Le président américain devrait travailler avec une administration renouvelée, marquée par le départ attendu d’Hillary Clinton.l doit trouver un compromis avec les républicains sur la question budgétaire.

On ne change pas une équipe qui gagne?

Au contraire. L’administration Obama devrait être renouvelée à l’occasion de son second mandat. «C’est le sujet d’ici à l’investiture le 20 janvier. Washington est en effervescence, parce qu’il y a des postes à prendre», observe Laurence Nardon, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Parmi les postes à pourvoir, celui de Timothy Geithner, secrétaire au Trésor. «Si vous êtes un être humain, vous ne voulez pas faire ce genre de choses éternellement», avait-il déclaré en juillet.

Autre poste convoité, celui d’Hillary Clinton. La chef de la diplomatie américaine a signalé qu’elle n’était «pas vraiment disposée à rester plus longtemps» après la réinvestiture du président Obama. Parmi les noms cités figurent John Kerry, ancien rival démocrate de George Bush à la présidentielle de 2004, Leon Panetta, secrétaire à la défense, ou Susan Rice, ambassadrice américaine aux Nations unies.

LE «MUR BUDGÉTAIRE», DOSSIER BRÛLANT

«Parcourir le monde comme le fait Hillary Clinton est réellement usant», commente, depuis l’Institut des Amériques, Françoise Coste, maître de conférences à l’université Toulouse II. Non sans justifier aussi ce retrait par l’ambition prêtée à la secrétaire d’État de se mettre en course pour la présidentielle américaine de 2016.

L’impossibilité pour Barack Obama de briguer un troisième mandat lui donnera « plus de latitude sur les dossiers internationaux pour imprimer sa volonté», prévoit Laurence Nardon. «Il ne pourra pas rester attentiste sur le dossier nucléaire iranien et devra s’investir davantage dans le dossier israélo-palestinien», poursuit-elle, estimant que, en revanche, «en fin de mandat, un président ne peut plus guère peser sur la politique intérieure».

D’où l’intérêt pour Barack Obama de mettre tout son poids politique, renforcé par sa réélection, dans le dossier de politique intérieure le plus brûlant du moment : le « mur budgétaire ». Il s’agit d’une rigueur budgétaire automatiquement imposée si aucun accord politique n’est ficelé, avant la fin de l’année, sur un plan de réduction à long terme de l’énorme dette publique.

RAPPORT DE FORCE MAISON-BLANCHE/CONGRÈS

Mais les élections du 6 novembre n’ont guère changé le rapport de force entre la Maison-Blanche et le Congrès, où la Chambre des représentants reste dominée par les républicains et le Sénat, par les démocrates.

« Barack Obama fera une proposition aux républicains pour voir s’ils sont prêts à jouer le jeu, mais le compromis sera très difficile à trouver, affirme Craig Kennedy, président du German Marshall Fund. Cela impliquera de revenir sur une partie de ses promesses, en particulier concernant le programme Medicaid (obligation d’assurance-maladie) et le système des retraites. » Côté républicain, la ligne du parti reste à définir entre poursuite d’une politique d’obstruction ou recherche d’un compromis, guetté par les marchés financiers.

Pierre Melandri, professeur émérite à Sciences-Po Paris : « Une Cour suprême plus libérale »

« La victoire des démocrates au Sénat va faciliter la nomination de juges plus libéraux à la Cour suprême des États-Unis. Cette institution est un élément central de la vie politique américaine. Actuellement d’une majorité à droite, elle a bloqué les projets progressistes. Elle est présidée par le juge John Roberts, qui s’est certes montré conciliant sur la législation sociale d’assurance-santé, mais sans doute pour l’être moins sur d’autres lois. »

SEBASTIEN MAILLARD – La croix Article original

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Charles Stone

Barak Hussein Obama et les Américains n’ont de leçon à recevoir de personne surtout pas de personnes qui ont tout fait pour que ce soit son adversaire républicain qui gagne la présidentielle. Oui, Obama est un américain, il est issu d’un pays considéré comme la seule puissance économique mondiale. Il existe beaucoup de génies au USA pour que l’équipe gouvernementale soit renouvelée sans aucun problème. Les hommes compétants n’en manquent pas en Amérique, des scientifiques, des économistes, des experts en tout genres… Ne nous inquiétons pas pour Obama, SVP !