Assemblée générale de l’ONU : Israël au cœur des discours

L’ouverture de la 81e Assemblée générale de l’ONU a été marquée par une série de discours critiques envers Israël, mettant en lumière un isolement diplomatique grandissant. Plusieurs chefs d’État, notamment ceux de Turquie, Jordanie, Qatar, France, Royaume-Uni et Brésil, ont centré leurs interventions sur le conflit à Gaza, les politiques israéliennes en Cisjordanie et leurs répercussions régionales. Le secrétaire général sortant, Antonio Guterres, a ouvert le débat en condamnant l’attaque terroriste du 7 octobre menée par le Hamas, tout en dénonçant l’offensive israélienne à Gaza, qu’il a qualifiée de dévastatrice. Il a appelé au respect du droit international et à la protection des organisations humanitaires, alertant sur la possible disparition de la solution à deux États.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a livré l’une des critiques les plus virulentes, accusant Israël de « terrorisme d’État » et décrivant Gaza comme un « camp de concentration inhumain ». Il a dénoncé un « génocide » et un « état d’esprit génocidaire » insatiable, élargissant sa critique à la Cisjordanie et à Jérusalem, où il évoque violences des colons et entraves à l’accès aux lieux saints. En réaction, la délégation israélienne a quitté la salle durant son allocution. Le roi Abdallah II de Jordanie a quant à lui dénoncé la transformation progressive des politiques israéliennes en Cisjordanie, parlant de « dépossession » et d’« annexion de fait » qui rendent impossible la création d’un État palestinien viable.

L’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, a également utilisé un langage fort, qualifiant la situation à Gaza de « génocide » et appelant la communauté internationale à freiner l’agression israélienne, non seulement à Gaza mais aussi au Liban et en Syrie. Il a critiqué les appels à la déportation des Palestiniens et l’échec d’Israël à respecter ses engagements liés au cessez-le-feu et à l’aide humanitaire. De son côté, le président français Emmanuel Macron a exprimé une critique plus mesurée, dénonçant une situation à Gaza « qui nous fait honte » et condamnant la violence des colons en Cisjordanie, tout en suscitant une polémique à Jérusalem sur ses propos concernant l’activité du Hamas dans cette région.

Le Premier ministre britannique Andy Burnham a condamné l’attaque du Hamas tout en soulignant que cela ne justifiait pas les actions israéliennes à Gaza et en Cisjordanie, affirmant que la Grande-Bretagne ne resterait pas passive face à la souffrance palestinienne et à la menace sur la solution à deux États. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a dénoncé ce qu’il qualifie de « génocide » des Palestiniens, soulignant que l’expansion des colonies complique davantage la perspective d’une paix durable. Ces interventions reflètent une pression internationale accrue sur Israël, dans un contexte où la sécurité des civils israéliens et la menace terroriste restent des enjeux majeurs.

Cette session de l’Assemblée générale souligne le fossé diplomatique qui s’élargit autour d’Israël, confronté à des accusations sévères tout en défendant ses opérations comme légitimes et conformes aux lois de la guerre. La situation demeure complexe, avec des appels pressants à la protection des civils et à la reprise d’un dialogue diplomatique, alors que les perspectives d’une solution à deux États semblent s’éloigner. Le débat international s’annonce crucial pour l’avenir de la région et la stabilité à court terme.

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