JERUSALEM, 13 juin 2010 (AFP)
Le philosophe français Alain Finkielkraut a dénoncé dimanche le danger que représente à ses yeux « un mouvement islamo-gauchiste qui est ostensiblement indifférent à la mémoire de la Shoah ».
Invité à la 7e conférence sur l’enseignement de la Shoah, organisé par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, M. Finkielkraut a déploré que l’enseignement de la Shoah, notamment dans les écoles, « soit si difficile en France. Selon lui, « la situation au Proche-Orient risque d’amplifier ce mouvement de rage contre la mémoire de la Shoah qui existe » dans le pays.
Dans une interview à l’AFP, le philosophe a désigné ce mouvement comme « l’union de gens issus de l’immigration et d’intellectuels progressistes, une sorte d’arc islamo-gauchiste qui m’inquiète ». Dans son discours d’ouverture du colloque annuel, samedi soir, Alain Finkielkraut avait évoqué le « devoir de mémoire plus important que jamais ». « Je crois que le moment où Auschwitz sera boycotté comme un produit israélien peut arriver », a-t-il ajouté, en faisant allusion au mouvement international pro-palestinien qui appelle au boycottage économique et culturel d’Israël.
De son côté, François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l’homme au ministère français des Affaires étrangères, également invité, a regretté que « la perception déformée de la Shoah par une partie du public en France amène à une négation d’Auschwitz ». « Quand j’entends en France des gens comparer Gaza à un camp de concentration, c’est du révisionnisme contre lequel nous devons lutter », a-t-il estimé.
Nommé l’an dernier par Bernard Kouchner comme responsable de la mémoire de la Shoah, M. Zimeray a participé cette année à la conférence de Yad Vashem en tant que délégué de la France à la « Task Force Internationale » (ITF) sur l’enseignement de la Shoah.
Cet organisme, créé en 2000, compte 27 pays membres et a pour vocation de développer l’éducation sur la Shoah, la commémoration, la recherche et la lutte contre l’antisémitisme. Pour l’ex-conseiller de la Maison Blanche Samuel Pisar, rescapé des camps de la mort, « la leçon n’a pas été comprise ». « Le monde a aujourd’hui les moyens de réaliser une solution finale pour l’humanité entière, ce qui prouve que nous devons rester vigilants ».
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