D’origine juive, François Jacob est le fils unique de Simon Jacob et de Thérèse Franck. Né le 17 juin 1920 à Nancy et mort le 19 avril 20131, est un chercheur en biologie français. En 1965, il est récompensé du prix Nobel de physiologie ou médecine. Il est chancelier de l’Ordre de la Libération de 2007 à 2011.

Après sa scolarité au lycée Carnot, à Paris, il s’inscrit à la Faculté de médecine de Paris avec l’intention de devenir chirurgien. Ses études de médecine sont interrompues avant la fin de la deuxième année : en juin 1940, il quitte la France pour rejoindre les Forces françaises libres à Londres.

C’est en qualité d’officier du Service de santé des armées qu’il participe aux opérations militaires au Fezzan et en Tripolitaine (Libye), ainsi qu’en Tunisie, où il est blessé. Il passe ensuite dans la Deuxième DB. Lors de la campagne de Normandie en août 1944, il est à nouveau blessé, cette fois grièvement, et doit passer sept mois à l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce.

Après la guerre, il termine ses études de médecine à Paris, où il obtient son doctorat en 1947 avec une thèse consacrée aux propriétés de la tyrothricine, un antibiotique à usage local qui avait été isolé dès 1939 par René Dubos, et qui fut le premier antibiotique commercialisé. La même année, il épouse la pianiste Lise Bloch, avec qui il aura quatre enfants : Pierre, qui devint philosophe, les jumeaux Laurent et Odile (la future fondatrice des éditions Odile Jacob), et Henri. Veuf, il se marie en secondes noces avec le docteur Geneviève Barrier, fondatrice du SAMU à Paris.

Humaniste, il a notamment signé, avec d’autres lauréats du Prix Nobel, un appel demandant qu’une délégation du Comité des droits de l’enfant de l’ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine, Gendhun Choekyi Nyima, reconnu comme 11e Panchen Lama par le 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso.

Sa carrière scientifique

Ses blessures de guerre étant trop graves pour lui permettre d’exercer la chirurgie, il travaille d’abord dans d’autres domaines jusqu’en 1950, année où il entre à l’Institut Pasteur sous la direction d’André Lwoff.

En 1956 il est nommé directeur de laboratoire et en 1960 chef du service de génétique cellulaire qui venait d’être installé à l’Institut Pasteur. En 1964 il se voit attribuer au Collège de France une chaire de génétique cellulaire créée pour lui.

Il est membre étranger de l’Académie royale danoise des sciences et des lettres (da), de l’American Academy of Arts and Sciences, de la National Academy of Sciences des États-Unis, de l’American Philosophical Society, de la Royal Society de Londres, de l’Académie royale de médecine de Belgique, de la New York Academy of Sciences, de l’International Academy of the History of Science, de l’Académie des sciences de Hongrie, de l’Académie royale des sciences d’Espagne. Il est docteur honoris causa des universités de Chicago, du Mount Sinaï Medical Center de New York, Humboldt de Berlin, Bruxelles, Barcelone, l’institut Weizmann d’Israël, l’Université Rockefeller de New York), Oxford, Rome, Lisbonne, Bologne, Harvard, Athènes, Crète, Montréal, Valence, Madrid, Istanbul.

Ses principaux travaux

C’est en 1951 qu’il achève ses études de biologie et en 1954 qu’il soutient à la Sorbonne une thèse de doctorat en biologie consacrée à la lysogénie bactérienne (c’est-à-dire l’état d’une bactérie ayant intégré une partie du matériel génétique d’un virus bactériophage) et au concept de provirus (un provirus ou prophage étant le nom donné au génome dormant du bactériophage une fois intégré à celui de la bactérie hôte). Dans ce travail il décrit notamment les conséquences biochimiques des mutations ponctuelles du génome bactérien. C’est ainsi qu’il parvient à expliquer la résistance des bactéries aux prophages par l’existence de mécanismes génétiques capables de freiner l’activité des gènes des prophages.

En 1954 commence avec Élie Wollman une collaboration féconde de plusieurs années qui leur permettra de mieux comprendre les liens et les relations entre le matériel génétique de la bactérie et celui de son prophage, ainsi que la conjugaison entre bactéries. Ils élaborent ensemble plusieurs théories nouvelles, pour expliquer l’échange de gènes entre bactéries au cours d’une conjugaison, pour démontrer la structure circulaire du chromosome des bactéries et l’existence des plasmides. Leurs résultats sont rassemblés dans l’ouvrage Sexualité et génétique des bactéries.

