Libération de Guilad Shalit : et si c’était vrai ?

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Par Julien Bahloul pour Guysen International News
Dimanche 30 août 2009 à 23:25
On pourrait croire une nouvelle fois à un faux-espoir. A un effet d’annonce. Pourtant cette fois les choses prennent une tournure différente. L’Allemagne, forte d’un précédent succès, s’implique dans le dossier et permet, selon les deux parties « une réelle avancée » dans les négociations.
Alors que cette semaine marque le 23ème anniversaire de l’otage, ce énième round de discussions suscite beaucoup d’espoir.

Vendredi 28 août 2009, deux jours après l’entrée de sa petite sœur dans les rangs de Tsahal, Guilad fête ses 23 ans. Pour marquer le coup, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées le 27 au soir au Mur Occidental (Kotel) à Jérusalem. Quelque part enchainé dans la Bande de Gaza aux mains des islamistes Guilad, célèbre lui son 1161ème jour de détention. 1161 jours depuis que des terroristes du Hamas se sont infiltrés en territoire israélien pour y kidnapper le citoyen franco-israélien âgé à l’époque de 20 ans.
La cérémonie au Mur Occidental a commencé par la diffusion d’un message sonore de Guilad enregistré il y a deux ans et retransmis sur toute l’esplanade par des haut-parleurs. Puis Aviva, sa mère, a pris la parole pour demander pardon à son fils.
Pardon, « pour ne pas avoir su te protéger de cette souffrance que tu subis. Pardon de ne pas avoir réussi à te ramener à la maison jusqu’à aujourd’hui malgré tous nos efforts ».
«Mon cher Guilad, tu étais un adolescent lorsque nous t’avons dit au-revoir. Aujourd’hui tu es un jeune homme qui connait la souffrance et qui doit, seul, faire face à son destin », a-t-elle ajouté.
« J’espère que des ténèbres tu entends ma voix. Proche et pourtant si loin toi, à des années lumières de ta maison à Mitzpe Hila, de ta chambre qui n’a pas bougé et qui t’attend depuis 1160 jours. Loin de tes parents, de ton frère et de ta sœur ».

Avant de terminer son discours, la mère du soldat a lancé un appel à la raison au Hamas affirmant que les habitants de la Bande de Gaza voulaient eux aussi qu’un échange de prisonniers ait lieu afin de revoir leurs proches.

En prononçant ces mots à l’adresse du mouvement terroriste, Aviva Shalit ne pouvait pas viser plus juste. En effet, selon de nombreux analystes, le Hamas a vraiment besoin qu’un accord soit signé, pour l’opinion publique palestinienne. Car depuis quelques semaines, rien ne va plus pour le mouvement terroriste.
Il y a eu d’abord l’offensive israélienne de l’hiver dernier qui a porté un sérieux coup à la crédibilité de sa direction et à l’utilité des tirs de roquettes qui n’ont, objectivement, rien apporté de positif aux Gazaouïs.
Puis il y eut le congrès du Fatah en Judée-Samarie qui a mis sous le feu des projecteurs une nouvelle génération de dirigeants bien décidés à faire avancer les choses. Il y a eu aussi le 15 août dernier cet affrontement meurtrier avec des terroristes liés à Al-Qaida qui ont contesté la suprématie du Hamas et qui s’est soldé par la mort de 24 Palestiniens.
Enfin, coup de grâce, la publication d’un sondage montrant qu’en cas d’élections, le Fatah aurait une avance de 16 points sur le Hamas.

Ceci expliquerait donc pourquoi le mouvement islamiste se serait autant réinvesti dans les négociations indirectes avec Israël. Ceci expliquerait également pourquoi, vue l’urgence, il aurait accepté de revoir ses exigences à la baisse par rapport à celles qu’il avait formulées au cabinet Olmert. A l’époque, le Hamas exigeait la libération de 1000 terroristes dont plusieurs très emblématiques : le responsable de l’attentat de l’hôtel Park de Netanya, celui de la pizzeria Sbarro, des cafés Moment, Hillel et de l’Université hébraïque à Jérusalem, de la ligne d’autobus 18, d’une boite de nuit de Rishon Letzion, de la station de bus de Tsrifin, et de plusieurs attentats à Tel-Aviv.

