Trois victimes de Dutroux ont porté plainte devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme contre la procédure belge de libération conditionnelle.La Belgique est en émoi.
Après la libération de Michelle Martin, l’ex-épouse et complice de Marc Dutroux, en août dernier, la demande de libération conditionnelle du pédophile belge sera examinée lundi par le tribunal de l’application des peines (TAP) de Bruxelles.
Selon la loi, Marc Dutroux est théoriquement libérable six mois avant d’avoir effectué le tiers de sa peine, soit avril 2013, puisqu’il a été condamné en juin 1994 (perpétuité assortie d’une mise à disposition du gouvernement pendant 10 ans).
Même si le pédophile a peu de chance de voir sa requête acceptée, la contestation populaire est très violente en Belgique. Dans l’opinion mais aussi chez les familles des victimes.
Alors qu’elles avaient réclamé une modification de la législation sur la liberté conditionnelle au lendemain de la sortie de Michelle Martin, elles vont aujourd’hui plus loin en portant plainte devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) à Strasbourg, pour protester contre la procédure.
La plainte a été déposée jeudi dernier par trois victimes de Marc Dutroux: Laetitia Delhez, séquestrée à 14 ans durant six jours, en 1996, sa mère ainsi que Jean-Denis Lejeune, le père de la petite Julie, retrouvée morte dans une propriété du pédophile.
Ces figures emblématiques de l’«affaire Dutroux» entendent faire condamner l’État belge afin que les victimes soient «réellement consultées» lorsqu’un condamné introduit une demande de liberté conditionnelle devant un TAP.
Selon la procédure actuelle, les victimes sont consultées sur des aspects limités des plans de réinsertion des condamnés, notamment le lieu de résidence éventuel.
Mais elles ne «peuvent pas consulter le dossier complet, ni assister à l’audience, ni interjeter appel», reproche leur avocat, Me Georges-Henri Beauthier, qui y voit «une atteinte à leurs droits fondamentaux».
L’État avait pourtant annoncé un durcissement des libérations conditionnelles pour les auteurs des crimes les plus graves, après la libération de Michelle Martin.
L’ex-femme de Dutroux avait purgé 16 années des 30 ans de prison auxquelles elle avait été condamnée en 2004.
Elle est actuellement hébergée par une congrégation de sœurs Clarisses à Malonne, près de Namur.
Marc Dutroux a très peu de chances de quitter la prison de Nivelles.
L’administration pénitentiaire et le parquet ont rendu un avis négatif, notamment à cause du risque élevé de récidive et de fuite à l’étranger.
Il est très probable que le TAP suive cet avis, même s’il n’a pas obligation de le faire.
En avril dernier, le criminel s’était déjà vu refuser des demandes de congés pénitentiaires et, en septembre dernier, de port d’un bracelet électronique, pour les mêmes raisons.
Selon son avocat, Me Ronny, Marc Dutroux n’aurait que peu d’illusions.
«Il entre dans les conditions pour demander sa libération, mais il n’entre pas dans les conditions pour obtenir une réponse favorable», a-t-il indiqué à la presse belge.
04-02-2013/Delphine de Mallevoüe/ Le Figaro.fr Article original
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