Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire (Albert Einstein)
Israël coupable. Il semble bien que ce soit la seule épithète que l’on puisse accoler à l’État juif. Le procès intenté contre Israël depuis sa création ne prendra-t-il donc jamais fin ?
Il ne se passe pas un jour sans que ce pays ne soit mis au banc des accusés. Il n’est pas un acte de l’État juif qui ne soit scruté à la loupe pour y trouver le petit grain qui permettra de lancer des accusations et d’aboutir à la conclusion : Israël est bel et bien un État d’apartheid. Israël, confronté à la haine du Juif, tente de comprendre, et met tout en œuvre pour ne pas prêter le flanc à la critique.
Mais quoi que fasse l’État juif, et même quand il ne fait rien, il est coupable. Et si tout le monde le dit, tout le monde ne peut pas se tromper. Alors, si les Juifs ont au début rejeté les accusations, ils sont, hélas, de plus en plus nombreux à céder sous le poids des calomnies et à se laisser gagner par l’idée que les accusations sont justifiées.
Israël coupable
– coupable de tuer des civils innocents, des femmes et des enfants ;
– coupable de « crimes contre l’humanité » ;
– coupable d’apartheid ;
– coupable de génocide ;
– coupable d’avoir édifié une barrière de sécurité pour se protéger ;
– coupables aussi – et pourquoi pas- d’avoir fait fleurir le désert ;
– coupable d’être un État juif.
–
Et la liste est longue, interminable.
Et le terme de « coupable », qui appartient au langage judiciaire, a inéluctablement pour corollaire celui de « procès ».
Qui sont alors les juges ? La quasi-totalité de la communauté internationale.
De quoi Israël est-il coupable ? La réponse à ce procès se trouve dans le passé d’Israël, dans son passé de juif. Israël est coupable d’exister en tant que refuge pour des coupables, les Juifs.
Quant au verdict, on le connaît, même s’il n’est pas exprimé clairement : Israël n’a pas le droit d’exister.
Quand donc la communauté internationale comprendra-t-elle que, dans un avenir relativement proche, son tour viendra et qu’il ne sert à rien de jouer à l’autruche ? Quand prendra-t-elle conscience que si Israël tombe, elle tombera avec lui ?
Dans ma chronique précédente, je parlais du traitement des Arabes israéliens, un traitement que les médias assimilent à celui que subissaient les Noirs, en Afrique du Sud, au temps de l’Apartheid. Ainsi en décrétant qu’Israël est un État d’apartheid, on remet en question son existence.
Maintenant, c’est le traitement des détenus qui fait l’objet d’une nouvelle condamnation de l’État juif. Evidemment, les médias ne s’intéressent nullement aux conditions de détention dans les prisons du Hamas ou de l’Autorité palestinienne, ou encore à celles qui prévalent dans les États arabes. Dans leur cas, c’est la loi du silence qui prévaut.
En revanche, quand il s’agit d’Israël où le traitement réservé aux prisonniers ne peut en aucune façon être comparé à celui des détenus des territoires palestiniens, on crie qu’Israël ne respecte pas les droits de l’homme, qu’Israël est dénué de tout sentiment de compassion, etc. .
Et dans l’esprit de tout un chacun, le champ lexical qui s’attache à la prison israélienne n’inspire que le dégoût : cellule, faim, torture, et crime contre l’humanité.
La question des prisonniers a souvent fait l’objet de discussions entre l’Autorité palestinienne et Israël. Rappelons à ce titre ce qu’a coûté le huitième échange de prisonniers : la libération de 1072 détenus palestiniens contre la libération du soldat Gilad Shalit .
Depuis plusieurs mois, quatre prisonniers palestiniens, Samer Issaoui, Aymane Charawneh, Jaafar Ezzeddine, et Tariq Qaadane observent une grève de la faim par intermittence pour exiger leur libération. Les deux premiers, qui avaient été libérés dans le cadre de l’échange du millier de prisonniers contre le soldat Gilad Shalit en 2011, ont été de nouveau arrêtés pour n’avoir pas respecté les conditions de leur libération.
Le 18 février dernier, des milliers de Palestiniens ont manifesté en Judée-Samarie par solidarité avec les détenus d’Israël. Et le lendemain, c’étaient 800 détenus palestiniens appartenant au Hamas, au Djihad islamique ou encore au FPLP qui, en signe de solidarité avec les grévistes, entamèrent à leur tour la grève de la faim. C’est du moins ce qu’a déclaré le porte-parole du Club des prisonniers car, comme on peut le constater, les prisonniers en Israël jouissent du droit d’association.
