Le ministre de l’Intérieur a appelé en personne samedi le numéro deux du commissariat de Dreux qui avait dénoncé dans un rapport la remise en liberté de trois voyous parce que la prison était pleine.

INFO LE FIGARO
Manuel Valls mouille sa chemise dans l’affaire de Dreux. Le Figaro est en mesure de révéler que le ministre de l’Intérieur a téléphoné en direct, samedi après-midi, au commandant de police, Yves Le Bourdonnec, qui avait dénoncé, dans un rapport au directeur central de la sécurité publique, la remise en liberté, le 1er août, par le parquet de Chartres, de trois délinquants qui devaient être placés sous écrou. Ceux-ci avaient été remis dehors, sur de simples instructions verbales du substitut de permanence, au prétexte que la prison locale était pleine.

Ce type d’initiative de la part d’un premier Flic de France est «rare et significative», estime Patrice Ribeiro, le patron du syndicat de police Synergie-Officiers. Selon lui, avant d’entrer personnellement en contact avec le numéro deux de la circonscription de police de Dreux, l’hôte de la place Beauvau a «pris ses renseignements sur ce fonctionnaire». Lui l’assure: «Ce commandant de police est loin d’être un fantaisiste. C’est un professionnel reconnu et apprécié de ses hommes».
La politique Taubira mise en cause

Le ministre de l’Intérieur s’était déclaré samedi, au sujet de la remise en liberté des trois voyous, «très surpris de cette décision et inquiet de ses conséquences». «Cette décision très étonnante va à l’encontre de la stratégie décidée conjointement par la Chancellerie et l’Intérieur qui vise à accroître le concours des forces de sécurité pour faire exécuter les peines» avait-il affirmé.

Sur les trois délinquants concernés, l’un devait purger trois mois pour rébellion, violences sur personne dépositaire de l’autorité publique et outrage, le deuxième, deux mois de prison ferme pour violence avec arme et le troisième, trois mois d’incarcération pour inexécution d’une peine précédente de travail d’intérêt général. La garde des Sceaux, Christiane Taubira, dit avoir réclamé une enquête pour comprendre dans quelle condition ils ont été remis en liberté. Mais sa politique pénale est mise en cause à travers cette affaire.

Jean-Marc Leclerc/04-08-2013/ Le Figaro.fr Article original

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