Pour le moment peu d’informations circulent sur le nombre de prisonniers qu’Israël est prêt à relâcher pour voir son soldat revenir sain et sauf.

Jusqu’à présent, lorsqu’une des deux parties déclarait qu’une percée avait été faite, l’autre s’empressait de démentir. Or, aujourd’hui, les deux partagent le même constat.

Ainsi, Mustafa Sawaf, un journaliste palestinien affilié au Hamas, a déclaré que les récents développements dans les négociations « soulignent le fait que l’opération Shalit est sur le point d’être achevée ».
Même le Premier ministre israélien, pourtant habituellement silencieux sur ce dossier s’est dit, lundi 24 août, proche d’un accord. Dimanche 29 août, il revenait toutefois sur le soudain enthousiasme, expliquant qu’une manipulation du Hamas serait à craindre et qu’un dénouement n’était à ni attendre «ni demain, ni après-demain».

Ce regain d’espoir s’explique par l’intervention de l’Allemagne. Avec à son actif un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah en 2004, le chef des services secrets de Berlin aurait permis, selon le Hamas, une réelle avancée des négociations.

Autre signe positif : la visite, en personne, du ministre israélien de la Défense au domicile des parents de Guilad Shalit à Mitzpe Hila. Bien que les proches d’Ehoud Barak affirment qu’il ne s’agit que d’une visite de routine, ce déplacement pourrait signifier qu’une issue est proche.

Plus impressionnant, le journal ‘Al-Hayat’ a rapporté samedi 29 août que le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechal devrait s’envoler pour Le Caire la semaine prochaine afin d’approuver un accord.

Sur le plan pratique, quelques heures avant le rassemblement en l’honneur des 23 ans du soldat, le Hamas a affirmé attendre une réponse d’Israël à son offre, ajoutant qu’il ne pouvait pas se montrer plus flexible. Reste à savoir si son contenu est acceptable pour Jérusalem.

Selon certaines informations, le dernier point sur lequel les deux parties tentent de se mettre d’accord concerne le lieu d’accueil de certains terroristes libérés. En effet, Israël souhaite expulser à l’étranger les plus dangereux d’entre eux. Il semblerait que des pays tel que la Syrie aurait déjà accepté de les recevoir.

L’optimise est donc de retour en Israël où chacun espère voir Guilad chez lui pour les fêtes du nouvel an juif. Mais l’espoir est mesuré car tout le monde a en tête l’hystérie collective qui avait accompagné les derniers jours d’Olmert au pouvoir. Pas une heure ne passait sans qu’une déclaration israélienne ne fasse état d’une « libération imminente ». « C’est une question de jours, voir d’heures », assurait-on à l’époque.

La suite est connue. Le retour du Caire des délégués israéliens retransmises sur toutes les télévisions du pays, l’annonce officielle de l’échec des négociations le 17 mars et le discours solennel à la nation du Premier ministre Olmert durant lequel il affirmait : « au nom de l’Etat d’Israël et de son gouvernement, je déclare qu’il y a des lignes rouges que nous ne franchirons pas. Nous ne cèderons pas aux exigences d’une organisation terroriste ».

Le comité de soutien à la famille Shalit, massé par dizaines dans le froid devant la résidence officielle du chef du gouvernement recevait la nouvelle et voyait ses espoirs se volatiliser, une fois de plus.

Espoir, voire optimisme quant à sa libération, le doute demeure sur le timing. Trois jours après l’euphorique espoir, on n’ose plus parler du caractère « imminent » de la libération du soldat franco-israélien. D’autres, obsédés par les images des cercueils noirs dans lesquels rentrèrent du Liban Ehoud Goldwasser et Eldad Reguev l’été dernier, s’interrogent. Pourquoi personne n’a pu rencontrer Guilad ? Pourquoi la Croix Rouge n’a-t-elle pas été autorisée à lui rendre visite ? Pourquoi le Hamas, qui cherche toujours à adopter une posture de victime, se montre une fois de plus sous le jour d’une organisation terroriste qui ne respecte pas les droits de l’Homme ? Pourquoi n’émet-on jamais l’hypothèse selon laquelle Guilad Shalit ne serait plus en vie ?

http://www.guysen.com/articles.php?sid=10622&titre=Lib%C3%A9ration-de-Guilad-Shalit—et-si-c%E2%80%99%C3%A9tait-vrai– Article original

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