La police pakistanaise a utilisé jeudi des gaz lacrymogènes pour disperser des familles qui manifestaient avec les cercueils de 14 personnes tuées, selon elles, par une opération des forces de sécurité dans un district tribal du nord du pays, ont indiqué des responsables.
Environ 300 personnes s’étaient rassemblées mercredi avec des cercueils devant la maison du gouverneur à Peshawar, grande ville du nord-ouest du Pakistan à la porte de zones tribales considérées comme un sanctuaire pour les talibans et des groupes liés à Al-Qaïda, pour protester contre la mort de proches.
« Nous avons utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants parce qu’ils troublaient l’ordre public », a dit à l’AFP un haut responsable de la police de Peshawar. Les corps des 14 victimes ont été transportés dans leur village d’origine à Bara, situé dans le district tribal de Khyber, et remis à l’administration locale qui organisera des funérailles, a ajouté ce responsable.
Selon les habitants de Bara, les forces de sécurité avaient mené mardi soir un raid meurtrier afin de venger la mort de six d’entre eux la veille. Les autorités pakistanaises ont rejeté cette version des faits et soutenu que les 14 personnes ont plutôt été tuées par des insurgés.
Il s’agissait de la deuxième fois cette semaine que des familles de victimes refusaient d’enterrer leur mort afin de protester contre les autorités. Des chiites de la ville de Quetta (sud-ouest) avaient tenu un sit-in de quatre jours avec les cercueils des victimes du plus important attentat perpétré au pays contre cette minorité musulmane.
Le refus d’enterrer ses morts est un geste rare dans le monde musulman, où les défunts doivent être portés en terre le jour-même ou le lendemain au plus tard.
OLJ/AFP Article original
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