Environ 300 personnes ont assisté lundi soir à une réunion publique à Paris pour protester contre la répression en Syrie et soutenir l’opposition, une cause qui peine pour l’instant à mobiliser la société civile dans les pays occidentaux, a constaté un journaliste de l’AFP.
Plusieurs personnalités ont pris la parole, comme l’ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius ou le président UMP de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale Axel Poniatowski, lors de cette réunion organisée par l’intellectuel engagé Bernard Henri-Lévy dans un cinéma parisien. Tous ont fait part de leur malaise devant les faibles moyens de pression des Occidentaux sur le régime de Bachar al-Assad, du fait notamment de l’opposition de la Russie à adopter une résolution condamnant le régime syrien au Conseil de sécurité.
L’impuissance occidentale contraste avec l’intervention en Libye et donne l’impression d’un « deux poids, deux mesures ». « Je ressens cette interpellation comme un grand malaise », a reconnu Bernard-Henri Lévy, qui s’est fortement impliqué dans l’engagement de la France au côté des rebelles libyens. « Il n’y a pas de consensus international pour ne serait-ce que condamner la Syrie. Tant que la Ligue arabe ne condamne pas la Syrie, on n’aura pas de résolution au Conseil de sécurité », a déploré Axel Poniatowski. Pour Laurent Fabius, « si rien n’est fait en Syrie, alors on nous interrogera sur ce qu’on fait en Libye », a-t-il estimé, en préconisant de renforcer les sanctions à l’égard des intermédiaires qui commercent avec Damas.
Depuis le début de la révolte le 15 mars, plus de 1.300 civils ont été tués et 10.000 personnes arrêtées par les forces syriennes, selon des ONG. Quelques Syriens étaient présents, comme Radwan Badini, membre du comité exécutif de la « Conférence pour le changement démocratique » qui regroupe selon lui 90% de l’opposition syrienne. « Nous sommes unis dans nos revendications. Notre objectif est d’avoir un pouvoir démocratique », a-t-il assuré. Autre Syrien présent, Ashraf Almoukdad, un cousin du petit Hamza, 13 ans, torturé et tué fin avril à Deraa, devenu un symbole de la répression. Depuis le début des manifestations, « 88 enfants ont été tués. Ce régime qui fait taire l’enfance ne mérite pas de rester », a-t-il dit.
PARIS, 4 juil 2011 (AFP)
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