Le ministre français des affaires étrangères Alain Juppé a assuré lundi qu’il restait « une chance » à la France d’organiser une conférence de paix sur le Proche-Orient avant septembre, après son entretien avec la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton.
La réponse de Mme Clinton en forme de « wait and see » (attendre et voir) « est déjà pour moi une ouverture très importante », a affirmé au cours d’une conférence de presse le chef de la diplomatie française ajoutant qu' »il restait une chance ».
« Aller à l’assemblée générale de l’ONU sans rien faire n’est pas une bonne chose. Les Palestiniens ont exprimé formellement leur accord. Les Israéliens continuent à dire qu’ils examinent la question et avec Mme Clinton nous avons décidé de continuer à travailler la question », a déclaré le ministre en visite à Washington et à New York.
A la question de savoir quelle était la probabilité que la conférence israélo-palestinienne voie le jour avant l’Assemblée Générale de l’ONU, M. Juppé a répondu: « cela dépend des jours. Aujourd’hui c’est une chance sur dix, mais même cela, il faut le saisir ».
Les Américains paraissent « sceptiques sur le principe d’une conférence parce qu’ils ont beaucoup essuyé de plâtres dans le domaine (…). Ils n’ont pas envie de s’engager dans un processus qui pourrait ne pas réussir », a-t-il expliqué.
« Il y a un point de désaccord avec les Israéliens –et peut-être avec les Américains: c’est l’interprétation que nous donnons à la réconciliation inter-palestinienne », a-t-il poursuivi. « Nous considérons qu’il ne faut pas fermer la porte (…) Nous pensons qu’il faut favoriser tout ce qui peut faire évoluer le Hamas ».
« Les Israéliens ne peuvent pas ne pas tenir compte de ce qui se passe autour d’eux », a ajouté M. Juppé évoquant « une immense frustration dans la région ».
« Je ne suis pas sûr qu’il y ait un avenir à long terme pour Israël dans cette espèce de fuite en avant sécuritaire. C’est peut-être très bon à très court terme pour les prochaines élections israéliennes mais je ne suis pas sûr que ce soit bon pour l’avenir de ce pays », a -t-il ajouté.
Evoquant ses entretiens avec l’administration Obama mais aussi avec le premier ministre israélien la semaine dernière, M. Juppé a raconté : « comme je leur ai dit : vous n’avez aucun risque dans tout cela. Si ça marche, ce sera le succès d’Obama et si ça rate, ce sera l’échec de la France ! »
Il a assuré que ses interlocuteurs avaient « beaucoup ri »: « j’ai interprété ce rire comme un rire d’approbation ».
WASHINGTON, 6 juin 2011 (AFP)
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