Un mémorial dédié au cardinal Jean-Marie Aron Lustiger sera inauguré sur le site du monastère bénédictin d’Abu Gosh, à l’initiative du Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF), le 14 mars prochain.
A cette occasion, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, accompagnera une délégation en Israël du 7 au 14 mars 2013, sur le thème « Aux sources de la Promesse ». Un intitulé qui rappelle le livre du défunt archevêque de Paris : « La promesse ». A cette occasion, le cardinal Vingt-Trois participera à des évènements universitaires, religieux et culturels, à l’invitation des Grands Rabbins d’Israël. Et il sera également présent à l’inauguration de ce mémorial dédié au cardinal Lustiger.
Les premiers jours permettront « d’aborder quelques aspects de la société israélienne ». Ce temps s’achèvera par l’office de shabbat dans l’une de plus grandes synagogues de la ville de Tel-Aviv.
Ensuite, « à travers le Néguev et la remontée vers Jérusalem, la délégation sera confrontée à l’expérience du désert dans la tradition juive et dans la tradition chrétienne ». Deux journées à Jérusalem donneront lieu à des rencontres, échanges et conférences avec les autorités rabbiniques et universitaires, ainsi qu’à des visites des principaux lieux saints.
Le voyage se conclura à Abu Gosh par l’inauguration du mémorial dédié au cardinal Lustiger, dans le « monastère bénédictin qui accueille tout autant les juifs et les musulmans que les chrétiens ».
Aron Jean-Marie Lustiger, né le 17 septembre 1926 à Paris et mort le 5 août 2007 à Paris, est un dignitaire de l’Église catholique romaine, archevêque de Paris de 1981 à 2005, créé cardinal en 1983. Il fut membre de l’Académie française.
Aron Lustiger est né dans le 12e arrondissement de Paris.
Ses parents Charles et Gisèle Lustiger, originaires d’une famille juive ashkénaze venant de Pologne (à Będzin en Haute-Silésie où son père était boulanger), tiennent un commerce de bonneterie.
Il fait ses études au lycée Montaigne à Paris. Vers 10 ou 12 ans il découvre une Bible protestante. Le Nouveau Testament s’impose à lui comme étant l’aboutissement de l’Ancien Testament.
Il découvre l’antisémitisme, dont il est victime. « À la porte du lycée Montaigne, je me suis fait casser la figure parce que juif. Quand je m’approchais des garçons qui discutaient entre eux, ils me disaient : « Ça ne te regarde pas, tu es un sale juif. » Il en fait aussi l’expérience à travers la littérature et à l’occasion d’un voyage en Allemagne nazie en 1937, dans une famille protestante, où il découvre, en même temps que le nazisme, les premiers adultes chrétiens anti-nazis.
La guerre pousse ses parents à l’envoyer, avec sa sœur Arlette, se réfugier à Orléans (fin août 1939). Ils seront recueillis et hébergés par Suzanne Combes, jeune professeur de lettres classiques à l’école du Bourdon-Blanc et future directrice de cet établissement catholique d’enseignement.
Aron, devenu élève du lycée Pothier (établissement public), fréquentera assidument le 14 rue Sainte-Anne, siège des Œuvres diocésaines, dirigées par Mgr Henri Feuillâtre (« le Père Feu », également aumônier du lycée).
La mère des deux enfants continue à tenir son commerce de bonneterie-mercerie, à Paris. Durant la Semaine sainte 1940, dans la cathédrale d’Orléans, Aron ressent le désir de se convertir au catholicisme. Toute sa vie, il expliquera que son christianisme n’a jamais signifié un renoncement à son identité juive.
Le 25 août 1940, à l’âge de 14 ans, il reçoit le baptême à Orléans. Il devient chrétien et ajoute alors au prénom reçu de ses parents ceux de Jean et de Marie, qui sont aussi des prénoms d’origine hébraïque . Il expliquera plus tard qu’il n’a jamais renoncé au prénom d’Aron et que le grand prêtre qui porte ce nom dans la Bible est aussi vénéré comme saint par l’Église catholique.
Sa mère est arrêtée en septembre 1942 sur dénonciation de son employée de maison (selon Arno Lustiger, cousin d’Aron) : cette jeune femme, en relation intime avec un membre de la Milice, était avide de récupérer son appartement.
