ONU et cour pénale

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Les émeutes de Poitiers : un témoin raconte. Et comme Gérard s’y attendait, de simples participants ont été emprisonnés en lieu et place des casseurs ultra-violents. Quand la justice et la Police cafouillent en comparution immédiate.

A Montmartre, le vin nouveau fermente, avec un soupçon de haine. Bernadette Capdevielle nous conte l’histoire par le menu.

Suicides à France Télécom. Certes, la situation y est dramatique. Mais le journal Le Monde a suivi les conclusions de Jean-Paul de Belmont sur Primo. On ne s’y suicide pas plus qu’ailleurs. Attention, discours peu conforme à la pensée unique !

En Egypte, une femme journaliste va à l’encontre des opinions de la population. Elle est convoquée par ses pairs. Le retour de l’Inquisition ? Egypte, une si vieille paix

Les élites militaires en Iran sont victimes d’un attentat-suicide. Rien ne va plus. L’Iran en surchauffe

Israël, vite devant la Cour Pénale Internationale !

Alors vite, on se hâte à grands pas.

Certains pays se pourlèchent les babines à l’avance. Le Conseil des Droits de l’homme, présidé en son temps par Kadhafi puis par le Soudan, a adopté le rapport Goldstone et l’a transmis à l’ONU pour examen en décembre 2009.

Un telle rapidité dans l’exécution des formalités laisse pantois. On a connu cette institution beaucoup plus lente à se mouvoir (Darfour, au hasard).

Poker menteur

Le rapport Goldstone invite à saisir la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) si Israël et le Hamas ne mènent pas dans les six mois des investigations crédibles.

Mais le juge sud-africain sait pertinemment que sa demande n’a aucune chance d’être satisfaite.

Et d’une parce qu’il n’entre pas dans les attributions d’un simple rapporteur de saisir la CPI. Cela doit être avalisé par l’ONU, et surtout par le conseil de Sécurité qui est seul habilité à saisir la Cour.

De deux, Goldstone sait qu’il n’aura jamais la majorité pour obtenir cette saisie. La Russie, les USA, la France et l’Angleterre s’y opposeront certainement.

Quoique, à bien y réfléchir, pour la France, rien n’est moins sûr. On l’a si souvent vu faire des courbettes aux dictateurs.

Et de trois, les deux acteurs en cause n’utiliseront probablement pas ces six mois pour procéder à leur enquête interne et indépendante afin de trouver les coupables, condition sine qua non pour faire cesser toute action internationale.

Enquête ouverte et indépendante ?

Du côté israélien, une enquête ouverte dévoilerait certains secrets et certaines tactiques employées au cours de l’opération afin de réduire au silence le mouvement du Hamas. De plus, ce pays s’est abondamment justifié au cours de la guerre et peu après, devant la presse internationale. Ce qui a donné parfois lieu à d’étranges scènes dans les 20 h de France 2.

Enfin, Israël sait pertinemment qu’il aurait beau exposer toutes les preuves à sa disposition, cela serait encore retenu contre lui. La saga des soldats de Tsahal se rebellant contre ce qu’on leur faisait faire s’est révélé être un pétard mouillé.

Du coté du Hamas, c’est beaucoup plus simple : on ignore le sens des trois mots « enquête ouverte et indépendante ».

De plus, comment une enquête pourrait-elle prouver ce fait pourtant avéré qu’Israël a dû faire face à des ennemis qui se sont délibérément placés en zones civiles habitées, se servant de leur propres populations comme boucliers humains ? Le Hamas fait régner une telle terreur dans son enclave que les témoins n’y sont malheureusement pas crédibles. Car une fois les enquêteurs partis, les rétorsions seraient inévitables.

Et une enquête pour prouver quoi ?

Qu’il y a eu des morts ? OUI, et en trop grand nombre. Mais le chiffre de 1400 annoné par le rapport est faux. Il faudrait également faire le décompte des Gazaouites assassinés d’une rafale par les miliciens du Hamas jusque dans les hôpitaux.

Qu’il y a eu des bavures ? Certainement, mais moins que celles dues à l’OTAN en Afghanistan.

Qu’il y a eu des morts inutiles et civiles parmi les 1200 victimes ? Trois fois oui. Il s’agit d’une guerre, dans toute son horreur.

Mais beaucoup moins qu’au Sri Lanka où là-bas, ce sont 1500 morts PAR JOUR dans les camps de réfugiés et 100.000 morts durant le conflit de 2009.

Goldstone a donc joué à un jeu dangereux qui ne pouvait que mettre le feu durablement à un Moyen Orient déjà fragile.

