A Soviet Union flag is seen in a building of Havana, on April 24, 2019. The perspective stirs the ghosts in the region: Russia advances its pawns in Cuba, remembering the great era of the Soviet bloc, but without the intention of subsidizing the island, warn experts.

Wagner place ses pions en Amérique latine

Des émissaires de Wagner seraient notamment venus proposer leurs services à Haïti dans sa lutte contre les gangs ultraviolents (ci-dessus, des soldats haïtiens, le 6 octobre 2021, à Port-au-Prince). RICHARD PIERRIN/AFP

 

DÉCRYPTAGE – Si la Russie cherche à étendre son influence en Amérique latine pour concurrencer la Chine, il y a fort à parier que la milice Wagner a plus d’une fois participé à des rencontres sur le continent.

Le groupe Wagner «est parmi les héros qui ont défendu le peuple syrien et d’autres peuples arabes, africains et latino-américains», a déclaré Evgueni Prigojine. Une affirmation qui semble confirmer les rumeurs de présence de cette armée privée en Amérique latine.

Au Venezuela, plusieurs avions de l’armée russe avaient atterri à Caracas, en mars 2019, avec à leur bord des soldats sans signe distinctif officiel. Ils auraient été au nombre de 400. Alors que la contestation sociale et politique avait failli en finir avec le régime du président Nicolas Maduro, ils ont été chargés de la sécurité rapprochée de ce dernier. Puis leur mission semble avoir évolué vers la protection des intérêts russes dans le pays.

Des entreprises russes participent activement depuis plusieurs années au pillage et à la destruction de la forêt amazonienne pour exploiter, entre autres, des mines d’or. Dans le parc naturel Canaima, classé au patrimoine naturel de l’Unesco, «des militaires russes vêtus d’uniformes des forces armées bolivariennes» ont été signalés par la journaliste indépendante Mariana Reyes, qui avance qu’il s’agit «probablement» de membres de la milice Wagner. Selon Evan Ellis, professeur au U.S. Army War College Strategic Studies Institute et qui a présenté en 2022 un rapport devant le Congrès américain sur le sujet, «la Russie a déployé des équipes militaires, des troupes et des mercenaires» au Venezuela.

«Défier la doctrine Monroe»

La présence militaire russe au Venezuela est encadrée par de multiples accords de coopération. Le dernier en date, signé en 2019, prévoit d’ouvrir l’accès des ports vénézuéliens aux sous-marins russes. Un même accord a été signé avec le Nicaragua. Plusieurs dizaines de conseillers militaires russes sont présentes mais aucun élément ne permet de confirmer que des miliciens de Wagner participent à des opérations dans ce pays qui connaît un mouvement de contestation politique fort depuis plusieurs années.

À Cuba aussi, des conseillers militaires sont présents. Mais il ne paraît pas compatible avec la culture de ce régime militaire d’accueillir des membres d’une armée privée. À quelques encablures de l’île castriste, Haïti, des émissaires de la milice de Prigojine seraient venus proposer leurs services dans le cadre de la lutte contre les gangs ultraviolents qui sèment la terreur dans les rues de Port-au-Prince. Des documents émanant du Pentagone, en avril dernier, évoquent les activités du groupe Wagner en Haïti. Selon le New York Times, qui a pu consulter les documents, des contacts ont eu lieu entre des représentants de Wagner et le premier ministre haïtien, Ariel Henry.

La Russie cherche de plus en plus à étendre son influence en Amérique latine, en concurrence pour cela avec la Chine très présente, notamment dans le cadre des routes de la soie. «L’influence des États-Unis dans la région a considérablement diminué ces dernières années, estime dans un entretien accordé à RFI Andreï Piatakov, chercheur à l’Institut de l’Amérique latine de l’Académie des sciences de Russie. La stratégie principale de la Russie en Amérique latine, c’est de défier la doctrine Monroe», qui condamne toute intervention européenne dans les affaires du continent américain, et celle des États-Unis dans les affaires européennes.

Le chercheur rappelle que les contacts ne se limitent pas aux pays réputés de gauche en Amérique latine. Lors des émeutes de novembre 2019 au Chili, sous la présidence de Sebastian Piñera, des militaires russes s’étaient rendus à Valparaiso pour des «échanges d’expériences».

JForum avec Patrick Bèle lefigaro

 

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KIGEM

POUR BIDEN IL EST PLUS FACILE DE SERMONNER ISRAËL QUE DE TAPER DU POINGT POUR RÉGLER L INVASION RUSSE DANS SA ZONE D INFLUENCE.