Les Opposants et partisans du président Mohammad Morsi se sont affrontés hier devant le palais présidentiel au CaireLes Opposants et partisans du président Mohammad Morsi se sont affrontés hier devant le palais présidentiel au Caire, illustrant la division d’un pays qui s’enfonce dans la crise politique née avec l’annonce le 22 novembre d’un décret du président renforçant ses pouvoirs désormais placés au-dessus de tout recours judiciaire, ce qui a provoqué la fronde d’une grande partie de la magistrature et l’ire de l’opposition, malgré les affirmations de M. Morsi que ses pouvoirs élargis étaient destinés à accélérer une transition tumultueuse et qu’ils étaient « temporaires », devant se terminer avec l’adoption de la Constitution.

Ainsi, pour la deuxième journée consécutive, les abords du palais présidentiel dans le quartier cossu d’Héliopolis étaient l’épicentre des tensions provoquées par la crise. Des manifestants des deux camps se sont lancés des cocktails Molotov et des pierres, alors que des voitures étaient incendiées et des tirs entendus, selon des journalistes de l’AFP qui ont également fait état de blessés. Selon d’autres sources, les violences auraient fait un mort et près de 200 blessés. La police anti-émeutes est intervenue pour tenter de séparer les manifestants devant le palais présidentiel, selon une source de sécurité. Mais les heurts se poursuivaient, jusque tard dans la nuit dans des rues adjacentes.

Avant le début des accrochages, la confrérie des Frères musulmans dont est issu M. Morsi et l’opposition avaient appelé à des manifestations rivales devant la présidence. Des milliers de personnes y avaient afflué dans l’après-midi, démantelant les tentes dans lesquelles de petits groupes d’anti-Morsi avaient passé la nuit après une manifestation massive de l’opposition mardi. Les opposants se sont ensuite retirés, laissant pendant un moment les islamistes contrôler les abords immédiats de la présidence où M. Morsi est revenu travailler le matin, selon l’un de ses conseillers. Mais les opposants sont revenus et les violences ont repris avec plus d’intensité. Ainsi, hier soir, des manifestants anti-Morsi ont incendié les locaux de la Confrérie dans deux villes du nord-est de l’Égypte, selon un correspondant de l’AFP et des témoins.
Toutefois, les Frères musulmans ont ensuite appelé tous les manifestants, opposants et partisans du président Morsi, à se retirer « en même temps » des abords du palais présidentiel au Caire. Le Premier ministre Hicham Qandil a lui aussi demandé aux manifestants de se retirer « immédiatement » des abords du palais et appelé au calme, selon l’agence MENA. De son côté, l’imam d’el-Azhar Ahmad el-Tayyeb, la plus haute autorité islamique d’Égypte, a appelé les Égyptiens à la retenue et au dialogue, alors que des premières dissensions sont apparues au sein de l’équipe Morsi avec la démission de trois de ses conseillers, selon l’agence MENA.

Les appels à la retenue se sont faits plus pressants hier, alors que de violents affrontements (notre photo) ont fait au moins un mort et quelque 200 blessés devant le palais présidentiel au Caire, entre pro et anti-Morsi.

Néanmoins, le pouvoir, par la voix du vice-président Mahmoud Mekki, a malgré tout maintenu le référendum sur ce projet accusé par l’opposition de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d’expression, et d’ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.
Pour sa part, l’opposition a de nouveau exigé le retrait du décret élargissant les pouvoirs de M. Morsi et l’annulation du référendum du 15 décembre sur le projet de Constitution controversé. Dans une conférence de presse avec l’ex-patron de la Ligue arabe Amr Moussa et l’ex-candidat à la présidence Hamdeen Sabbahi, qui font partie du Front du salut national (FSN), une coalition de l’opposition, son chef Mohammad el-Baradei a fait porter à M. Morsi « l’entière responsabilité » des violences. « Le régime perd de sa légitimité jour après jour », a ajouté cet ex-chef de l’agence nucléaire de l’ONU et prix Nobel de la paix. « Nous sommes prêts au dialogue » mais uniquement si le décret est retiré, a-t-il ajouté, qualifiant le pouvoir de « répressif et autocratique ».


Sur le plan international, après un appel des États-Unis – ainsi que de Londres et de l’Union européenne (UE) – au calme en Égypte, la secrétaire d’État Hillary Clinton a estimé que « les troubles démontrent la nécessité urgente d’un dialogue transparent » entre les parties rivales.
(Source : agences).

Lire aussi, la tribune de Omar Ashour : Le dictateur démocratique de l’Égypte ?

OLJ Article original

TAGS : Caire – combat – rue – Mohammad Morsi – adoption – Constitution – international – États-Unis – conférence de presse

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