Chef des Opérations spéciales, il fut chargé d’éliminer les assassins des sportifs israéliens des JO de Munich.

« Moshé Mike Harari Agent mythique du Mossad »
Ynet/Ilan Spira
Moshé Mike Harari, le commandant mythique du département des Opérations spéciales du Mossad, les services secrets israéliens, est décédé dimanche à Tel Aviv, à l’âge de 87 ans.
Mike Harari avait créé l’unité « Kidon » (baïonnette en hébreu), le service « action » de la Direction des Opérations spéciales appelé « Césarée ». Des dizaines de films hollywoodiens, de nombreux livres et des programmes de télévision se sont inspirés du personnage de Mike Harari.
Harari est né en 1927 dans le quartier de Neve Tsedek de Tel Aviv. Issu d’une famille modeste, il s’engage à l’âge de 16 ans dans le Palmah, l’unité d’élite de la Haganah (ancêtre de Tsahal, l’armée israélienne).
Lors d’une interview accordée à Ronen Bergmann pour le journal Yediot Aharonot, il a raconté avoir participé à de nombreuses opérations contre les milices arabes qui s’attaquaient aux habitants juifs du temps du Mandat britannique.

Il fut d’ailleurs arrêté à trois reprises par les Britanniques. Au cours de ces incarcérations, il en profita pour mettre au point des méthodes d’actions qui l’ont accompagnées durant toute sa carrière: surveillance et observation des cibles.
Il fut remarqué par le commandant du Palmah, Yigal Alon, du fait qu’il parlait 5 langues, raison pour laquelle il fut envoyé en Europe pour le compte du Mossad afin de s’occuper de l’ « Aliyah Bet » (nom de code de l’immigration clandestine des Juifs en Palestine mandataire de 1938 à 1948, en violation des quotas britanniques du Livre Blanc). Il fut intégré dans l’unité de liaison « Gideonim » chargée d’organiser l’immigration clandestine des Juifs d’Europe vers la Palestine mandataire.
Après la création de l’Etat d’Israël, Harari continue de servir au sein de l’armée israélienne à différents postes dans l’unité des Renseignements militaires. Il quitte rapidement Tsahal pour être intégré dans le Shin Bet, les services de Renseignements intérieurs dirigés à l’époque par Isser Harel. Il devient le responsable des services de sécurité de l’aéroport international de Lod (qui s’appelle aujourd’hui l’aéroport Ben Gourion), puis devient en 1952 le responsable des services de sécurité du ministère des Affaires étrangères. Il se fait remarquer en découvrant des instruments d’écoute installés par des services de pays communistes d’Europe de l’Est dans plusieurs ambassades israéliennes, en particulier à Budapest. En 1954, Isser Harel le fait entrer au Mossad. Il rejoint le département d’activation de réseaux d’agents et est envoyé à ce titre comme chef de ce service à Paris.
En 1965, Mike Harari passe au Département des Opérations spéciales « Césarée ». Cinq ans plus tard, il est nommé directeur de ce département ultra-secret et resta à sa tête durant une dizaine d’années.
Harari fixe alors des objectifs: collecte de renseignements en vue d’opérations de sabotages et d’éliminations. De nombreuses opérations sont alors menées dans des pays arabes.

« Former Mossad agent Mike Harari »
Ilan Sifra/Courtesy Ynet
Après l’assassinat des sportifs israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972, le Premier ministre de l’époque Golda Meïr ordonne à Harari de mettre au point des opérations d’élimination de grande envergure en Europe avec pour noms de code « la colère de Dieu » ou « épée de Gidéon ».
Le premier éliminé est le représentant du Fatah à Rome dans le salon de son appartement. En moins d’un an, « Césarée », sous le commandement de Mike Harari, élimine 14 terroristes palestiniens. Après la fameuse bavure de Lilehammer en Norvège au cours de laquelle un innocent serveur de café marocain est tué par méprise, l’opération prend fin.
En avril 1973, Harari participe à l’opération « Printemps de Jouvence » au cours de laquelle ses agents et d’autres commandos spéciaux éliminent 3 responsables du Fatah à Beyrouth au Liban.
En 1980, Harari quitte le service pour passer dans le secteur privé à la tête d’une grande société d’assurances. Il fut également conseiller de Manuel Noriega, le président panaméen détenu par la suite aux Etats-Unis pour trafic de drogue et blanchiment.
En 2007, Mike Harari est appelé par le chef du Mossad de l’époque, Meïr Dagan, pour une opération spéciale secrète pour laquelle il fut ensuite décoré.









