Ce monsieur est d’autant plus inexcusable qu’il avait, dans son équipe, un ou deux membres convaincus avant même le début des travaux, de la seule culpabilité d’Israël. Comme gage de son impartialité, il aurait dû se séparer de ces personnes. Il ne l’a pas fait. Il en porte seul la responsabilité.

En ce sens, ce rapport est assassin. Goldstone n’est certes pas un criminel. Le seul délit dont il peut être accusé est celui de crime contre l’évidence, ou contre l’intelligence. Et il n’y a pas de sanction pénale pour cela.

On peut être un parfait abruti ou un ignorant des relations diplomatiques et exercer de hautes fonctions internationales. Les exemples ne manquent pas.

Un simple symbole ?

Cette transmission à l’ONU de la part du Conseil des Droits de l’Homme est essentiellement symbolique. Mais justement, malgré son peu de chance d’être universellement adopté, le rapport laissera un ressentiment à la fois chez les Arabes et les Israéliens. C’est justement le rôle du symbole que de laisser deviner, comme en suspens.

Et ce, en dépit des avis d’experts, tel le Général britannique Kemp, qui sera certainement traité de fasciste par les idéologues pro-palestiniens : « La vérité est que l’Armée israélienne a pris des mesures exceptionnelles pour avertir les populations civiles de l’imminence d’une attaque, soit par des millions de tracts disséminés par avion, ou des centaines de milliers d’appels téléphoniques, dans l’unique but de réduire ou éviter les pertes civiles innocentes ». (Trad. Shraga Blum, Actu.co.il)

Les armées des pays de la Conférence Islamique n’ont pas cette technique pour éliminer leurs opposants ou leurs ennemis. Ils ne préviennent pas leurs futures victimes par SMS. Ils se contentent de la mitrailleuse lourde, de bombardements, voire, pour les plus équipés d’entre eux, du gazage de leur propre population.

A cela, on nous rétorquera que, certes, ceux qui ont voté pour le rapport Goldstone ne sont pas des anges, qu’ils sont eux aussi coupables de crimes, mais pas de crimes de guerre.

Forcément, quand ces dictateurs s’en prennent à leurs propres populations, il ne s’agit pas de guerre mais d’un conflit interne, une opération de police, en quelque sorte.

Ce qui fait que, légalement, il n’y a aucun fait de guerre, la guerre étant par définition un combat entre deux pays. CQFD ! Donc aucun CRIME DE GUERRE. C’est aussi simple que cela. Le Conseil des Droits de l’homme n’est pas saisi. La belle justice !

Avec le Conseil des Droits de l’homme et le juge Goldstone, celle-ci n’est pas rendue, mais il est possible d’avoir la conscience tranquille, tout en regardant à la télé les cadavres éventrés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique.

Bref, tout ce petit monde s’est vite hâté de remplir les formulaires adéquats afin de transmettre l’avis du Conseil des Droits de l’homme à l’ONU, qui saisira ou non le Conseil de Sécurité qui décidera de saisir la cour Pénale Internationale.

La comédie risque de durer plusieurs années.

Pendant ce temps, les propagandistes continueront d’utiliser ce rapport comme parole d’Evangile sans que personne ne puisse les contredire. Puisqu’aucune autorité ne se sera prononcée sur les suites à donner.

Si le rapport n’est pas transmis à la Cour Pénale Internationale, le monde dénoncera le lobby juif. S’il l’est, les généraux israéliens, voire certains ministres, ne pourront plus prendre l’avion.

Les dictateurs africains, si. Et certains qui affament leur peuple prendront leurs vacances dans les palaces de La Baule, ville dont ils recevront les clés de la part d’un maire tout ému, en chemise et sans pantalon.

Alors, Israël doit-il lutter pied à pied contre ce rapport inique ?

S’il en a le temps et les moyens. Il est cependant conscient que le simple fait de tenter de se justifier est, pour certains pays dominés par l’Islam, un aveu de culpabilité.

Et il doit certainement savoir que ce rapport a été commandité pour s’assurer autant que possible de sa parfaite collaboration dans le dossier iranien.

Une intervention musclée de sa part en Iran et le rapport irait tout droit à ses destinataires.

Seulement, avec Israël, il faut s’attendre à tout, même à l’inattendu.

Le général guide et grand seigneur Amin Dada l’a appris à ses dépens en Ouganda. Et certains bergers irakiens ont pu contempler du haut de leur colline les gravats qui jonchaient le sol d’Osirak.

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