Plus de 20.000 manifestants ont défilé samedi soir à Tel-Aviv pour « la justice sociale », selon les organisateurs de la vague de contestation sans précédent qui a déferlé cet été sur Israël, une mobilisation moindre que les précédentes, selon les médias israéliens.
« Le peuple demande une augmentation du budget » et « Justice sociale », pouvait-on lire sur les affiches des protestataires qui demandaient « davantage de logements publics », a constaté un journaliste de l’AFP.

Le plus important rassemblement –de moindre importance que les grandes manifestations des derniers mois– a eu lieu à Tel-Aviv où les manifestants ont défilé place Yitzhak Rabin, devant la mairie de la ville.

Les organisateurs ont revendiqué 70.000 participants à Tel Aviv. Quelque 5.000 manifestants se sont retrouvés à Jérusalem et 200 à Richon LetZion, près de Tel Aviv, selon les médias.

Cette mobilisation s’est déroulée en plein regain de violences entre les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza et l’armée israélienne qui a fait au moins neuf morts palestiniens samedi et un tué israélien.

Les orateurs ont souhaité une prompte guérison aux blessés des tirs palestiniens dans le sud du pays, alors qu’une manifestation qui devait se tenir à Beersheva (sud du pays) a été annulée en raison de la situation sécuritaire.

« Le gouvernement doit lutter sur le front sécuritaire et le front social de la même manière », a déclaré à l’AFP le président de commission de Défense à la Knesset (Parlement), Shaoul Mofaz, du parti Kadima (opposition), venu « soutenir la lutte sociale » à Tel Aviv.

Plusieurs orateurs se sont succédés à la tribune, notamment des étudiants, entrecoupés par des chanteurs populaires.

Parmi les nombreuses banderoles, on pouvait lire sur un immense panneau, le slogan: « Une génération exige un avenir meilleur ».

La majorité des manifestants était composée d’étudiants et de jeunes couples.

La dernière grande manifestation contre la vie chère et la hausse vertigineuse des prix des logements avait réuni le 3 septembre près d’un demi-million d’Israéliens « indignés » dans tout le pays.

Sur leur site, les organisateurs de ce mouvement avaient appelé à la mobilisation « pour exiger de la Knesset (le Parlement) et du gouvernement d’annuler le budget de 2012 et de présenter un nouveau budget social qui tienne compte des exigences de la population ».

« Sortez en masse pour montrer à nos dirigeants élus que nous sommes toujours là », avaient lancé les organisateurs.

Des rassemblements ont également eu lieu dans le nord à Haïfa et Kyriat Shmona et dans le sud à Eilat, près de la frontière égyptienne.

Ces manifestations constituaient un test après deux mois d’accalmie sociale au cours desquels les campements de tentes, dressés dans les rues de plusieurs villes pour dénoncer la cherté des logements, ont été démantelés.

Sur le front politique, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait adopter par son gouvernement le 9 octobre des propositions de réformes devant permettre d’abaisser le coût de la vie et des logements, de réduire les impôts et d’améliorer le financement de l’éducation des enfants en âge pré-scolaire.

Elles ont été avancées par un rapport de l’économiste Manuel Trajtenberg, président d’une commission gouvernementale nommée par Benjamin Netanyahu.

Ce train de réformes économiques a toutefois été jugé très insuffisant par les animateurs du mouvement social qui exigent des changements de fond.

TEL AVIV, 30 oct 2011 (AFP)

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