Chers Amis,
Rosh Hodesh Sivan est là et ce jeudi soir, nous entrerons dans cette merveilleuse fête de shavouoth qui ne dure qu’un seul jour en Israël et deux partout ailleurs….
Chaque année nous évoquons le fait que chacun possède ses propres coutumes pour les repas soit halavi soit bassari le principal est de se réjouir et de réaffirmer notre attachement à HaShem et à la Torah HaKedosha (sainte)…
à un article sur shavouoth est jointe la parasha de Nasso….
Hag Saméah et bonne semaine et shabbath shalom,
excusez ma faute de frappe pour la date 😉  Dr Caroline Elisheva Rebouh PhD.

Chavouot: Meguilat Ruth et ses enseignements (vidéo)

L’héroïne de la fête de Chavouoth, est Ruth la Moabite. Ruth était une personne d’une essence très élevée : son nom en hébreu s’écrit : רות d’une valeur numérique de 606. N’étant pas juive de naissance, elle devait donc s’attacher aux 7 mitsvoth noahides ; et c’est ainsi que, l’on apprend qu’elle était une tsadéket , car elle appliquait les 613 mitsvoth de la Torah (606+7=613).

La Torah stipule de ne pas avoir de rapports d’aucune sorte avec le Moabite, mais pas avec LA Moabite,  c’est la raison pour laquelle, de par sa conduite exemplaire et de par sa volonté de s’intégrer au peuple juif, elle a eu la possibilité de donner naissance à des Juifs, puisque leur père Boaz était juif, et qu’à cette époque la filiation était patrilinéaire. De toute façon, d’après certains commentateurs, Ruth et Orpa avaient des destinées différentes, et pour Orpa moins glorieuse que pour sa sœur Ruth dotée de sentiments humanitaires d’un plus haut niveau.
Le premier mot hébraïque du livre de Ruth la Moabite nous annonce une tragédie, et les quatre chapitres composant le livre de Ruth vont, littéralement, par des allusions, relever des enseignements importants, tant pour la vie sociale, que sur le plan moral.
Le récit débute ainsi …. L’action se situe au moment où on jugeait les Juges – période de décadence- pendant laquelle les Juges n’avaient pas d’autorité ni une bonne presse, ainsi qu’il est écrit au début de la meguilat Ruth : ויהי בימי שפוט השופטים.
Il y eut une période de famine sévère. Afin de préserver sa famille de cette famine, Elimelekh décide de fuir de Beith Léhem en Judée, pour se réfugier dans les plaines de Moab. Les prénoms des membres de cette famille sont significatifs puisque Elimelekh signifie que « mon D. est Roi », Naomi, l’épouse, s’appelle « Douceur », les deux fils se nomment Mahlon et Khilion ce qui signifie respectueusement : « maladif, et chétif » …
Peu de temps après, Elimelekh meurt, suivi d’assez près par ses deux fils, qui, entretemps avaient épousé des Moabiot. Le nom de l’une d’elles présage aussi de l’avenir : Orpa, nom qui vient du mot « oref », ou nuque ; ce qui signifie qu’elle va partir, et tourner le dos à Naomi sa belle-mère, alors que Ruth, fait serment d’attachement et de fidélité à celle-ci.
La première question qui se pose, est de savoir pourquoi, (comme le montre la généalogie de Ruth: le Roi David est issu d’une Moabite, et le Roi Messie sera également un descendant de la Moabite) ? Parce qu’il est écrit qu’UN Moabite ne pourrait rentrer dans le Kahal de D., mais pas UNE Moabite…
Donc, rien n’est étonnant sur ce plan : les enfants issus d’une union d’un Juif avec une Moabite ou une Ammonite, ne seront pas considérés comme Mamzérim (bâtard, dans la terminologie française, mais qui signifie littéralement porteur d’un défaut, étranger).
Se pose la question de savoir pourquoi, si peu de temps après avoir organisé le repli de sa famille dans les plaines de Moav, Elimelekh décède…
Le commentaire de Torah Temima explique, qu’en se désolidarisant du peuple dans une période aussi troublée qu’une famine, Elimelekh a pris une décision révélatrice de sa désolidarisation. On pourrait alors se poser une autre question : il y a eu d’autres famines dans la Bible, notamment celle où Jacob envoya ses fils en Egypte… La différence entre ces deux situations, est que Jacob a envoyé ses fils en Egypte, non pas pour aller vivre en Egypte, MAIS pour acheter du blé, et continuer à vivre là où ils vivaient déjà avec les autres voisins.
Valeurs morales se trouvant énoncées dans la méguilah de Ruth :
Orpa se rend au raisonnement de sa belle-mère, et s’en retourne chez ses parents, tourne le dos à Naomi et au judaïsme. Elle montre sa nuque en repartant : Orpa. Elle se désolidarise elle aussi, et ne montre aucun attachement à cette famille qui l’avait adoptée, et avec laquelle elle aurait continué à vivre si tout s’était bien déroulé. Par contre, Ruth montre son adhésion totale au judaïsme et à sa famille : « ne me contrains pas à partir loin de toi, car là où tu iras, j’irai ; et là où tu dormiras, je dormirai, et ton D sera le mien. Où tu seras enterrée, sera le lieu de ma sépulture ». Soumission totale au judaïsme et au respect des parents, bien qu’il ne s’agisse ici que de la belle-mère…

