Abu Alaa al-Afri aurait remplacé al-Baghdadi à la tête du Califat de l’Etat Islamique
L’adjoint d’Al Baghdadi prend le commandement, à la suite des blessures incapacitantes du Calife ; on dit de lui qu’il est plus important et redouté que son commandant, au sein même de l’Etat Islamique, à la fois plus charismatique et très strict en matière de Chari’a.
Abu Alaa al-Afri, dont on dit qu’il est le véritable dirigeant actif de l’Etat Islamique, après les informations qui ont cirtculé, annonçant qu’Abu Bakr al Baghdadi aurait été gravement blessé, dans une tentative d’élimination, reste un personnage énigmatique sur lequel on a peu d’information crédible disponible.
Il était, jusqu’à présent, le commandant en second d’Al Baghdadi, et même avant les rapports sur les graves blessures incapacitantes subies par l’ancien Calife, Al-Afri disposait d’un rôle prépondérant au sein des cercles dirigeants de l’organisation terroriste. Mais on n’en sait guère plus.
Clichés circulant à propos d’Abu Ala al Afri
Vendredi, le journal britannique le Guardian a révélé que le dirigeant de l’Etat Islamique Abu Bakr al Baghdadi était victime de graves incapacités liées à une blessure médulaire (paralysie de la moelle épinière), subie lors d’une frappe aérienne, en mars dernier, de la coalition dirigée par les Etats-Unis, dans l’ouest de l’Irak.

Djihadistes de l’Etat Islamique dans le camp de Yarmouk.
Selon ce reportage, Al Baghdadi reçoit ses soins de deux médecins de la ville de Mossoul, mais il ne pourra pas revenir au sommet de l’organisation. Pour le moment, au moins, c’est l’adjointr d’al Baghdadi qui a pris la relève.
Que le reportage du Guardian soit exact ou non, les informations concernant la grave blessure subie par al Baghdadi n’ont fait qu’augmenter récemment, et la foi accordée au fait que ce soit Al Afri qui est aujourd’hui aux commandes est devenue un lieu commun, bien avant, même, que ne paraisse ce reportage de vendredi.
Al Afri, ancien professeur de physique dont l’âge demeure inconnu, est né dans la ville d’al-Khidr, à 80 kms au sud de Mossoul, cette ville stratégique aux mains de l’Eatat Islamique depuis l’été dernier.
Tout comme al Baghdadi, al-Afri a d’abord été membre d’Al Qaïda – avant la scission entre les deux mouvements – durant des années. En 1998, il s’est rendu en Afghanistan et, plus tard, est monté en grade au sein d’al Qaïda. Il a toujours été fidèle au chef de l’organisation en Irak, à l’origine de la scission, Abu Musab al-Zarqawi.
En 2006, al Afri est identifié comme l’un des fondateurs du Conseil de la Shura des Moudjahidines d’Irak, un groupe djihadiste combattant les forces américaines en Irak qui ont renversé Saddam Hussein.
Il a été arrêté par l’armée américaine et emprisonné dans les prisons américaines d’Irak, mais, comme Baghdadi, relâché un peu plus tard. Alors qu’il était détenu, il conduisait des harangues et des prêches en direction des prisonniers, dont beraucoup étaient affectés et séduits par ses positions radicales. Certains ont, ensuite, rejoint les rangs de l’Etat Islamiques et d’autres organisations djihadistes.

Islamic State’s wounded leader al-Baghdadi (Photo: MCT)
Cetains affirment qu’après les éliminations des dirigeants irakiens d’al Qaïda, Abu Omar al-Baghdadi et Abu Ayyub al-Masri, en 2010, al-Afri était devenu le principal candidat d’Osama Ben Laden pour prendre la direction de la branvhe irakienne de la mouvance, ce qui est indicatif de sa grande popularité dans l’esprit des chefs djihadistes globaux.
Le Hisham al-Hashimi, conseiller auprès du gouvernement irakien, a confié au magazine américain Newsweek, il y a quelques jours, que la position d’al Afri au sein de l’Etat Islamique est bien meilleure aujourd’hui, que celle du calife déclaré Abu Bakr al Baghdadi.
Al-Afri est « plus important et plus perspicace » et dispose d’un meilleur réseau de relations. C’est un bon orateur en public et il émane de lui un charisme plus fort », déclare al-Hashimi. « Tous les dirigeants de Daesh trouvent qu’il est doté de plus de sagesse djihadiste, et d’une grande capacité à diriger et à gérer l’administration de l’organisation », ajoute t-il.
Les responsables irakiens disent de lui que lorsqu’Al-Afri était en charge des autorités de la Chari’a dans le nord de l’Irak, il se comportait de façon très stricte et rigoureuse.
Hassan Hassan, qui est le co-auteur de : « L’Etat Islamique : au cœur de l’armée de la terreur » affirme qu’al Afri est devenu particulièrement prédominant au cours de ces derniers mois, après que l’organisation a subi des défaites tactiques, autant en Syrie qu’en Irak et qu’il a remplacé rapidement le gouverneur de Daesh Abu Ali al-Anbari, au rang de principal lieutenant d’Al Baghdadi.
Selon le Newsweek, à la différence des autres principaux chefs de l’Etat Islamique, al-Afri s’oriente vers la réconciliation historique avec l’organisation djihadiste Jabhat al Nusra appartenant à al Qaïda, qui est considérée comme la principale rivale de l’Etat Islamique en Syrie.
Il est aussi favorable à l’égalité dans le partage du pouvoir au sein de Daesh, entre ses agents opérationnels arabes et les djihadistes étrangers qui ont rejoint l’Etat Islamique en masse, venus du monde entier.
Hassan fait remarquer que l’arrivée au pouvoir d’al Afri en tant que chef principal de l’Etat Islamique ne devrait pas être perçue comme un renversement d’al Baghdadi, puisque même avant la blessure subie par celui-ci, al Afri occupait déjà la position de « Guide Suprême » de l’organisation et que c’étaient ses propres généraux qui déclenchaient les principaux mouvements de l’Etat Islamique. Des reportages passés qualifiaient déjà al-Baghdadi de « guide spirituel » de Daesh, notant que sa nomination à la tête de l’E.I était surtout destinée à conférer à l’organisation un cachet religieux pour qu’elle soit approuvée et reconnue.
Et si cette approbation était le principal facteur de cette nomination, il se pourrait qu’al Afri soit confronté à un réel problème du fait de ses origines turkmènes, a prétendu le journal Alquds al Arabi, cette semaine, puisqu’Al Afri ne peut prétendre être le Calife de l’Etat Islamique, n’étant ni Arabe ni Hachémite.
Roi Kais
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Adaptation : Marc Brzustowski.
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