Comme de coutume, la France s’est empressée d’exprimer son inquiétude quant au sort des détenus en grève de la faim. Elle s’est dite « très préoccupée par la situation des prisonniers palestiniens en grève de la faim, notamment de ceux placés en détention administrative en Israël et dont l’état de santé s’est dégradé ces derniers jours », et a appelé les autorités israéliennes au « respect de leurs obligations internationales vis-à-vis des détenus palestiniens ».
Étrange l’intérêt que celui que porte la France à des détenus qui, quand ils n’ont pas commis des actes terroristes, sont au moins soupçonnés de les préparer. Ce n’est pourtant pas l’attitude qu’elle adopte habituellement avec les terroristes. Nul n’ignore que la France est au Mali dans le but d’éliminer- et j’insiste sur l’emploi de ce mot- les terroristes islamiques, des terroristes qui n’agissent même pas sur son propre territoire.
Certes, nous dira-t-on, au Mali, on fait la chasse aux terroristes, tandis qu’en Israël on fait la guerre à « la nouvelle résistance palestinienne », on arrête et on détient des « résistants », donc des héros (merveilleux euphémisme, véritable insulte aux Résistants !). En d’autres termes, Israël persécute de pauvres innocents. Et l’État français, qui ne s’est jamais penché sur le sort des victimes juives du terrorisme, ose demander à Israël de traiter les terroristes qui sévissent en Israël avec compassion !
Cette demande nous paraît tout simplement scandaleuse, indécente ! Mais la France ne nous a-t-elle pas habitués depuis longtemps à la politique du « deux poids deux mesures » ?
L’État français est très mal placé pour se permettre de faire la leçon à l’État juif. Mais puisqu’il s’arroge le droit de dicter au gouvernement israélien la conduite à adopter envers les détenus palestiniens, alors qu’il n’a pas à s’ingérer dans les affaires d’un État souverain, qu’il nous soit permis de rappeler, à titre d’exemple, qu’en janvier 2011, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné par deux fois la France pour l’indignité de la vie dans ses prisons (fouilles à nu « quatre à huit fois par jour », filmées au caméscope, par exemple). Et si nous rappelions aussi que la France ne respecte que très rarement le droit pour un prisonnier d’être enfermé seul, droit pourtant inscrit dans le Code de procédure pénale français.
Mais la France n’est pas seule à être inquiète au sujet des prisonniers palestiniens puisque ces derniers, parce que palestiniens, suscitent toujours un vif mouvement de sympathie dans le monde.
Ainsi, le 19 février, après avoir reçu une lettre de Mahmoud Abbas et du Secrétaire général de la Ligue arabe, le secrétaire général Ban Ki-Moon, avait aussi parlé de son inquiétude devant l’état de santé des détenus en grève de la faim, en particulier de celui de Samer Issaoui en grève depuis 200 jours pour protester contre la détention administrative. Rappelons que ce dernier sur le sort duquel le monde entier s’apitoie avait déjà été condamné le 15 avril 2002 à 10 ans de prison.
Ban Ki moon, nous dit son porte-parole, « a exprimé ses préoccupations au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou », il a qualifié de « préoccupante » la situation des Palestiniens en détention administrative. « Les obligations en vertu des droits de l’homme s’agissant de tous les détenus et prisonniers palestiniens sous la garde d’Israël doivent être pleinement honorées », avait indiqué son porte-parole.
Quelques jours plus tôt, James Rawley, le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour les « territoires disputés », avait lui aussi lancé la même affirmation lors de sa rencontre avec un ministre palestinien.
Et Catherine Ashton, le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, leur a emboîté le pas : à la demande de Saëb Erakat, le négociateur palestinien, elle a appelé « le gouvernement israélien à permettre le rétablissement immédiat du droit de visite des proches » des détenus palestiniens, pour lesquels elle a demandé « le plein respect des obligations internationales en matière de droits humains ».
Puis voilà que le 23 février un détenu, Arafat Jardat, meurt dans une prison israélienne après un interrogatoire. Le lendemain, ils sont 4500 prisonniers palestiniens à entamer eux aussi une grève de la faim.
Évidemment, la seule conclusion qui s’impose puisque le drame s’est déroulé en Israël : il a été torturé. Même si l’autopsie permet d’exclure cette cause, les Palestiniens ne sont pas prêts à en démordre. Il n’en fallait pas plus à l’Autorité palestinienne et au Hamas pour faire oublier à des milliers de Palestiniens le régime dictatorial sous lequel ils vivent.
