Le marché apparemment conclu entre le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) palestinien et le gouvernement israélien, s’il est validé par ce dernier, pourrait mettre fin à une captivité de plus de cinq ans à Gaza pour le soldat israélien Guilad Shalit, qui dispose également de la citoyenneté française.

Ce dernier avait été capturé en juin 2006 alors qu’il se trouvait sur une position israélienne située en territoire israélienne à la frontière avec Gaza. Il n’a jamais pu être visité par le Comité international de la Croix Rouge (CICR) en violation des lois de la guerre au cours de cette période (Troisième convention de Genève, article 9. Il faut noter que l’article 3 interdit les prises d’otages.)

Au cours de ces cinq années, des hésitations sont apparues en Israël sur la pertinence du modus operandi qui prévalait auparavant pour régler les prises d’otages. La politique israélienne a été mise en évidence en 1985 à l’occasion du marché conclu entre le responsable du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement Général (FPLP-CG) d’Ahmed Jibril, un sicaire situé dans l’orbite syrien et le gouvernement dirigé à l’époque par Shimon Pérès, l’actuel président.

Pour obtenir la libération de trois soldats israéliens capturés au Liban au cours de l’invasion israélienne de 1982 du Pays du Cèdre, Hezi Shai, Yosef Grof et Nissim Salem, 1 200 Palestiniens avaient été libérés (dont le chef spirituel du Hamas, Ahmed Yassine, libéré une seconde fois en 1997 après un fiasco du Mossad en Jordanie). Israël ne laisse pas ses soldats derrière lui, tel était le dogme vérifié ultérieurement, en 2004, pour récupérer les restes de trois soldats vraisemblablement tués en octobre 2000 à la frontière avec le Liban et dont les corps avaient été emportés par des miliciens du Hezbollah, ainsi qu’un ressortissant israélien Elhanan Tannebaum.

En août 2008, une note écrite par Nadav Shragai publiée par un think-tank israélien proche du Likoud, le Jerusalem center for Public Affairs, résumait par son titre une évolution notable: « Relâcher des terroristes: de nouvelles victimes en paieront le prix ». Selon cette analyse, la libération de « terroristes » palestiniens (des prisonniers avec « du sang sur les mains » selon la terminologie israélienne) devait être évitée compte tenu du facteur de récidive.

S’ajoutant à la crainte que des marchés jugés trop favorables aux kidnappeurs ne dopent les prises d’otages, ce doute quant au bien-fondé de la politique précédente irrigua les discussions sur le contenu d’un accord conclu en décembre 2009 sous l’égide d’un médiateur allemand (comme en 2004). Israël ajouta alors une condition (un banissement de certains détenus libérés), qui provoqua la rupture par le Hamas. Cette rupture des contacts et l’absence d’éléments de vie de Guilad Shalit après une vidéo remontant à octobre 2009 conduisirent les autorités israéliennes à durcir les conditions de détention des prisonniers palestiniens, qui avaient d’ailleurs amorcé ces derniers jours un mouvement de protestation.

La tente montée par la famille du soldat enlevé en face des bureaux du premier ministre israélien témoignait de la crainte d’un changement de priorité au plus haut de l’Etat. Remarquable de ténacité dans l’épreuve, le père de Guilad Shalit, Noam, aura pesé de toutes ses forces pour que la ligne israélienne prévalant jusqu’à présent soit maintenue.

Le Monde.fr

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ABEL

Contrairement à mes habitudes, je commencerais par la fin, pour parler des prisonniers palestiniens ! « Le Monde » parle de grève de la faim entamée par ces derniers, depuis peu, mais en omettant, comme à son habitude, de parler de la réalité, à savoir que ces prisonniers sont bien logés, dans des cellules spacieuses, avec télévision, accès à l’éducation, possibilité de recevoir leurs épouses, une fois par semaine, pour avoir la possibilité de passer, sans doute, un moment très agréable avec elles … Ont un droit de visite, de leurs avocats, de la Croix Rouge, etc…
Quant aux prisonnier palestiniens, pour éviter cette spirale infernale de libération d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, dans un rapport d’échange inimaginable, incitant les Arabes à en demander encore et encore, il n’y a qu’une seule solution, à mon sens, c’est de ne pas faire de prisonnier ! En d’autres termes, et pour être très clair, les liquider, lors d’opérations militaire ou autre, jusqu’au dernier, puisqu’ils sont les premiers à ne respecter aucune loi sur le droit de la guerre, Guilad SHALIT n’ayant eu droit à aucune visite, gardé au secret pendant cinq ans ! Et Dieu sait comment, dans quels états physique et moral, il sera rendu !
Pour tout cela, et d’autres faits sanglants et plus lointains, il ne faut pas composer avec l’ennemi arabe, qui ne respecte et ne connaît qu’une chose : La force ! Donc, les liquider sans aucune espèce d’état d’âme ! Il faut que la peur et la terreur passe dans l’autre camp pour préparer les prémices de la paix !!! Tout autre politique plus clémente n’étant interprétée que comme une faible de l’ennemi …
ABEL
ABEL

Alainlvy

Je serais entierement d’accord avec vous si seulement Israel pourrait tout a fait reediter comme apres MUNICH :tous eliminés par la grace de l’Eternel apres leur liberation
Le cout :1200 balles bien ajustées dans chaque nuque libérée!!!
Notre sang cri VENGENCE!!!