Amidror: Toujours opposé à l’accord, mais la reprise en Iran est bien plus lente que prévue
« Tout le monde voit bien qu’ils continuent de faire des essais de missiles et roquettes, qu’ils envoient et assistent les terroristes dans toute la région. Aussi les investisseurs craignent que, du fait du comportement iranien, les Etats-Unis vont bien être obligés de faire quelque chose pour stopper cela »
Bien que l’ancien Conseiller National à la Sécurité, Ya’acov Amidror croie encore que l’accord nucléaire avec l’Iran est nuisible, il a récemment déclaré au The Jerusalem Post que l’Iran n’a pas bénéficié aussi rapidement que prévu de l’allègement des sanctions.
Amidror, qui occupe aujourd’hui le poste de chercheur détenteur de la Chaire Ross au Centre Begin-Sadate des Etudes Stratégiques, répondait à la question de savoir pourquoi les Iraniens continuent tellement de se plaindre de ne pas recevoir les financements que l’accord a permis de dégeler, alors que lui et d’autres continuent de dénoncer cet accord et son allègement des sanctions comme une façon de libérer les ambitions terroristes de l’Iran et ses projets nucléaires sur le plus long terme.
Il a déclaré « qu’il n’avait pas réalisé à quel point les investisseurs sont confrontés à deux dangers » quand il s’agit de retourner faire des affaires avec l’Iran, après l’annulation des sanctions.
« Tout l’Iran n’est qu’un système corrompu et inefficace », affirme Amidror, ce qui la première raison pour laquelle l’Iran peut bien avoir le robinet ouvert à l’investissement étranger, grâce à l’accord nucléaire, mais que les investisseurs choisissent encore d’attendre sur le bas-côté, jusqu’à présent, empêchant ainsi l’Iran de bénéficier pleinement et immédiatement de cette manne financière.
En ce sens, les craintes des investisseurs d’investir en Iran n’ont rien d’uniques.
C’est simplement une inquiétude normale vis-à-vis de tout pays ravagé par la corruption endémique et des questions de prévisibilité.
La deuxième raison limitant la renaissance financière de l’Iran après l’accord, qui pourrait bien être encore plus durable – a déclaré Amidror quelques jours avant l’élection américaine – c’est que de nombreux investisseurs ne s’y risqueront qu’après « les élections américaines, quand la situation sera claire… Les investisseurs veulent évaluer s’il y aura ou non un gros changement ».
« Tout le monde voit bien qu’ils continuent à tester des roquettes et à envoyer et assister des terroristes à travers toute la région. Aussi les investisseurs s’inquiètent à juste titre que, du fait de l’attitude iranienne, les Etats-Unis doivent encore faire quelque chose », sous-entend Amidror. Cela pourrait encore impacter négativement le tableau d’investissement en Iran.
Tout ce qu’il a dit là, demeure dans le cadre dans lequel Amidror envisage toujours cet accord comme hautement problématique. Il a fait remarqué que l’Accord Iran-Boeing [qu’entend protéger de son veto le Président sortant Barack Obama], approuvé en septembre par les Etats-Unis, est toujours en suspend du fait des questions financières auxquelles l’Iran est confronté. Quoi qu’il en soit, il est confiant dans le fait que l’accord Boeing finira par ouvrir des affaires commerciales pour l’Iran, à cause de l’argument qui veut que si un contractant important américain fait des affaires avec l’Iran, tout le monde peut en faire.
Il pense que l’accord a libéré l’Iran pour lui permettre d’être encore plus agressif qu’avant dans la région et que, en dépit de tout délai temporaire, de nouveaux financements qui finiront par se déverser en Iran ne feront, en définitive, que renforcer ses capacités à semer le trouble et à nuire.
Même s’il dit s’attendre à ce que l’Iran observe les conditions de l’accord durant les six ou sept prochaines années, il ne s’agit jamais que d’un geste tactique afin de maintenir la levée des sanctions.
La grosse question consiste à savoir comment Israël, les Etats-Unis et d’autres vont pouvoir gérer l’Iran quand l’accord sera proche de l’expiration, comment on va pouvoir surveiller les violations rampantes et comment Israël va pouvoir communiquer ses besoins sécuritaires, y compris la nécessité de frapper en réponse à certains événements.
Il a déclaré qu’il est crucial de se préparer pour le pire et qu’il est nécessaire d’élaborer continuellement de nouveaux plans de frappes d’urgence, alors que les capacités militaires de l’Iran lui permettant de résister à ce genre de frappes ne font qu’augmenter [notamment grâce à son alliance avec Poutine].
Beaucoup ont remarqué le 13 octobre, que l’Iran a acquis les composants manquants du système de défense anti-aérien S-300 grâce à la Russie, ce qui pourrait compliquer toute frappe israélienne.
D’autres ont remarqué les tests de missiles de la République iranienne en violation de tout accord, son parrainage continuel du terrorisme et d’autres endroits où l’Iran exploite systématiquement toutes les failles de cet accord bancal.
Répondant aux défis distincts, en matière de renseignements, de la menace des tunnels du Hamas à Gaza, Amidror a répondu qu’il n’y avait pas de réponse simple et à une seule dimension.
Interrogé sur la critique provenant de certains experts et disant qu’Israël est devenu trop dépendant du développement de technologies onéreuses afin de détecter et d’éliminer la menace des tunnels, il a déclaré que la clé se trouve « dans une combinaison d’utilisation de nouveaux procédés, de nouvelles approches opérationnelles et aussi de technologies, tout cela réuni ».
Tout en s’accordant sur le fait de dire que la technologie toute seule reste insuffisante, il a affirmé que c’est une nouvelle partie cruciale de la course incessante pour quantifier et faire face aux capacités du Hamas en matière de construction de tunnels.
« C’est un problème pour tout le monde et il n’y a pas de solution facile », a t-il déclaré, ajoutant que parce que les tunnels ont été utilisés dans le domaine de la guerre par le passé, comme durant la guerre du Vietnam, cela ne signifie pas que quiconque ait pu y apporter une solution parfaite ».
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13/11/2016 23:29
Adaptation : Marc Brzustowski
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