Mitsva du Yiboum (lévirat) : chapitre. I verset 11 :
Naomi leur dit : retournez chez vous mes filles, pourquoi viendriez- vous avec moi ? Aurai-je encore des fils dans mes entrailles que vous pourriez épouser ? …

Lorsqu’un homme meurt sans laisser de descendance, le ou l’un des frères restants, même s’ils sont mariés, doivent donner une descendance posthume au frère, défunt (il y a aussi la possibilité de renoncer à cet acte par une autre mitsva qui est celle du déchaussement) ; et si ce n’est un frère, on recherche le parent le plus proche pour accomplir cette mitsva. Par ces paroles et celles des versets suivants dans lesquels Naomi va encore plus loin, en envisageant que même si elle avait eu la possibilité encore d’appartenir à un homme et de retomber enceinte à nouveau et d’élever de Boaz, encore une raison pour que les deux moabites restent avec Naomi, mais en l’état présent, il n’y a aucune possibilité de pratiquer cette mitsva…
Un intérêt réside en la mitsva : celui de pouvoir restituer à la veuve, et ensuite au descendant putatif du défunt, les terrains qu’il avait en sa possession à son décès ; faute de quoi ces biens tombent dans les biens publics.
Dans ce cas précis…Noémie, qui était riche au temps où son mari vivait. A la mort de celui-ci et de ses deux fils, les biens furent annexés à la communauté ; d’où son opiniâtreté à vouloir donner une descendance posthume à son fils, de manière à pouvoir récupérer les terrains de la famille si durement éprouvée.
Cependant, plus loin dans le texte, cette mitsva prendra sa pleine expression, lorsqu’au chapitre II, se dessine un espoir de pratiquer cette mitsva, quand Naomi apprend qu’un parent de son défunt mari habite dans la région ; et il se prénomme Boaz (bo = en lui, oz, force).
C’est ainsi, que par la suite, Ruth, dont la réputation de femme vertueuse devance ses pas, attire l’attention de Boaz ; et la mitsva du lévirat se réalisera, récompensant l’attitude de Ruth, ainsi que la vertu de Naomi …
Mitsvoth ayant trait aux pauvres, aux étrangers, aux veuves et aux orphelins dans le domaine agricole :
Le glanage (leket לקט) : les personnes appartenant aux catégories ci-dessus, ont le droit de pratiquer le glanage, ce qui signifie que lorsque les travailleurs laissent tomber des épis de céréales derrière eux, ces épis peuvent être récupérés par les pauvres etc…
Le coin (פיאה-péa) : un coin des champs doit être obligatoirement laissé à la disposition des indigents énumérés ci-dessus… de même, en cueillant les fruits d’un arbre, on en laisse une partie à la discrétion de l’indigent.
L’oubli (shikheha שיכחה) : les gerbes laissées et oubliées, le sont également au profit des nécessiteux.
Ruth la Moabite a donc profité de ces dispositions prescrites dans la Torah pour vivre avec Naomi…
Les différents mérites composant la personnalité de Ruth lui auront permis d’être la génitrice d’une lignée de prestige, puisqu’elle fut l’aïeule du Roi David, et donc de Salomon, puis, à la fin des temps, du Roi Messie.
L’histoire de Ruth, tout comme celle d’Esther, est présentée sur un rouleau de parchemin écrit à la main par un sofer ou scribe.

Dans le Tanakh, on compte cinq meguiloth :
MEGUILATH ESTHER (le mot meguilah vient du mot glil = rouleau ou liglol = enrouler)
MEGUILATH RUTH
SHIR HASHIRIM (Cantique des Cantiques)
KOHELETH (L’Ecclésiaste)
EIKHAH (Les Lamentations).

Caroline Elishéva REBOUH ד »ר קרולין אלישבע רבוה בן אבו Etudes Juives

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