Des militants pro-palestiniens occupaient toujours mercredi l’ambassade d’Espagne à Athènes protestant contre le blocage grec d’une flottille pour Gaza, tandis qu’un bateau qui devait tenter de partir a renoncé dans l’immédiat, a-t-on appris auprès des organisateurs.
Quatre militants espagnols continuent leur occupation « symbolique » après avoir pendu mardi un drapeau palestinien à un balcon du bâtiment, a confirmé le bureau de presse de l’ambassade d’Espagne.

Ils demandent au gouvernement espagnol de faire pression sur Athènes pour autoriser le départ d’un bateau espagnol partie prenante de la flottille, le « Guernica », ancré à La Canée en Crète (sud).

Un autre bateau, le « Juliano » battant pavillon du Sierra Leone et affrété par des militants grecs, suédois et norvégiens a par ailleurs quitté dans l’après-midi son ancrage à Pérama, près d’Athènes, mais pour rallier un autre port au sud de la capitale, Palaia Phokia, avec l’aval de la police portuaire.

« Le départ pour Gaza ne peut pas se faire car l’interdiction des autorités grecques est toujours en vigueur », a expliqué à l’AFP un des représentants du groupe, Dimitris Plionis.

Marie Norden, une députée suédoise qui devait être à bord avec la dizaine de passagers a pour sa part annoncé à l’AFP qu’elle avait « décidé de rentrer en Suède » pour ne pas avoir « à lutter avec la garde-côte grecque ».

Le « Juliano », une grosse vedette, fait partie de la flottille pro-palestinienne ayant comme objectif  d’acheminer « de l’aide humanitaire à Gaza » et briser le blocus imposé par Israël à ce territoire palestinien.

Sous la pression d’Israël, qui a menacé d’utiliser la force contre la flottille, les autorités grecques ont interdit depuis vendredi le départ de ces bateaux vers Gaza, justifiant cette mesure par la nécessité de « protéger les passagers ».

Un bateau français « Dignité Al-Karama » a toutefois annoncé mardi avoir réussi à échapper à cette interdiction et faire route vers Gaza.

« Nous sommes solidaires de l’action du Dignité Al-Karama, c’est important qu’au moins un bateau ait pu partir vers Gaza, nous espérons qu’il va y arriver », a affirmé David Heap, responsable du bateau canadien « Tahrir ».

Il a indiqué à l’AFP que trois militants du « Tahrir » arrêtés lundi avaient recouvré la liberté mercredi après-midi, après avoir été condamnés à 30 jours de prison avec sursis et 80 euros d’amende par personne, dont ils se sont acquittés.

Le groupe, deux Canadiennes et un Australien, avaient participé au port crétois Aghios Nikolaos (sud) à une tentative de départ du bateau, contrée par une patrouille grecque.

De son côté, Vaguélis Pissias, responsable des organisateurs grecs a souligné qu’au moins « sept ou huit bateaux de la flottille restaient ancrés dans des ports grecs mais qu’au moins la moitié des militants, au début plus de 300, avaient quitté la Grèce » dans l’attente que la situation se débloque.

M. Pissias a accusé le gouvernement grec d’être « intervenu » pour empêcher la livraison de 600 tonnes de ciment, qu’une société grecque devrait fournir « à la suite d’un contrat passé avec les militants suédois ».

A Stockholm, des militants suédois ont eux fait état de l’annulation par une société suisse de la livraison de 3.000 tonnes de ciment commandée par une ONG participant à la flottille.

ATHENES, 6 juil 2011 (AFP)

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