Eugene Kandel, directeur du Conseil national économique
Né à Moscou, éduqué aux États-Unis, l’économiste Eugene Kandel, 51 ans, dirige depuis juillet 2009 le Conseil national économique et occupe le poste de conseiller économique du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Rencontre avec ce spécialiste des marchés financiers.

Commerce International : Comment voyez-vous l’impact des troubles survenus dans le monde arabe sur l’économie israélienne ?
Eugene Kandel : « Sur le plan économique, Israël n’est pas directement influencé dans la mesure où nous avons peu d’échanges commerciaux avec nos voisins. La seule exception concerne l’Égypte, qui a signé un accord de livraison en gaz naturel avec Israël. En revanche, ces événements peuvent alimenter une forte augmentation du prix du brut, qui affecterait notre économie et celle de beaucoup d’autres pays. Du reste, l’Agence internationale de l’énergie, les Lloyd’s et le secrétaire d’État américain de la Défense ont d’ores et déjà prédit que le baril de brut atteindrait 200 USD (138 euros) au cours de la prochaine décennie en raison du décalage entre l’offre et la demande : 600 à 800 millions de véhicules seront mis sur le marché dans cet intervalle… Israël fait d’ailleurs partie des pays qui ont lancé une initiative nationale pour s’affranchir de la dépendance pétrolière dans les transports. »
La croissance israélienne ne montre-t-elle pas des signes de surchauffe ? On parle de « bulle » dans l’immobilier…
E. K. : « Nous ne sommes pas particulièrement inquiets. L’économie israélienne dispose de gisements sous-exploités. Pour soutenir la croissance (ndlr, 7,8% au trimestre dernier), le gouvernement a notamment adopté des mesures visant à mieux intégrer les populations arabes et ultra-orthodoxes au marché du travail. Voilà un levier qui ne crée pas de tensions inflationnistes. Concernant l’immobilier, il y a effectivement des composantes de “ bulle ” liées à des anticipations haussières que l’on s’efforce de réajuster. Le cabinet vient ainsi de voter un plan d’urgence visant à augmenter l’offre de logements et à ralentir la hausse des prix. »
Le shekel est devenu l’une des devises les plus fortes au monde : la rançon du succès ?
E. K. : « Israël produit, vend et exporte davantage, et sa devise se renforce. Comment gère-t-on cela ? La Banque d’Israël intervient sur le marché des devises pour éviter que la dépréciation du dollar ne surévalue trop le shekel. Mais nous veillons aussi à ne pas exercer de pressions inutiles tout en investissant sur le long terme. Les entreprises israéliennes réduisent en permanence leurs coûts de production afin de rester compétitives à l’export et ne cessent de miser sur l’innovation. Cette politique s’avère payante. Depuis 2003, la balance courante israélienne est devenue excédentaire après 50 ans de déficits chroniques. En outre, de plus en plus d’entreprises mondiales s’installent sur notre territoire. C’est ainsi que la banque Barclays vient d’annoncer son intention d’inaugurer un centre israélien de R & D. Spécialisé dans les technologies financières, il va mobiliser 200 experts. Le pas est d’importance ! »
Pourquoi Israël a si bien résisté à la dernière crise mondiale ?
E. K. : « On peut attribuer cette résistance à deux facteurs : Israël dispose d’un système bancaire très conservateur qui a eu un effet protecteur pendant la récession. De plus, le pays avait engagé dès 2002-2003 une politique de réformes, dont il est sorti renforcé, sans pour autant se montrer dépensier. D’une façon générale, notre économie est très réactive, de sorte que nos entreprises ne se reposent pas sur leurs lauriers. »
Le pays est perçu comme un tremplin commercial vers les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud)…
E. K. : « Les Brics représentent en effet plus de 20 % de nos exportations, et nous souhaitons y renforcer nos parts de marché en impulsant une politique de partenariat gouvernemental. Israël ne dispose pas de grands groupes et sommes positionnés sur des niches. Mais nous avons beaucoup à apporter, notamment dans les hautes technologies, l’efficacité énergétique ou l’agronomie. Nous sommes, par exemple, le seul pays à exporter du caviar en Russie : si cela n’est pas un exemple d’audace ou de “ chutzpah ” pour reprendre l’expression locale consacrée ! » •
Nathalie Hamou
Commerce International.com
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Les réserves en devises de la Banque centrale d’Israël sont au plus haut : 77,4 milliards de dollars
Les réserves en devises de la Banque d’Israël ont atteint leur record de tous les temps. Elles s’élèvent à 77,4 millards de dollars.
Pour le seul mois d’avril, Israël a engrangé 2,9 milliards de dollars supplémentaires.
Et dire qu’en 1963 on ne pouvait pas manger d’oranges! Il fallait tout garder pour l’exportation afin d’obtenir des devises qui permettaient de se procurer le matériel et les machines dont le pays avait absolument besoin !
Et encore les réserves de gaz et de pétrole découvertes récemment ne sont pas encore exploitées.
qui peu douter de l’intéligence du peuple israélien mazél tov bravo ,on va fair encors des jalous