En revanche, quand en janvier 2010 une femme est morte dans une prison de Gaza suite aux blessures qui lui ont été infligées par la police, ni les médias ni la population de Gaza ne se sont intéressés à son cas : contrairement à Arafat Jardat, ce Palestinien incarcéré en Israël pour avoir causé de graves blessures à un Israélien en lui jetant des pierres, cette femme n’a pas eu la chance de mourir dans une prison israélienne, ce qui lui aurait valu de faire la une des journaux.
Et le 1er mars dernier, un détenu palestinien âgé de 40 ans est mort dans une prison palestinienne à Jéricho. Encore une fois, les médias de langue française n’en ont pas soufflé mot : le pauvre homme, lui aussi, n’a pas eu la chance de mourir dans une prison israélienne.
Bien entendu, les détenus qui meurent dans les prisons, y compris dans les prisons de pays dits démocratiques, sont nombreux, mais ce sont des évènements qui n’intéressent guère les médias. Sauf si le drame se produit dans une prison israélienne. Dans ce cas, les médias se saisissent immédiatement de l’information, et se lancent à bride abattue encore une fois dans une campagne de désinformation pour le plus grand bonheur des antisionistes. De toute évidence, les médias ne sélectionnent que les informations qui permettent de diaboliser Israël et, par conséquent, de le délégitimer.
Et la grève de la faim qui met en danger la vie de détenus ou la mort d’un prisonnier palestinien apporte de l’eau au moulin de tous les ennemis d’Israël.
Pourquoi les Palestiniens ont-ils entamé une grève de la faim ?
Le nombre total de personnes emprisonnées pour des raisons de sécurité s’élève à 4 500, dont six femmes, 160 mineurs et 309 personnes détenues pour des raisons administratives.
Et on nous parle de cette grève des prisonniers palestiniens comme de la dernière arme dont ils disposent pour améliorer leurs conditions de détention. Mais ce n’est rien de moins qu’un odieux moyen de chantage pour obtenir de l’État juif ni plus ni moins que leur libération.
Et les médias ne l’ignorent pas. La vérité, c’est que les connotations très négatives du mot chantage sont nocives à la cause palestinienne ; il faut donc bannir ce terme.
Mais alors même que la plupart des pays européens refusent de céder au chantage, l’Union européenne fait pression sur Israël pour qu’il satisfasse les demandes des détenus.
Pourtant, si l’on compare les conditions de détention des détenus palestiniens en Israël à celles qui prévalent dans les prisons des États arabes, voire à celles des Etats-Unis ou de la Russie, on peut dire, comme l’a dit Adam Ozkose, un journaliste turc, qui a été emprisonné en Israël et en Syrie, que « les prisons israéliennes sont des hôtels 5 étoiles ».
Mais la grève de la faim, c’est l’odieux moyen auquel les détenus ont appris à recourir depuis que le gouvernement israélien a cédé.
Car ce n’est pas la première fois qu’ils y ont eu recours. Déjà, en 2004, ce moyen leur a permis de protester contre les conditions de détention (Que voulez-vous, les prisons israéliennes ne sont pas le Club med !), et d’obtenir satisfaction. Certaines de leurs demandes semblaient émaner de touristes ayant payé pour un tout-inclus (des sièges plus confortables dans les bus ; un nombre plus élevé de chaînes télévisées par câble ; un ordinateur par cellule…).
Alors, pourquoi ne pas récidiver ? C’est grâce à la grève de la faim qu’il avait observée en 2012 pendant 93 jours que le footballeur Mahmoud Sarsak a réussi à mobiliser l’opinion internationale et à être libéré.
Et le 17 avril 2012, 4700 prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ont entamé une grève de la faim. Au bout d’un mois, sous la pression de la communauté internationale, les autorités israéliennes se sont engagées à satisfaire certaines des revendications des détenus, et non des moindres puisqu’ils ont obtenu entre autres
– la libération des détenus administratifs en grève de la faim dont la vie était alors en danger ;
– la fin de l’isolement ;
– la visite des familles venues de la Bande de Gaza alors que, depuis 2007, les autorités israéliennes leur avaient interdit le droit de visite pour des motifs de sécurité, sans pour autant mettre fin aux visites de la Croix-Rouge qui se sont toujours poursuivies.
Alors, aujourd’hui, avec cette nouvelle grève, que revendiquent-ils ?
Il serait sans doute utile de commencer par un rappel des droits dont jouissent les détenus : aux trois repas par jour, aux soins médicaux et dentaires, à l’accès à une bibliothèque, au droit d’écrire des lettres et d’en recevoir et à celui de rencontrer un avocat, vient s’ajouter pour les terroristes du Hamas qui ont la chance d’être emprisonnés en Israël le droit de disposer dans leur cellule
– d’une radio, d’un MP3, d’un poste de télévision dans différentes langues ;
– de magazines de leur choix ;
– d’internet haute vitesse, etc.
