Des députés israéliens veulent enquêter sur des ONG

0
151

JERUSALEM, (AFP) – Des députés israéliens ont voté mercredi pour l’ouverture d’une enquête sur le financement d’organisations de défense des droits de l’Homme qui aideraient à monter des dossiers afin d’engager des poursuites judiciaires à l’étranger contre des militaires israéliens.

Le vote, par 41 voix pour et 15 contre sur les 120 députés du Parlement, a suscité des protestations d’organisations de défense des droits de l’Homme, le Comité public contre la torture en Israël (Picati) condamnant ainsi une démarche “autoritaire, immorale et illégitime”.

L’enquête parlementaire a été proposée par le parti Israël Beiteinou, du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Une commission parlementaire doit désormais décider de son étendue, a expliqué le porte-parole du Parlement, Giora Pordes.

Dans le passé, des ONG avaient été accusées de recevoir des fonds de pays et d’organisations hostiles à Israël. Plusieurs officiers, politiques et autres responsables israéliens ont déjà fait l’objet de mandats d’arrêt à l’étranger pour crimes de guerre, sur des plaintes d’organisations de soutien aux Palestiniens. C’est notamment le cas au Royaume-Uni, qui a amendé en décembre sa législation sur la juridiction universelle, sur pression du gouvernement israélien.

En décembre 2009, l’ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni avait dû annuler une visite à Londres par crainte d’être arrêtée après le dépôt d’une plainte portant sur son rôle à la tête de la diplomatie israélienne durant l’offensive militaire lancée fin 2008 contre la bande de Gaza.

La députée Fania Kirshenbaum, membre d’Israël Beiteinou, a affirmé sur le site internet du parti que les ONG israéliennes qui aidaient à monter ces dossiers affaiblissaient la position d’Israël dans le monde. Elle a notamment cité le groupe B’Tselem, Breaking the Silence, une organisation d’anciens soldats témoignant de la réalité de la guerre dans les territoires et Machsom Watch, une association surveillant le comportement des soldats aux postes de contrôle.

“Souhaitez-vous enquêter sur nous? Allez-y, interrogez-nous! Nous n’avons rien à cacher”, ont répondu 15 ONG, dont les deux citées, dans un communiqué commun.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.