Selon une enquête publiée la semaine dernière par le Centre palestinien de recherche en politique, seulement 30% n’auraient pas peur de critiquer l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.
34% des Palestiniens dans la bande de Gaza ont dit qu’ils ont peur de critiquer leur gouvernement. En outre, seulement 21% croient en la liberté de la presse en Cisjordanie et 20% dans la bande de Gaza.
Une récente controverse a ciblé le plus grand syndicat palestinien, qui représente environ 40 000 employés de l’Autorité palestinienne. Le mois dernier, Abbas a interdit le syndicat et deux hauts responsables ont été emprisonnés pendant une semaine. La décision faisait suite à des appels à la grève du syndicat pour réclamer des avantages sociaux.
Selon ses détracteurs, Abbas et le Fatah auraient utilisé le syndicat dans le passé comme un outil contre leurs rivaux. Selon eux la volte-face d’Abbas le mois dernier est due au fait que le syndicat causait des problèmes à son premier ministre Rami Hamdallah.
Azzam al-Ahmad, un haut responsable du Fatah, qui a critiqué la décision d’interdire le syndicat, s’est vu à son tour accusé par Hamdallah de népotisme pour avoir voulu pistoner sa belle-sœur au poste de ministre de l’éducation – une « sortie » rare de la part d’un membre du l’élite dirigeante pour en épingler un autre.
En outre, les agents de sécurité palestiniens surveillent régulièrement les médias sociaux et envoient des menaces à ceux qui critiquent Abbas. Les détracteurs d’Abbas se plaignent qu’après une décennie au pouvoir, Abbas supervise un système largement autoritaire et répressif avec de moins en moins de place pour la contestation.
Ahmed Zaki, le directeur de Palestine TV un média d’information, a dit qu’il a récemment été limogé après un post Facebook dans lequel il critiquait le choix de l’invité d’un talk-show sur la chaîne – un commentateur égyptien qui a soutenu les attaques israéliennes contre des cibles du Hamas à Gaza. Après ce post, Zaki a dit qu’il a reçu un appel du bureau de M. Abbas lui signifiant qu’il lui était interdit de travailler bien qu’il restait en poste à la station.
Tami Rafidi, un militant du Fatah 35 ans à Ramallah, a déclaré à l’Associated Press, qu’elle a reçu une mise en garde des membres du parti et des responsables de la sécurité pour avoir critiqué Abbas sur Facebook qui lui ont demandé de cesser ses commentaires. Elle a dit qu’elle n’était pas directement menacée en raison de sa position au Fatah: « Mais je suis consciente que d’autres personnes ont subi des pressions ou ont été menacées à cause de leurs critiques. La marge de liberté dans les médias sociaux est étroite dans les territoires palestiniens « .
Ces plaintes surviennent à un moment où Abbas semble menacé de toutes parts. Il a tenté en vain d’obtenir un Etat par le biais des organisations internationales en contournant les négociations, alors que les rivalités entre le Fatah et l’organisation terroriste du Hamas s’exacerbent.
Avec sa cote de popularité qui est tombée à 35%, Abbas sévit contre ceux qu’il considère comme une menace politique, comme l’ancien chef de la sécurité, Mohammed Dahlan, maintenant réfugié dans les Emirats Arabes Unis, et l’ancien Premier ministre Salam Fayyad.
Jihad Harb, un écrivain et membre du Fatah a déclaré à AP, « Nous sommes confrontés à un régime autocratique qui ne croit pas dans les libertés, la liberté des syndicats ou la liberté d’expression. Les gens sont maintenant terrifiés. Ils ne parlent pas, craignant des représailles « .
Ahmad Assaf, un porte-parole du Fatah, a déclaré que la critique est permise – à condition de ne pas franchir une ligne rouge en accusant Abbas ou des membres de son gouvernement d’être des traîtres ou des infidèles. « Si vous regardez autour de vous et regardez ce qui se passe dans le monde arabe, vous verrez à quel point nous jouissons ici de liberté », a déclaré Assaf.
Selon ce même sondage plus de 80% des Palestiniens pensent que les institutions de l’Autorité palestinienne sont entachées par la corruption, le népotisme étant cité comme un problème majeur.
Les médias palestiniens, tant en Cisjordanie que dans la bande de Gaza, sont hautement partisans et n’osent pas critiquer le régime. Les journalistes qui travaillent pour leurs médias d’information préfèrent ne pas risquer de critiquer le régime par peur d’une arrestation.
[Associated PressArticle original
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Comme c’est bizarre qu’aucun journaliste Français ou européen n’ait eu l’idée d’un reportage sur la démocratie palestinienne ?
Nous aurions pourtant, un beau reportage, objectif et instructif !
Ah bon ? pourtant ils nous assurent tous en cœur, avec des européens leur faisant chorus, qu’ils sont de vrais démocrates et qu’ils veulent tous un « État palestinien » démocratique et laïque respectueux des Droits de l’Homme et de la liberté d’expression… Alors, pourquoi en avoir peur ?