Jerusalem Post : Hébron revêt une signification particulière pour le peuple Israélien, pourquoi ?


Eliyaou Attlan : Hébron c’est nous, c’est Israël. Et je crois qu’un jour il faudra arrêter de nous justifier sur les raisons pour lesquelles nous revendiquons Hébron. Cette ville caractérise notre société, notre culture. Et aujourd’hui, nous sommes en train de perdre nos repères. Il est donc primordial de se souvenir que Hébron, c’est notre Histoire, notre identité. Tant de gens ne connaissent pas son passé. Tout cela nous emmène à des confusions dramatiques : aujourd’hui, Gaza est comparée à Varsovie, Tsahal est comparée aux nazis. Il faut que les gens comprennent une bonne fois pour toutes que Hébron est le point de départ de notre nation. Toute la tradition juive est basée sur cette ville.J.P. : C’est-à-dire ?


E.A. : Hébron a une signification. Le nom de la ville implique et explique notre relation avec notre prochain. C’est la ville d’Abraham. Et c’est lui qui a dit : nous devons témoigner. Il faut donc que nous témoignions de ce qu’il se passe afin de savoir avec qui nous devons être miséricordieux, et avec qui nous devons être intransigeants.

Mais aujourd’hui ces notions se perdent. Nous sommes comme engloutis au milieu d’un immense nuage de fumée, on ne distingue plus rien. Les gens de Hébron, eux, font leur travail. Ils vivent dans des conditions difficiles afin de préserver une partie de notre identité, de nous rappeler qui nous sommes. Il faut arrêter de leur demander pourquoi ils veulent sauver Hébron. Moi, je pose la question dans l’autre sens : pourquoi pas ?

J.P. : La ville est également un lieu très important pour la culture arabe. Comment peut se dérouler la cohabitation entre les deux peuples ?


E.A. : Dans cette cohabitation, il faut que l’on sache qui est en face de nous. Il faut savoir que les Arabes ne se considèrent pas comme vivant dans des territoires occupés. Pour eux, tout ce territoire est le leur. Ils appellent même Tel-Aviv « la conquise ». De plus, ils ont mis des années à revendiquer Hébron comme l’un des sites les plus saints de la religion musulmane. Ce n’était pas le cas dans le passé.

Pour nous, il faut donc revenir à la réalité. Nous cohabitions très bien avec les Palestiniens jusqu’aux Accords d’Oslo. Les habitants de Kiryat Arba ont même cette expression : « Nous cohabitions jusqu’à ce que la paix éclate ! » Puis il y a eu ces accords. La terreur a commencé, et avec elle, le début des couvre-feux.

Les Occidentaux ont fait une erreur : ils ont tenté d’inculquer le nationalisme aux pays arabes. Ils ont créé, en particulier la France et la Grande-Bretagne, des frontières artificielles. Et cela a donné les résultats que l’on voit aujourd’hui. Cependant, je crois réellement qu’aujourd’hui, les Arabes sont prêts à accepter que ce petit bout de territoire revienne à Israël. Je crois qu’ils doivent oublier leurs revendications.

J.P. : Certains parlent de véritable apartheid à Hébron, notamment en raison de l’interdiction de certaines rues du centre-ville aux Palestiniens. Quelle est votre position ?


E.A. : Si apartheid il y a, il existe pour les Juifs de la ville. Hébron est à 98 % palestinienne et à 2 % juive. Les Arabes ont le droit de pénétrer dans la partie juive de la cité. Ce n’est pas vrai dans l’autre sens. Nous ne pouvons accéder à la partie palestinienne, nous ne pouvons nous rendre sur les sites saints situés dans la partie arabe. Je suis historien et je ne peux même pas accéder au site où Abraham a planté sa tente. Pourtant, je rêve de pouvoir retourner là-bas un jour. Je le répète, à Hébron, si apartheid il y a, c’est contre les Juifs.

Les mesures prises contre les Palestiniens sont d’ordre sécuritaire, il ne s’agit en aucun cas d’un apartheid, au sens propre du terme. Ce mot désigne une société qui fixe des lois pour défavoriser une communauté ou une partie de la population. Ce n’est pas le cas ici, car nous avons encore en mémoire les horreurs commises par les terroristes qui ont justifié ces mesures.

J.P. : Selon vous, le mot apartheid ne peut donc s’appliquer à l’interdiction de circulation des Palestiniens dans certaines parties de la ville aujourd’hui ?

E.A. : Le mot apartheid est de toute façon un mot odieux. Il faut arrêter avec cette folie intellectuelle. Aujourd’hui, dans tout le Moyen-Orient, s’il y a bien un pays où les Arabes peuvent vivre en démocratie, c’est bien Israël.

Ils peuvent insulter le Parlement sans crainte de mourir, peuvent-ils en dire autant dans certains pays arabes ? Dans quel autre pays arabe voit-on une presse libre capable d’insulter la nation, d’insulter la politique du pays comme le font les journaux arabes israéliens ? Et ce n’est certainement pas Ahmed Tibi, le plus vindicatif des députés arabes, qui pourra dire le contraire.
Ces affirmations sont ridicules, particulièrement en ce moment et avec ces pseudo-flottilles de la paix. Pourquoi se concentre-t-on sur nous ?

Pourquoi n’aide-t-on pas des pays comme la Syrie ou la Libye ? Il est vrai que tout va bien dans ces pays, et Gaza c’est Auschwitz. On marche sur la tête. On n’a pas peur du ridicule ! On se situe une fois de plus dans une perte d’identité du monde. La planète devient folle.

J.P. : Que pensez-vous des actions menées par des associations comme Breaking the Silence, qui dénoncent la situation à Hébron ?


E.A. : Ces associations ne sont pas dangereuses aujourd’hui pour la population israélienne, car celle-ci est fatiguée d’être sans cesse pointée du doigt. Mais cela reste une sorte de terrorisme intellectuel. Cela participe à cette manipulation de l’Europe et des Etats-Unis qui tentent de réécrire l’Histoire.

Je n’ai pas la prétention de dire que Hébron est la ville idéale où Arabes et Juifs s’embrassent. Mais nous n’avons rien à cacher sur ce qui se passe ici. Il n’y a rien qui ne sorte de l’ordinaire. Les Arabes peuvent travailler. Les actions menées par Breaking the Silence ou d’autres associations sont inutiles, mais si cela leur fait plaisir… Je les vois régulièrement faire leurs tours le vendredi. Et déverser un festival de mensonges contre Israël.

Le seul problème, c’est que cela a un retentissement au niveau international, car ces accusations sont portées par des Juifs et des Israéliens. Elles ont donc un écho plus grand, dans le monde, que si elles provenaient de la bouche d’associations non israéliennes.

J.P. : Comment voyez-vous aujourd’hui l’avenir d’Hébron ?


E.A. : L’avenir de Hébron, c’est l’avenir d’Israël. Cette ville juive doit grandir, nous devons accueillir plus d’immigrants et plus de Juifs pour réaffirmer notre identité en ce lieu. Je suis sûr que l’avenir va nous sourire.

ANNICK BERGER

JPost.com

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