LE CAIRE, 4 août 2010 (AFP)
L’Egypte a mis en cause mercredi des « groupes palestiniens » dans les tirs de roquettes qui ont visé lundi la ville israélienne d’Eilat et ont fait un mort à Aqaba en Jordanie, et laissé entendre que les engins avaient été tirés depuis le Sinaï égyptien, selon l’agence Mena.
« Une source officielle égyptienne a déclaré que des groupes palestiniens venus de la bande de Gaza étaient derrière cette opération », a affirmé l’agence officielle égyptienne.
Cet officiel anonyme cité par l’agence laisse aussi entendre que les cinq roquettes ont bien été tirées depuis le Sinaï, comme affirmé la veille par un haut responsable jordanien.
« L’Egypte ne tolèrera jamais, en aucune circonstance, que son territoire soit utilisé par quelque groupe que ce soit pour porter atteinte aux intérêts du pays », a affirmé cet officiel. « Les efforts en matière de sécurité sont intensifiés pour déterminer les circonstances » de ces tirs, a ajouté la Mena.
La police israélienne avait également estimé lundi que les roquettes pourraient venir de la péninsule égyptienne toute proche. Divers responsables de la sécurité égyptienne avaient estimé jusqu’à présent « impossible » de procéder à une telle attaque depuis le Sinaï en raison du haut degré de surveillance de cette région sensible, frontalière avec Israël. Un officiel égyptien avait toutefois admis mardi, sous couvert de l’anonymat, que l’Egypte avait engagé une vaste opération de ratissage dans ce secteur après les tirs.
Un haut responsable jordanien a assuré mardi que son pays avait des « preuves » que la roquette de type Grad qui a fait un mort et cinq blessés à Aqaba provenait de la péninsule du Sinaï.
Le 22 avril, deux roquettes étaient tombées sans faire de blessé près d’Eilat. L’une avait explosé en mer, l’autre dans le port d’Aqaba. Ces attaques n’avaient pas été revendiquées, mais des sources de sécurité israéliennes les avaient attribuées à des réseaux jihadistes, actifs selon elles dans le Sinaï, liés à des groupes de contrebandiers et en conflit avec les autorités égyptiennes.
L’Egypte a considérablement renforcé son dispositif sécuritaire dans le Sinaï après une série d’attentats commis entre 2004 et 2006 contre plusieurs grandes stations touristiques -Charm el-Cheikh, Taba et Dahab- qui avaient fait quelque 130 morts au total. Ces dernières années, les autorités égyptiennes ont également annoncé à plusieurs reprises des arrestations de militants palestiniens projetant des attentats anti-israéliens dans le Sinaï, ou cherchant à s’introduire en Israël par cette région. Les tirs de lundi sont survenus à la veille d’un fort regain de tension à la frontière israélo-libanaise, où des affrontements ont fait quatre morts -trois Libanais et un Israélien- mardi.
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