Un militaire respecté, une femme (voire deux) très ambitieuse, les services secrets et une possible atteinte à la sécurité nationale : la relation entre David Petraeus et Paula Broadwell a tous les ingrédients américains de l’affaire d’Etat. LE CASTING

Un héros de la guerre d’Irak devenu patron des espions.

Général le plus médiatique de l’armée américaine, commandant de la mythique 101e division aéroportée lors de la guerre d’Irak en 2003, David Petraeus est notamment considéré comme l’artisan de la stratégie gagnante dans le pays à partir de 2007. A la tête de la coalition, il avait alors préconisé de renforcer les effectifs (« the surge ») tout en impliquant les responsables provinciaux irakiens dans la lutte contre Al-Qaïda.

Dans la même optique, Barack Obama, avec qui les relations étaient parfois tendues, l’avait propulsé en 2010 à la tête des forces internationales en Afghanistan pour combattre les talibans. Sur ce point, son bilan est plus mitigé. En juin 2011, David Petraeus, à qui les observateurs prêtaient des ambitions politiques, a pris la tête de la CIA. Son expérience de la lutte contre Al-Qaïda était en effet perçue comme un atout pour une agence de renseignement essentiellement chargée aujourd’hui de lutter contre le terrorisme.

C’est dire si la relation extraconjugale de David Petraeus avec Paula Broadwell a fait tomber le mythe, surtout dans un pays puritain où les valeurs morales sont autant importantes que la qualité du travail effectué. L’assassinat de l’ambassadeur américain en Libye en septembre dernier avait cependant déjà écorné les dysfonctionnements de la CIA, et donc les erreurs de David Petraeus.

Une femme ambitieuse

Agée de 40 ans, Paula Broadwell, celle par qui le scandale est arrivé, est souvent décrite comme brillante, élégante, sûre d’elle et surtout ambitieuse. En 2006, alors étudiante à Harvard, elle n’avait pas hésité à aborder David Petraeus, venu donner une conférence. En 2008, elle décide d’écrire la biographie du général. Elle le suivra officiellement dans de nombreux déplacements, au point de vivre pendant un an en Afghanistan, où il est alors affecté. Leur liaison aurait commencé après le départ du général de l’armée et au plus tard deux mois après sa prise de poste à la CIA en juin 2011. Elle se serait terminée il y a quatre mois.

Une seconde femme

Agée de 37 ans, Jill Kelley, agent de liaison sociale » avec une base aérienne en Floride, connaissait David Petraeus depuis longtemps. Les dates de leur liaison ne sont pas encore établies avec certitude.

LE SCENARIO

Une bataille de femmes

Paula Broadwell et Jill Kelley étaient « en concurrence » pour David Petraeus. C’est du moins ce que laisse penser des e-mails anonymes envoyés par la première à la seconde : « Je sais ce que tu as fait, va-t-en, éloigne-toi de mon mec », aurait notamment écrit Paula Broadwell, selon le New York Post.

Une découverte fortuite

La « love affair » entre le général et Paula Broadwell a été découverte par hasard après que Jill Kelley, s’estimant menacée par les e-mails de sa concurrente anonyme, a demandé à un agent du FBI, ami personnel, d’enquêter et d’être protégée. Petit à petit, malgré l’anonymat de ces courriels, l’enquête est remontée jusqu’à David Petraeus. Selon des responsables policiers cités par le Washington Post, il aurait été interrogé par la police fédérale « il y a deux semaines » pour savoir s’il était au courant de l’attitude de Paula Broadwell et si la sécurité nationale, étant donné sa fonction, aurait pu être remise en question par leur liaison.

DES IMPLICATIONS POLITIQUES

Une atteinte à la sécurité nationale ?

David Petraeus a-t-il donc pu faire des « confidences sur l’oreiller » ou bien se faire subtiliser des documents par Paula Broadwell (la remarque est la même pour son autre maîtresse) ? Celle-ci aurait-t-elle pu être manipulée par un service étranger ? Officiellement, la réponse est non, selon la présidente de la commission du renseignement du Sénat américain, la démocrate Dianne Feinstein.

Une chronologie qui pose question

Le « timing » de la révélation de l’affaire avec l’élection présidentielle, soulève des interrogations. Le FBI a commencé à enquêter sur les e-mails pendant l’été avant de remonter assez vite à Petraeus. Mais, étant donné l’aspect sensible du dossier, ses responsables, ainsi que ceux du ministère de la Justice, prévenus à la « fin de l’été » selon le New York Times, n’en ont informé personne -pas même la commission du renseignement du Sénat- jusqu’à la semaine dernière. L’administration a-t-elle alors attendu de révéler l’affaire après la bataille entre Barack Obama et Mitt Romney ? Juste avant le scrutin, un scandale impliquant de fait la sécurité nationale aurait en effet pu faire mauvais effet pour le président sortant.

Le New York Times explique en fait que le FBI n’aurait « bouclé » le dossier concluant à la non-implication du général qu’à 17h le mardi 6 novembre, le jour de l’élection ! Mais, entre-temps, l’agent du FBI qui a débuté l’enquête avait prévenu Eric Cantor, le leader des républicains à la Chambre des représentants. Celui-ci a alors appelé le patron du FBI le 31 octobre. Ce coup de fil est-il à l’origine de l’accélération de la révélation de l’affaire ?

