Les Israéliens sont divisés pratiquement à égalité entre partisans et opposants à une attaque contre les installations nucléaires iraniennes, une question qui fait l’objet d’un débat quasi-public au sein des instances dirigeantes, selon un sondage publié jeudi.
Quelque 41% des personnes interrogées sont favorables à une attaque contre l’Iran, 39% sont opposés et 20% ne se prononcent pas.
Cependant, 52% des personnes interrogées affirment faire confiance au chef du gouvernement Benjamin Netanyahu et au ministre de la Défense Ehud Barak, tous deux farouches partisans d’une attaque, pour gérer le dossier iranien.
Ce sondage a été réalisé par l’Institut Dialog pour le compte du quotidien Haaretz auprès de 495 personnes représentatives de la population israélienne avec une marge d’erreur de 4,6%.
Depuis plusieurs jours, les médias israéliens font état d’un débat qui oppose MM. Netanyahu, Barak et le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, partisans de « l’option militaire » contre l’Iran, au reste du cabinet ainsi qu’aux responsables des agences de sécurité, qui privilégient les sanctions économiques pour faire pression sur Téhéran.
Dans ce contexte, le ministère de la Défense a annoncé mercredi qu’Israël avait testé avec succès un système de propulsion de fusée sur ce que les médias ont appelé « un missile balistique ».
JERUSALEM, 3 nov 2011 (AFP)
Israël a tiré mercredi avec succès un missile doté d’un nouveau système de propulsion à partir de la base aérienne de Palmahim, au sud de Tel-Aviv, a indiqué le ministère de la Défense au moment où les médias locaux évoquent l’éventualité de frappes israéliennes contre l’Iran.
« Le test du système de propulsion de fusée, prévu depuis longtemps, a été mené à bien », a déclaré à l’AFP un responsable le ministère de la Défense.
Cet essai survient alors que les médias israéliens évoquent ouvertement depuis quelques jours un débat en cours au sein du gouvernement entre partisans et opposants à une attaque contre les installations nucléaires iraniennes.
« Il s’agit d’un succès technologique impressionnant et d’un pas important pour la progression d’Israël dans la sphère des missiles et de l’espace », s’est félicité dans un communiqué le ministre de la Défense Ehud Barak, avant de partir pour une visite en Grande-Bretagne.
M. Barak a par ailleurs assuré que cet essai n’était pas lié aux spéculations sur d’éventuelles frappes préventives contre l’Iran, selon des médias israéliens.
D’après ces derniers, l’engin lancé mercredi de la base de Palmahim est un « missile balistique ».
Selon des experts militaires étrangers, Israël développe depuis des années un missile sol-sol « Jéricho 3 », à plusieurs étages, qui pourrait être équipé d’une tête nucléaire, chimique ou bactériologique d’un poids pouvant atteindre 1.300 kg.
Ce missile a une portée de 4.500 à 7.000 km et pourrait donc atteindre l’Iran. Israël a déjà procédé à plusieurs tests de cet engin en Méditerranée, le dernier le 17 janvier 2008.
Israël et les Etats-Unis accusent l’Iran de vouloir acquérir l’arme nucléaire sous couvert du développement de son programme civil, ce que dément Téhéran.
Le magazine Newsweek a récemment rapporté que les Etats-Unis avaient autorisé la vente de 55 puissantes bombes anti-bunkers à Israël.
Concernant l’arme atomique, les dirigeants israéliens pratiquent une politique dite de « l’ambiguïté » qui consiste à ne jamais confirmer ou nier que l’Etat hébreu possède un arsenal nucléaire.
Depuis plus de 40 ans, les différents gouvernements affirment ainsi qu’Israël ne sera pas le « premier à introduire l’armement nucléaire au Moyen-Orient ».
Mais, selon des sources étrangères, Israël –qui a refusé de signer le Traité de non-prolifération (TNP) des armes nucléaires– dispose d’au moins 200 ogives nucléaires ainsi que de missiles à longue portée et de sous-marins dotés de missiles balistiques.
Par précaution, tout le programme nucléaire israélien est couvert par la censure militaire, que les médias israéliens contournent en se retranchant derrière l’avis d' »experts étrangers ».
Aucun dirigeant israélien n’a osé jusqu’à présent briser le tabou en reconnaissant l’existence d’un stock nucléaire.
Ces dernières années, toutefois, les allusions concernant ce dossier se sont faites de plus en plus transparentes, notamment de la part du président Shimon Pérès, considéré comme le « père » du programme nucléaire israélien lancé en très étroite coopération avec la France à la fin des années 1950.
JERUSALEM, 2 nov 2011 (AFP)
Les Etats-Unis ont refusé de commenter mercredi les « rumeurs » ou les « débats » qui font état de la volonté du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de chercher des soutiens au sein de son gouvernement pour mener des frappes contre l’Iran.
Le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a déclaré qu’il n’allait pas commenter « les buzz, rumeurs ou les décisions qui ont peut-être ou peut-être pas été prises, les débats qu’il y a peut-être ou peut-être pas eu ». « Je ne vais pas répondre à ce genre de spéculations », a-t-il martelé.
Jay Carney était interrogé sur les informations faisant état de la volonté de certains dirigeants israéliens de mener des frappes contre l’Iran.
Au sein du gouvernement israélien, partisans et opposants d’une attaque contre les installations nucléaires iraniennes s’opposent depuis plusieurs jours via des fuites organisées dans les médias.
Ce débat public oppose le chef du gouvernement, Benjamin Netanyahu, associé au ministre de la Défense, Ehud Barak, et au chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman, qui prônent « l’option militaire », au reste du cabinet et aux responsables des agences de sécurité, qui privilégient les sanctions économiques pour faire pression sur Téhéran.
Le porte-parole a simplement indiqué que les Etats-Unis cherchaient une solution diplomatique dans le dossier du nucléaire iranien. « Nous restons concentrés sur la voie diplomatique, sur un cap diplomatique en ce qui concerne les négociations sur l’Iran », a déclaré M. Carney.
WASHINGTON, 2 nov 2011 (AFP)
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