–
Et c’est sans parler de tout ce que les médias préfèrent taire :
1. L’accès aux téléphones portables et à un grand nombre de gadgets grâce au marché noir sur lequel l’administration pénitentiaire préfère fermer les yeux.
2. Le salaire versé à certains détenus : Aussi surprenant que cela puisse paraître, ils sont 4000 à recevoir un salaire. Une information que les médias connaissent, mais qu’ils préfèrent taire. Pourquoi ce salaire ? Pour avoir travaillé, appris un métier, … ? Non, point du tout ! C’est le gouvernement palestinien qui les récompense pour des actes de terrorisme au cours desquels ils ont risqué leur vie et qui leur ont valu des peines de plus de 5 ans d’emprisonnement. Et ces sommes qui s’élèvent à 100 millions de dollars par an sont prélevées à même l’aide européenne aux Palestiniens !
3. Le droit de fêter certains événements : Ainsi, grâce au site Hakol Hayehudi (la Voix juive), on a pu voir un clip vidéo montrant des terroristes palestiniens emprisonnés en Israël en train de célébrer les fiançailles de l’un d’entre eux condamné à trois peines de prison à vie pour le meurtre de trois Israéliens. L’Autorité palestinienne a réagi violemment : « Les gens qui regardent la vidéo peuvent tomber sous l’impression que la vie en Israël prison est facile, que tout ce qu’ils font tout le temps, ce ne sont que des fêtes et des festins ». Disons que cette vidéo apporte la preuve que la meilleure arme contre la calomnie est bien la vérité. Et la vérité, on le comprend aisément, est insoutenable pour les Palestiniens. Elle détruit leurs dires et les présentent donc comme des menteurs.
Et aujourd’hui, avec cette nouvelle grève qui peut nous sembler injustifiée, ils veulent obtenir
– La levée des restrictions imposées aux visites des proches, en d’autres termes disons qu’ils réclament la libre circulation de leurs proches venus de Gaza pour leur rendre visite ;
– L’accès à l’enseignement supérieur : À ce propos, il faut rappeler qu’en décembre 2012, la Haute Cour de justice israélienne a jugé que « le droit des pri¬son¬niers à recevoir une éducation aca¬dé¬mique n’est pas garanti par la loi, en par¬ti¬culier dans le système judi¬ciaire consti¬tu-tionnel, par consé¬quent priver les pri¬son¬niers pales¬ti¬niens de ce droit ne constitue pas une dis¬cri¬mi¬nation illégale ».
– La fin de la détention administrative C’est là en réalité là leur principale revendication.
La détention administrative est la détention sans jugement C’est « une mesure de contrôle exceptionnelle qui peut être prise pour des raisons de sécurité dans le cadre d’un conflit armé, ou dans le but de protéger la sécurité de l’Etat ou l’ordre public dans des situations non conflictuelles, à condition que les critères requis soient remplis ».
La loi israélienne sur la détention administrative permet, pour des raisons de sécurité, de détenir tout Palestinien sans qu’il soit inculpé, durant une période pouvant aller de deux à six mois. Si besoin est, cette mesure sera renouvelée.
Or, beaucoup de prisonniers, après avoir purgé leur peine, ont été libérés. Mais ils ont été arrêtés de nouveau et maintenus en détention administrative pour n’avoir pas respecté certaines conditions.
Or cette pratique, à laquelle le gouvernement israélien n’a recours que dans le cas d’individus qui présentent un danger certain pour la sécurité du pays, existe un peu partout dans le monde, incluant les pays dits démocratiques.
Ainsi, la Loi Patriot, promulguée aux États-Unis après les attentats du 11septembre 2001 autorise la détention administrative pendant 6 mois, voire pour une durée illimitée, de tout individu soupçonné d’avoir commis des actes de terrorisme.
Quant aux prisonniers politiques dans le monde, ils sont si nombreux qu’Amnesty International n’est même pas capable de chiffrer leur nombre. Et il ne s’agit pas, comme en Israël, de terroristes !
Aurait-on oublié que le 29 août 2012, la Haute Cour de justice de l’Ukraine a condamné à 7 ans de prison Ioulia Timochenko, opposante à l’actuel président ukrainien Viktor Ianoukovitch ? Les médias, évidemment, ont préféré passer sous silence cet événement. Et son état de santé se détériore de jour en jour sans que nul ne s’en émeuve.
Si cette malheureuse Ioulia avait été emprisonnée en Israël pour les mêmes raisons – ce qui ne se serait jamais produit- le monde entier se serait ligué contre l’État juif et elle aurait été libérée.
