Le parlement israélien a adopté, le 16 mars 2010, en deuxième et troisième lecture, lors d’une session plénière, une loi qui permettra aux autistes de bénéficier gratuitement de physiothérapie et d’assistants sociaux. Le projet avait été déposé par les députés Dany Danon (likoud) et Ze’ev Bielski (Kadima). Ces derniers se sont félicités de son adoption soulignant que »la société se devait d’exprimer sa dette envers les autistes et mettre en place les meilleurs systèmes possibles pour faciliter l’intégration de ces personnes au sein de la société ».
L’autisme désigne un ou des troubles de la communication orale et/ou non verbale et des anomalies des interactions sociales. L’autisme est décrit comme une perte de contact avec la réalité. L’autisme exige une intervention précoce.
La découverte de l’autisme est relativement récente ; elle remonte à 1943. Au départ, on a pensé que l’autisme était la conséquence d’une mauvaise relation parents/enfants : les parents étaient soupçonnés d’être la cause du désordre de leur enfants.
Mais dans les années 80-90, grâce aux progrès de l’imagerie cérébrale, l’autisme a clairement été identifié par les scientifiques comme un trouble d’origine organique causée par une anomalie cérébrale inconnue. Avant ces découvertes scientifiques, des différents traitements éducatifs spécifiques sont apparues dans les pays anglo-saxons (1).
La mise en place de mesures spécifiques pour optimiser l’intégration scolaire des enfants autistes était une préoccupation de ces pays .Toutes les modalités d’intervention pour aider les personnes autistes à progresser restent pointues ; elles nécessitent une formation et une pratique de longue haleine et appartiennent au domaine des spécialistes.
Les origines de l’autisme sont clairement identifiées comme étant d’ordre neurologique : le cerveau ne fonctionne pas bien. Depuis 20 ans, les psychologues cliniciens comme les chercheurs essaient de tirer partie des études menées dans le monde entier afin de mieux comprendre ce trouble envahissant du développement et trouver des applications concrètes pour améliorer le quotidien des personnes qui en sont atteintes.
Les pays anglo-saxons (Etats-Unis et Canada en particulier) ont été les pionniers dans la mise en place de thérapies éducatives qui se sont révélées très efficaces, permettant d’atténuer considérablement les troubles du comportement et les symptômes autistiques.
Avec l’adoption de cette loi, en faveur des autistes, Israël arrive au niveau des pays d’Europe du Nord ou anglo-saxons, en ce qui concerne l’accès à un accompagnement éducatif adapté. En Israël l’autisme concernerait un millier de personnes, enfants et adultes confondus. Avec cette disposition législative, qui permettra aux autistes de bénéficier gratuitement de physiothérapie et d’assistants sociaux, la prise en charge de ces personnes sera plus facile, au grand plaisir de leurs parents et de leurs proches qui vivent parfois un véritable calvaire.
Les familles pourront ainsi s’adresser aux centres de ressources autisme pour obtenir un diagnostic gratuit selon les critères internationaux et bénéficier de structures adaptées à la prise en charge scolaire, éducative, sociale et thérapeutique de leurs enfants. En Israël des associations de parents et de professionnels ont été créées pour accompagner les autistes et leurs familles.
Israël devient ainsi un leader régional en matière de prise en charge publique des personnes autistes puisque l’Etat offrira un diagnostic fiable et précoce, une prise en charge éducative et adaptée, un accompagnement des familles, des structures spécialisées et une formation des professionnels ; le tout avec des fonds publics . En permettrant aux autistes de bénéficier gratuitement de physiothérapie et d’assistants sociaux l’Etat Hébreu s’attache à l’égalité des droits et des chances, à la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
Le positionnement d’Israël très avancé en matière de la prise en charge des personnes autistes et leur l’intégration devient une référence même par rapport à certains pays occidentaux comme la France.
La France accumule ici un grand retard en matière de prise en charge des personnes autistes. En novembre 2003, la France a été condamnée par le Comité européen des droits sociaux pour le non respect de ses obligations éducatives à l’égard des personnes autistes, telles qu’elles sont définies par la Charte sociale européenne. En 2008 le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) saisi en juillet 2005 par Autistes Sans Frontières et 3 autres associations de parents épingle la France sur la situation « dramatique » des personnes autistes et leur entourage. Il n’hésite pas à parler de « maltraitance » : lacunes de moyens et d’équipements, droit à la scolarisation fictif, non accès effectif à différents autres droits ont été dénoncés.
Malgré une succession de rapports, de recommandations, de circulaires et de lois depuis plus de 10 ans, le défaut de prise en charge des enfants et des adultes souffrant d’autisme demeure considérable en France.
L’avis du CCNE estime que « une société incapable de reconnaître la dignité et la souffrance de la personne, enfant, adolescent ou adulte, la plus vulnérable et la plus démunie, et qui la retranche de la collectivité en raison même de son extrême vulnérabilité, est une société qui perd son humanité ».
Rappelant enfin que dans les pays arabes les personnes autistes ne sont pas reconnues par les pouvoirs publiques (aucune loi ne garantit leur droit ou leur intégration) et ils sont considérées comme « inéducables », « insocialisables », « inintégrables » et ils bénéficient de toutes sortes de discriminations.
La part de la population souffrant d’autisme dans ces pays arabes est estimée à environ à un million de personnes qui sont pris en charge exclusivement par la famille. La majorité des pays arabes ne reconnaissent même pas le droit à l’éducation pour tous les enfants austices. Il n’existe pas des centres d’accueils dans la majorité de ces pays. La scolarisation des enfants autistes dépend essentiellement des initiatives privées. La situation de la plupart des familles confrontées à cette réalité est particulièrement préoccupante. Souvent il n’y’ a aucune notion de base de cette maladie et l’encadrement publique fait cruellement défaut.
Alors il faudra certainement apprendre quelque chose de l’Etat Hébreu qui a fait de la dignité de la personne handicapée et l’intégration des personnes atteintes de l’autisme une priorité fondamentale.
Ftouh Souhail, Tunis sur http://www.terredisrael.com/wordpress/?p=18906
Note : L’autisme n’est pas un handicap figé dont les symptômes seraient irréversibles. Grâce à une prise en charge éducative précoce et une intégration en milieu ordinaire dès le plus jeune âge, il est possible d’atténuer considérablement les comportements inadaptés et de développer les aptitudes de toute personne autiste. Longtemps exclue et condamnée, à terme, à l’asile psychiatrique, la personne autiste doit être considérée aujourd’hui comme éducable, socialisable et surtout intégrable. La meilleure prise en charge est l’immersion en milieu ordinaire.

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