LA THEORIE DU COMPLOT

Une audition menacée

David Petraeus devait être entendu jeudi par la commission du renseignement du Sénat sur la mort de l’ambassadeur américain en Libye, tué le 11 septembre dernier lors de l’attaque du consulat de Benghazi. L’enquête a pour l’instant montré les dysfonctionnements de la CIA mais aussi ceux de l’administration Obama. Sa démission pourrait lui éviter d’être interrogé puisque c’est son remplaçant par intérim, Mike Morrell, qui doit se présenter devant les parlementaires.

D’où le lien rapidement établi par les « conspirationnistes » entre Benghazi et le scandale sexuel. Pour désamorcer la polémique, Dianne Feinstein indique cependant que malgré sa démission, David Petraeus pourrait devoir se déplacer. Son audition est réclamée par le parti républicain.

par Fabrice Aubert – TF1 NEWS Article original

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La cause de la démission du chef de la CIA peine à convaincre

Officier brillant et jouissant d’une grande popularité aux Etats-Unis pour son action en Irak, le général David Petraeus annonçait, le 9 novembre, sa démission de la CIA, qu’il dirigeait depuis un peu plus d’un an, en raison d’une liaison extra-conjugale.

Mais est-ce là la vraie cause de ce départ dont l’annonce est venue trois jours après la réélection de Barack Obama à la Maison Blanche alors que le général Petraeus aurait été sollicité par Mitt Romney, le candidat républicain vaincu, pour éventuellement devenir son vice-président?

Membre de la majorité démocrate au Sénat et présidente de la Commission du renseignement, Dianne Feinstein a estimé, au lendemain de l’annonce du général Petraeus, qu’une “erreur n’aurait pas dû avoir mené à son départ.” Et même d’ajouter : “J’aurais préféré que le Président Obama refuse sa démission. Je voulais qu’il continue. Il était bon, il aimait son travail et a une maîtrise des questions de renseignement sans équivalent.”

En tout cas, l’histoire qui est à la base de cette affaire tient du vaudeville. Tout a commencé quand une certaine Paula Broadwell, la maîtresse du général Petraeus, qui est aussi sa biographe, a envoyé des courriels incendiaires à une autre femme, une employée de la base aérienne de Tampa en Floride, qu’elle voyait comme une rivale potentielle. Cette dernière est entré en relation avec le FBI pour faire cesser ce harcèlement.

C’est en analysant les courriels envoyés par Paula Broadwell que les agents fédéraux ont été mis au courant de la liaison qu’elle entretrenait avec la général Petraeus. Et comme elle semblait avoir accès au compte Gmail de ce dernier, ils se sont inquiétés d’une possible atteinte à la sécurité nationale. Finalement, l’enquête, commencée au printemps dernier, a conclu à l’absence de danger de ce côté là.

Cependant, plusieurs questions restent en suspens. Pourquoi le général Petraeus a cru bon de devoir démissionner en novembre alors que sa relation avec Paula Broadwell – qui a pris fin cet été – était manifestement connu étant donné qu’elle faisait même jaser à Washington, y compris entre les murs de la CIA?

Autre interrogation : comment se fait-il que le président Obama n’ait pas été tenu au courant d’une enquête fédérale concernant le chef de la pricipale agence de renseignement du pays? Le directeur du FBI, Robert Mueller, aurait-il perdu le numéro de téléphone de la Maison Blanche? Or, pour lancer ses investigations, le Bureau a obligatoirement dû obtenir le feu vert du procureur général, Eric Holder, lequel dirige le département de la Justice…

Cela dit, la commission du renseignement, au Sénat, n’a pas été informée non plus, alors qu’elle aurait dû l’être. Sa présidente a annoncé l’ouverture d’une enquête pour en déterminer les raisons.

Quoi qu’il en soit, la démission du général Petraeus a été acceptée alors qu’il devait être auditionné au Congrès au sujet de l’affaire de l’attaque du consulat américain de Benghazi, le 11 septembre dernier. L’ambassadeur des Etats-Unis en Libye y avait perdu la vie, de même que trois de ses compatriotes. Du coup, l’administration Obama a indiqué qu’il n’est plus question de faire témoigner le désormais ancien patron de la CIA.

Or, depuis le début, la Maison Blanche, et plus généralement les responsables américains en exercice, ont donné des versions contradictoires de cette affaire. Après avoir nié le caractère terroriste de l’attaque, ils ont été finalement amenés à le reconnaître. Cela n’a pas eu d’incidences sur la réélection de Barack Obama. Mais tout de même, des zones d’ombres subsistent et il est difficile de faire la part du vrai et du faux dans les déclarations des uns et des autres.

Et l’audition du général Petraeus par la commission du Sénat aurait permis d’éclaircir le rôle de la CIA dans cette affaire, laquelle disposait d’une annexe à seulement quelques du consulat attaqué. La Centrale de Langley s’est récemment défendue des accusations de passivité portée contre elle. Et il est probable que son ancien patron ait eu à donner une version des faits différente de celle fournie par la Maison Blanche…

OPEX360.com Article original

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ramsesde45

Les USA sont des malades du sexisme.

Ils se disent croyant en DIEU créateur mais renient le « Cantque des cantiques » dont ils en font un livre messonger.