Mais Ioulia Timochenko, hélas, n’est pas une palestinienne détenue en Israël.
Et les médias n’abordent jamais non plus le problème des détentions arbitraires et de la torture auxquelles ont recours l’Autorité palestinienne contre les membres du Hamas, et inversement le Hamas contre les membres du Fatah.
Pour éradiquer les opposants au régime, de nombreux pays n’hésitent pas à recourir non seulement à la détention administrative, mais aussi aux arrestations et aux exécutions, et ce sans que les médias n’en parlent. D’ailleurs, dans les dictatures, on opte pour l’exécution immédiate de préférence à la détention administrative. Ainsi, toute personne qui présente un danger pour le régime, aussi minime soit-il, doit être éliminée.
Et dans de nombreux pays, même les immigrants clandestins sont soumis à une détention administrative. Alors, pourquoi Israël ne recourrait-il pas à ce moyen quand il s’agit de terroristes ? Pourquoi les organisations dites humanitaires et la communauté internationale n’ont-elles les yeux rivés que sur Israël ? Pourquoi faut-il que l’indignation soit toujours sélective ? Pourquoi les médias réagissent-ils si promptement quand il s’agit de l’État juif ? Ainsi, le 6 juin 2012, Le Nouvel Observateur titrait : « Amnesty appelle Israël à mettre fin à la détention administrative de Palestiniens »
Parce que c’est un État juif ? Il semble bien, hélas, que ce soit la seule raison.
Tout comme il semble bien que toutes les revendications des détenus puissent se résumer en une seule : la fin de la détention administrative, donc leur libération afin qu’ils puissent grossir le flot des terroristes.
Pendant que de leur côté les Arabes israéliens attirent l’attention de la communauté internationale sur leur sort dans le but de convaincre l’opinion publique qu’Israël est un État d’apartheid, les terroristes dans les prisons usent du même stratagème : ils crient qu’en Israël il n’y a pas de justice, donc que l’État juif est bien un État d’apartheid, et qui dit apartheid dit État colonialiste, donc à éradiquer.
« Si je meurs, c’est une victoire, si nous sommes libérés, c’est une victoire, parce que de toute façon j’aurais refusé de me rendre à l’occupation israélienne, sa tyrannie et son arrogance », écrivait un prisonnier, Samer Issawi.
Conclusion
Comment la France et la communauté internationale réagiraient-elles alors si Israël, à l’exemple de la Grande-Bretagne, décidait pour « des raisons de sécurité nationale » de retirer la citoyenneté à tout Arabe suspecté d’avoir des liens avec des organisations terroristes ? C’est grâce à une enquête du Bureau d’investigation journalistique pour The Independent que Le Monde du 28 février dernier nous apprenait que « Depuis 2002 le ministre de l’Intérieur britannique est en mesure de retirer le passeport de n’importe quel ressortissant du pays détenteur d’une double nationalité, sur la simple base d’un acte « sérieusement préjudiciable ».
Qui plus est, il semble bien – toujours selon le Bureau d’investigation journalistique pour The Independent- que deux des seize ressortissants déchus de leur citoyenneté seraient morts à la suite d’attaques des drones américains. Mais comme il ne s’agit pas de Palestiniens détenus en Israël, les médias ne se sont guère intéressés à leur sort.
Il est plus que probable que le procès d’Israël ne finira jamais. C’est à se demander si on ne s’inspire pas des méthodes propres aux prisons communistes pour que l’État juif finisse par se sentir coupable.
Car l’important, pour ceux qui accusent l’État juif, c’est de le culpabiliser, de lui faire savoir qu’il est sans cesse en liberté surveillée.
Absout, il ne le sera jamais. Israël, c’est Joseph K, le héros du Procès de Kafka. Comme lui, Israël tente sans cesse de se défendre, de justifier chacun de ses actes. Comme lui, quoi que fasse l’État juif, il ne réussit pas et ne réussira jamais à défendre sa cause.
Or Israël est un État souverain et, en tant qu’entité souveraine, il ne doit agir que selon sa propre volonté dans certains domaines parmi lesquels figurent la sécurité intérieure et extérieure, la justice et les finances.
Par conséquent, il est primordial qu’Israël élimine totalement toute idée de culpabilité, qu’il cesse de faire sans cesse son mea culpa et de justifier chacun de ses actes. Israël se doit d’assurer la sécurité de ses citoyens, quel que soit le prix à payer, et il n’a d’ordre à recevoir d’aucune autre autorité.
Dora Marrache
Chroniqueuse, Radio-Shalom (Montréal)
![]() |
![]() |






