Gisèle Lustiger est alors internée à Drancy puis déportée vers le camp d’Auschwitz, où elle meurt le 13 février 1943. La famille n’aura la confirmation de son décès qu’en 1946.
Après avoir passé son baccalauréat en juin 1943, il rejoint clandestinement son père travaillant en usine à Decazeville. Découverts, Jean-Marie est protégé par l’abbé Bezombes, haute figure de la Résistance, et son père par l’École jésuite de Purpan jusqu’à la Libération. Ce dernier n’acceptant toujours pas la conversion de son fils, essaie en vain, au lendemain de la guerre, de le persuader d’annuler son baptême.
Après avoir terminé ses études secondaires au lycée d’Orléans, il s’inscrit à l’université de la Sorbonne afin de suivre des études de lettres.
Carrière ecclésiastique
Sa vocation sacerdotale le conduit à entrer au séminaire des Carmes de l’Institut catholique de Paris en 1946. Il est ordonné prêtre le 17 avril 1954 à l’âge de 27 ans, dans l’église du séminaire des Carmes.
De 1954 à 1969, il est aumônier de la paroisse universitaire de Paris, connue sous le nom de Centre Richelieu, rassemblant des enseignants de l’école publique, aumônier des étudiants en lettres et sciences de la Sorbonne ainsi que des grandes écoles (École spéciale d’architecture, ENS de Fontenay-Saint-Cloud, École des chartes). Son charisme attire nombre d’étudiants et professeurs. Puis Mai 68 embrase l’université. Il affirmera alors : « Il n’y a pas de place pour l’Évangile dans cette foire ».
En 1969, il est nommé curé de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal, dans le 16e arrondissement de Paris et a comme vicaire l’abbé André Vingt-Trois, son futur successeur à la tête de l’archevêché de Paris. Il renouvelle profondément la liturgie commandant au sculpteur Jean Touret des œuvres marquantes (une grande croix, un autel et des panneaux en bois) – il refera appel à Jean Touret pour l’autel de Notre-Dame de Paris. Avec l’organiste titulaire Henry Paget, il renouvelle l’orgue en en confiant la maîtrise à Alfred Kern. Avec H. Paget, il écrit des chants liturgiques importants qui seront enregistrés (Veilleur où en est la nuit!).
L’enseignement paroissial est organisé. Des personnalités comme les pères Thomas Kowalski, Bernard Violle et Georges Marion animent ce qui devient un lieu où se regroupent à la fois des paroissiens et des fidèles qui avaient connu l’abbé Lustiger en son étape d’aumônier. Ses sermons sont publiés chez Fayard sous le titre Sermons d’un curé de Paris en 1977. En 1981, l’ouvrage allait être envoyé au pilon avant que l’éditeur ne revienne sur sa décision! Cette étape a constitué les préliminaires d’une action diocésaine plus importante.
Le 10 novembre 1979, il est nommé évêque d’Orléans par le nouveau pape Jean-Paul II, et, le 8 décembre 1979 il reçoit l’ordination épiscopale par l’imposition des mains du cardinal François Marty, alors archevêque de Paris8. Il choisit comme devise « Tout est possible à Dieu »9. Il n’occupera que quinze mois le siège d’Orléans.
Il est nommé archevêque de Paris le 31 janvier 1981 et intronisé le 27 février, succédant au cardinal François Marty8. Deux ans plus tard, le 2 février 1983, il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II, avec le titre de cardinal-prêtre de Saints Marcellino e Pietro attaché à l’église romaine du même nom. En 1994, après le décès du cardinal Marty, il reçoit le titre de Saint-Louis des Français traditionnellement accordé au cardinal archevêque de Paris.
Jean-Paul II et lui ont de nombreux points communs – ils parlent le polonais aussi bien que le yiddish et le français, ils appartiennent à la même génération – mais surtout ils ont une analyse souvent très proche de la situation ecclésiale et mondiale.
Le cardinal Lustiger fut une figure très remarquée au niveau de l’Église universelle, même si ses chances de succéder à Jean-Paul II étaient très faibles lors du conclave de 2005, en raison de son âge et de son état de santé.
![]() |
![]() |







































Le cardinal Lustiger et une exception dans la religion catholique, mais ne pas oublier que la religion catholique romaine n’est pas un soutien pour le peuple d’ISRAEL.