Le Rav Yaacov Yossef a encouragé M. Yoav Laloum à mener la lutte contre la séparation à l’école de filles du courant hassidique Slonim à Emmanuel. Lorsque ses efforts n’ont pas abouti, le Rav Yaacov Yossef a permis à M. Laloum de déposer un recours à la Cour suprême contre les parents d’élèves réfractaires afin de mettre un terme à cette discrimination.

Saisir les instances juridiques laïques pour régler des problèmes internes aux milieux orthodoxes n’est pas chose bien vue. En conséquence, le Rav Yaacov Yossef, reconnu comme un grand savant de la Torah, a fait l’objet de vives critiques depuis le début de cette affaire il y a quatre ans. Ce dernier a rejeté ces critiques en invoquant que lorsque il n’y a plus d’autres moyens pour obtenir justice, à contre cœur, on est obligé de s’adresser au Tribunal laic qui est en mesure d’exercer sa coercition.

Cela a suscité la colère parmi les milieux accusés par le Rav Yaacov Yossef de discrimination envers les élèves séfarades. Certains lui ont envoyé des menaces de mort par téléphone. De surcroit, ces derniers jours, il a même été agressé. Un groupe de 30 hassidim a fait irruption au milieu de son cours pour l’attaquer physiquement, ceci à deux reprises durant le dernier Shabbat. Le pire a été évité par les élèves du Rav Yaacov Yossef qui l’ont entouré pour éviter qu’aucun mal ne soit fait à leur maitre.

Les menaces de mort à l’endroit du Rav Yossef se sont multipliées depuis l’arrestation des parents d’élèves réfractaires. Le Rav Yossef a fait savoir dimanche 20 juin qu’il abandonnait la lutte: « Les menaces et les agressions contre moi-même, je peux les gérer, mais les menaces contre les membres de ma famille et les persécutions contre mes petits-fils et petites-filles à l’école, je ne peux laisser cela continuer. »

Sous l’égide d’affairistes du monde harédi, afin de trouver une issue honorable pour les milieux orthodoxes très choqués, l’affaire a été portée devant une tribunal rabbinique présidé par un Dayan, un juge rabbinique, le Rav Abraham Dov Lévin.

Ce dernier a statué dans le sens du verdict de la Cour suprême, toutefois avec un petit changement, à savoir que dans aucune école du courant hassidique de Slonim ne sera tolérée la moindre séparation entre les élèves et aucune discrimination à l’inscription. D’autre part, le plaignant, c’est-à-dire M. Yoav Laloum, s’engage à retirer toutes ses plaintes et recours devant les instances juridiques laïques, notamment devant la Cour suprême. Gageons que ce verdict rabbinique que tous s’étaient engagés à respecter calmera les esprits et règlera ce grave problème de discrimination qui perdure dans certains endroits.

Quatre années de lutte amère et d’escalade de l’animosité entre les protagonistes ont été nécessaires pour arriver à cette décision dont tous louent les vertus. Pourquoi ce tribunal rabbinique, dont les verdicts sont unanimement respectés et honorés au sein du monde orthodoxe, n’a-t-il pas été saisi de cette affaire bien avant qu’elle ne défraie la chronique et ne déclenche les passions au delà des limites de l’univers orthodoxe israélien?

par Meir Ben-Hayoun – Israel 7

NDLR – La décision du Rav Abraham Dov Lévin ne contient aucun changement, car il va de soi que cette ségrégation est inacceptable religieusement et moralement si la différence doit être faite. Elle démontre une fois de plus pour ceux qui en doutaient que le monde Harédi reste dans une logique d’excès dans tous les domaines. Contrairement à l’adage qui veut que « tout ce qui est excessif est insignifiant », dans ce cas ces comportements, et l’attitude irresponsable des « responsables religieux » fait que l’on est là face à un véritable « hiloul Hachem » (profanation du Nom de D.ieu) car il est incontestable que cela renforce le camp non seulement des laïques mais des antireligieux.

Bien évidemment ce comportement harédi qui trouve dans nos communautés, ses adeptes, et cela n’est pas sans conséquence sur les fractures communautaires. Par nature le monde harédi rejette toutes les instances non gouvernées par des rabbins de leur mouvance.

Le rejet permanent des institutions est une source de divisions, et d’intolérance. Dans le cas d’Emmanuel où la violence physique a fait son entrée, nous ne pouvons que constater que la « sin-ate hiname » (la haine gratuite) est présente dans le cœur de ces agresseurs. Ce n’est pas avec de tels comportements que le peuple juif peut revendiquer sa mission, bien au contraire, c’est ce qui a justifié son exil.

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