En 1958 les analogies remarquables entre la lysogénie et la possibilité d’induire chez certaines bactéries la synthèse de la lactase (l’enzyme permettant de décomposer le lactose) permettent à François Jacob et à Jacques Monod d’élucider les mécanismes génétiques responsables de l’échange de gènes entre bactéries. Ces échanges confèrent aux bactéries des propriétés nouvelles en leur permettant, par exemple, de synthétiser des protéines. C’est ainsi qu’ils découvrent l’opéron lactose de la bactérie Escherichia coli, qui révolutionne la compréhension de la régulation de l’expression chez les bactéries, à l’origine du développement du génie génétique. En conclusion de ce travail, Jacob et Monod ont mis au point un modèle décrivant l’interaction des différents types de gènes et des protéines lors de la transcription de l’acide ribonucléique (ARN).

Il fut membre du conseil d’administration du Centre Royaumont pour une Science de l’Homme.

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Le Prix Nobel et résistant François Jacob est mort

Le biologiste et professeur François Jacob, qui a obtenu le prix Nobel de médecine en 1965, est mort vendredi 19 avril à l’âge de 92 ans, a annoncé dimanche soir l’ancien chancelier de l’ordre de la Libération Fred Moore, confirmant une information du Huffington Post.
Professeur titulaire de la chaire de génétique cellulaire au Collège de France (1965-1991), ce Compagnon de la Libération, membre de l’Académie des sciences (1977) et de l’Académie française (1996), avait été, de 2007 à 2011, chancelier de l’ordre de la Libération, 16e personnage de l’Etat dans l’ordre protocolaire.

Né le 17 juin 1920 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), François Jacob entre dès juillet 1940 dans les Forces françaises libres. Il participe aux campagnes du Fezzan, en Libye, de Tripolitaine, de Tunisie et de France. Blessé, il obtiendra quatre citations.

PRIX NOBEL EN 1965

Il passe sa thèse de médecine à Paris en 1947, mais doit renoncer à la chirurgie en raison de ses blessures de guerre. Il se tourne alors vers la biologie, « par nécessité intérieure et hasard extérieur », dit-il dans son autobiographie, La Statue intérieure, parue en 1987 chez sa fille, l’éditrice Odile Jacob.

En 1950, il entre au service de physiologie microbienne – dirigé par André Lwoff – de l’Institut Pasteur, où il effectuera toute sa carrière et dont il présidera le conseil d’administration de 1982 à 1988.

Nommé assistant en 1951, devenu docteur ès sciences en 1954, il est chef de laboratoire en 1956 et chef du service de génétique cellulaire de 1960 à 1991. Ses recherches sur la génétique bactérienne et les circuits de régulation lui valent d’innombrables récompenses scientifiques, dont le Nobel, conjointement avec André Lwoff et Jacques Monod. En 1992, il entre au Comité national d’éthique, au titre des personnalités appartenant à la recherche.

AUTEUR DE LA « LA LOGIQUE DU VIVANT »

François Jacob, par ailleurs amateur de peinture, était l’auteur de nombreux articles scientifiques et de plusieurs ouvrages, notamment un essai, La Logique du vivant (1970), qualifié par le philosophe Michel Foucault de « plus remarquable histoire de la biologie jamais écrite ». En 1981, il publie Le Jeu des possibles sur les derniers acquis de la biologie.

Veuf de la pianiste Lysiane Bloch, qu’il avait épousée en 1947 et avec qui il eut quatre enfants, François Jacob s’était remarié en 1999. Il était membre de nombreuses académies scientifiques étrangères et docteur honoris causa de plusieurs universités de par le monde.

Le Monde.fr Article original

François Hollande salue « une grande figure scientifique »

« Avec François Jacob disparaît une grande figure scientifique qui aura honoré la France », a salué le président de la République François Hollande dans un communiqué.

« François Jacob fut aussi un grand résistant », souligne la présidence de la République, rappelant qu’il avait « combattu avec les Forces françaises libres en Afrique puis en France » et que « le général de Gaulle en avait fait un Compagnon de la Libération ».

Pour sa part, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a salué « l’homme de science, le passionné de lettres et le résistant, Compagnon de la Libération ». « Tout au long de sa vie, il aura su allier le courage de ceux qui ont combattu, notamment au sein des Forces françaises libres, à la passion qui anime ceux pour qui la connaissance ne peut avoir de limites », écrit Matignon.

Le Monde.fr Article original

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Quelques Prix Nobel Français d’origine juive

– 1927 Prix Nobel de littérature : Henri Bergson
– 1965 Prix Nobel de physiologie ou médecine : François Jacob, André Lwoff, Jacques Monod pour leurs travaux sur la génétique microbienne
– 1968 Prix Nobel de la paix : René Cassin, président de la Cour européenne des droits de l’homme.
– 1992 Prix Nobel de physique : Georges Charpak pour la mise au point d’un nouveau type de détecteur de particules, nommé chambre à fils
– 1997 Prix Nobel de physique : Claude Cohen-Tannoudji pour une méthode permettant de ralentir et d’isoler des atomes par laser.
– 2012 Prix Nobel de physique : Serge Haroche avec l’américain David Wineland, pour « leurs méthodes expérimentales d’avant-garde qui permettent la mesure et la manipulation de systèmes quantiques individuels »

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