BUENOS AIRES, 4 juillet 2010 (AFP)
Le président syrien Bachar al-Assad a jugé que les Etats-Unis étaient trop « faibles » pour réussir un processus de paix au Proche-Orient et plaidé pour une zone sans armes nucléaires dans cette région, dans une interview publiée dimanche par le quotidien argentin Clarin.
« Quand on n’obtient pas de résultats, on est faible », a déclaré M. Assad qui a terminé samedi à Buenos Aires une tournée en Amérique latine. « Notre expérience avec les Etats-Unis est que ceux-ci ne sont pas capables de gérer un processus de paix du début à la fin. »
« Le poids politique essentiel de certains pays du nord, comme l’Europe ou les Etats-Unis, a changé » et il s’est déplacé vers « d’autres pays, du sud du monde, comme la Turquie et le Brésil », a estimé le président syrien. Il s’est référé expressément au récent accord négocié par Brasilia et Ankara avec Téhéran sur un échange d’uranium enrichi pour l’Iran.
Dans le cadre de cet accord, Téhéran a proposé le 17 mai aux grandes puissances d’échanger en territoire turc 1.200 kg de son uranium faiblement enrichi (3,5%) contre 120 kg de combustible enrichi à 20% destiné à un réacteur iranien de recherche médicale.
Les grandes puissances ont accueilli froidement cette initiative et fait voter le 9 juin au Conseil de sécurité de l’ONU de nouvelles sanctions contre l’Iran soupçonné de vouloir se doter de l’arme atomique. A la suite de ces mesures, l’Iran a gelé ses discussions sur le nucléaire avec les grandes puissances mais veut les poursuivre avec le Brésil et la Turquie sur l’échange de combustible nucléaire.
« Je crois que cette initiative brésilienne et turque est le début d’une relation de coopération sud-sud », a déclaré M. Assad au journal Clarin. A propos de la problématique nucléaire en général, il a expliqué que la position de la Syrie, pays allié de l’Iran depuis trente ans, était de « transformer le Moyen-Orient en zone sans armes nucléaires ». Si l’on déclenche une course à l’armement nucléaire dans cette région, « on ne pourra pas la contrôler », a-t-il averti. « Les choses vont aller jusqu’à la limite, c’est là le danger. Et si Israël continue à être un pays nucléaire dans le sens militaire, cette course va commencer un jour. »
Mercredi à Brasilia, M. Assad avait qualifié l’initiative turco-brésilienne d' »élément fondamental pour une solution du problème sans conflit, alors qu’Israël continue de menacer la paix régionale avec des armes nucléaires ». Vendredi, après une rencontre avec son homologue argentine Cristina Kirchner, il avait exprimé le souhait de « voir l’Argentine contribuer (…) aux initiatives brésiliennes sur le nucléaire en Iran ». La tournée d’une semaine du président syrien, qui visait à renforcer les liens de Damas avec des pays latino-américains dirigés par des gouvernements de gauche, l’avait auparavant conduit au Venezuela et à Cuba. Dimanche, il devait entamer une visite officielle de deux jours en Espagne.
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