont vu offrir la sécurité des installations pétrolières et gazières en Azerbaïdjan pendant trois à six mois, pour 7 000 à 10 000 livres par mois. Ce sont des sommes importantes par rapport à ce qu’ils gagnent dans une Syrie pauvre et déchirée par la guerre.

Bien que l’on ne sache pas pourquoi l’armée azerbaïdjanaise qualifiée et bien équipée aurait besoin de l’aide de mercenaires syriens, le transfert rapide vers les lignes de front, notant que les efforts de recrutement ont commencé il y a environ un mois, suggèrent que l’Azerbaïdjan planifie son offensive militaire depuis un certain temps. L’Arménie a accusé la Turquie d’avoir abattu un avion de combat cette semaine, mais Ankara et Bakou l’ont nié.

 

מפת הסכסוך של נגורנו-קרבאך

Site officiel Walla! NOUVELLES

Le conflit place la Russie dans une position problématique, car elle a des forces militaires en Arménie et une alliance militaire avec elle, mais aussi des relations étroites avec l’Azerbaïdjan. Tous deux faisaient partie de l’ex-Union soviétique et le conflit entre eux a éclaté au moment de son effondrement, à la fin des années 1980. La Russie est également confrontée à un problème similaire avec la Turquie en Syrie et en Libye. Malgré les bonnes relations entre les dirigeants, Moscou et Ankara soutiennent les parties opposées dans ces conflits prolongés.

Le président français Emmanuel Macron, qui est déjà en conflit avec Erdogan sur les activités de la Turquie en Méditerranée orientale et sur d’autres fronts, a appelé à la fin des combats qui menacent la stabilité dans la région du Caucase. En Turquie, il a été accusé de soutenir «l’occupation arménienne» du Haut-Karabakh. La France compte de nombreux citoyens d’origine arménienne.

Le Kremlin a déclaré que Macron s’était entretenu avec le président Vladimir Poutine de la nécessité d’arrêter les combats et que les deux hommes avaient exprimé leur « volonté » de voir publier une déclaration du « groupe de Minsk » – qui comprend à la fois ces pays et les États-Unis – appelant à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des pourparlers de paix. Cependant, depuis le cessez-le-feu de 1994, aucun progrès réel n’a été réalisé entre les deux pays.

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