Plusieurs partis d’opposition tunisiens ont vivement critiqué la décision des autorités d’expulser l’ambassadeur syrien, jugée « précipitée » et rompant avec la prudence habituelle de la diplomatie tunisienne.
L’un des principaux parti d’opposition, le Parti démocrate progressiste
(PDP) s’est étonné dans un communiqué de « ce pas inhabituel aux traditions de
la diplomatie tunisienne ».
Il a invité le pouvoir exécutif « à consulter toutes les forces nationales
avant de prendre des décisions pouvant compromettre, de par leur importance,
lavenir des relations arabes et internationales avec les autres pays ».
Tout en soulignant « son soutien inconditionnel au peuple syrien », le parti
de gauche Ettajdid a fustigé pour sa part une décision « précipitée » et
« irréfléchie », estimant qu’elle ôtait « toute marge de manoeuvre nécessaire
pour résoudre le problème syrien sans intervention militaire ».
« Décision hâtive et première dangereuse dans l’histoire de la diplomatie
tunisienne », a dénoncé le Parti national tunisien, rassemblant des formations
centristes.
Les partis d’opposition se sont également inquiétés des répercussions
éventuelles d’une telle décision sur les Tunisiens installés en Syrie.
La décision d’expulser l’ambassadeur « tranche net avec les constantes de la
diplomatie tunisienne, plutôt réservée, médiane et modérée », soulignait lundi
un éditorial dans le quotidien La Presse.
La présidence tunisienne a annoncé samedi avoir entamé les procédures « en
vue d’expulser l’ambassadeur de Syrie », suite aux bombardements vendredi sur
la ville de Homs, qui ont fait plus de 230 morts, selon des militants des
droits de l’homme.
« Cette décision d’expulsion est définitive et sans retour et elle a été
prise sans l’influence de personne, ni sous pression américaine ou européenne
ou arabe », a martelé lundi le ministre des Droits de l’Homme et porte-parole
du gouvernement Samir Dilou lors d’un point de presse.
« Nos relations avec les autres pays se basent sur des principes qu’on ne
peut pas ignorer, la Tunisie après sa révolution ne peut pas garder des liens
avec un régime qui tue son peuple, qui arrache la gorge d’un chanteur et qui
brise les os d’un peintre », a-t-il affirmé.
« Ce qui nous intéresse c’est le peuple syrien et non le régime qui tue
maintenant les gens par centaines », a ajouté M. Dilou.
La veille, le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali avait appelé tous les
pays à expulser les ambassadeurs de Syrie pour protester contre la répression
sanglante menée par le régime de Bachar al Assad.
TUNIS, 6 fév 2012 (AFP)
![]() |
![]() |







































