Articles de journaux, manifestations, prises de positions contrastées ont fait à Catherine Pederzoli-Ventura, professeur d’histoire au lycée Henri-Loritz de Nancy, une publicité dont elle se serait bien passée.

Cette enseignante avait toujours été appréciée au cours d’une longue carrière où la réussite des élèves témoignait de sa qualité pédagogique.

Confrontée à de désarmantes questions de ses élèves sur le « Mais pourquoi les juifs ? », elle décida de travailler sur la transmission de la mémoire, un sujet qui s’inscrivait dans les programmes d’histoire.

Ce travail fut mené avec succès et sans poser de problème dans le cadre institutionnel, durant quinze années dont neuf dans l’établissement de Nancy.

Élèves et parents y adhérèrent avec conviction. Mais il fut brusquement remis en question lors d’un changement de direction (et donc du choix des priorités des projets pédagogiques de l’établissement).

En avril 2007, Catherine Pederzoli est inspectée par une IPR d’histoire (inspectrice pédagogique régionale, chargée d’inspecter les enseignants du second degré).

Un document officiel révèle qu’en 2009, deux ans après cette inspection, l’inspectrice interpelle M. le Recteur de Nancy.

A la demande de qui ? Dans quel but ?

Dans cette interpellation assez inhabituelle, on peut lire des accusations erronées y compris une affirmation – qui n’a rien à faire dans un tel document – sur la vie privée de Mme Pederzoli-Ventura.

À nouveau en 2010, deux IPG (inspecteurs pédagogiques généraux, qui chapeautent les inspecteurs pédagogiques régionaux d’une matière sur une académie) diligentés par la Proviseure du Lycée Henri-Loritz à la demande du Recteur de l’Académie de Nancy, rédigent un rapport adressé au Ministre de l’Education Nationale.

Cela fait beaucoup d’inspections pour une même enseignante sans problème jusque-là.

A la lumière de cette interpellation, le Recteur prend une mesure immédiate et conservatoire de quatre mois de suspension à l’encontre de Mme Pederzoli-Ventura, en attendant un Conseil de Discipline.

« En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu’il s’agisse d’un manquement à ses obligations professionnelles ou d’une infraction de droit commun ,l’auteur de cette faute peut être suspendu » Loi du 13-07-83.

Mme Pederzoli-Ventura aurait-elle mis l’Etablissement en danger ? Aurait-elle abusé de son droit d’autorité sur ses élèves ?

A la lecture du rapport dont la presse s’est emparée, on découvre que le premier reproche fait à l’enseignante est l’utilisation, à quatorze reprises, dans l’élaboration de son projet pédagogique, du terme « SHOAH ».

Terme explosif s’il en est !

Le ridicule ne tuant plus dans certaines administrations et devant le tollé ébahi de l’opinion, le Ministre demande de retirer cette accusation dudit rapport.

Mais alors de quoi Mme Pederzoli-Ventura est-elle accusée ?

Le dossier est fourni.

C’est une accumulation de témoignages anonymes, de conditionnels pris pour des assertions, d’actes que Mme Ventura est supposée avoir commis, alors que cette dernière est en mesure, pour chacun d’eux, de prouver qu’elle ne pouvait physiquement ni matériellement les avoir commis.

Si nous n’étions face au Mammouth reconnu de l’Education nationale, Mme Pederzoli-Ventura pourrait retrouver son poste et laver son honneur au prix de quelques heures d’honoraires d’avocat.

Mais le problème est diffus.

Il semble, à l’étude des différents documents qui circulent désormais librement, que Mme Pederzoli-Ventura est punie pour ce qu’elle est, bien plus que pour ce qu’elle a fait.

Aujourd’hui Catherine Pederzoli est prise dans un engrenage pédagogico-judiciaire kafkaïen.

Un recours est engagé pour excès de pouvoir par rapport à l’arrêté de suspension.

Une plainte à Paris pour diffamation contre le Syndicat UNSAA des chefs d’établissement, pour une accusation mensongère de « falsifications » est publiée dans la presse régionale.

L’ensemble des trois rapports étant diffamatoire, Mme Pederzoli envisage une procédure supplémentaire.

Il est à signaler que la situation financière de Catherine Pederzoli, mère isolée, s’est gravement dégradée et ne lui permet plus de faire face à des dépenses juridiques importantes.

Mais cette sanction injuste a aussi des répercussions sur sa vie personnelle et familiale. Privée d’une partie de ses revenus, Catherine Pederzoli a aujourd’hui du mal à faire face à certaines échéances financières.

Primo fait appel aux dons de ses lecteurs pour soutenir un combat juste mais tellement inégal qu’il mérite le qualificatif de « disproportionné ».

Au delà du cas de Catherine Pederzoli, il est important de comprendre qu’à des degrés divers, plusieurs professeurs sont quotidiennement agressés pour leur enseignement.

IUFM, collèges, lycées… certains professeurs d’Histoire ou de science sont en butte à des agressions, vexations et intimidations.

Ces agressions sont également le fait, non seulement de certains élèves mais aussi, – et c’est le plus grave – de certains syndicats du corps enseignant, avec l’accord tacite de l’encadrement.

Cette situation ne peut plus durer.

Primo, qui seul est en contact quotidien avec Madame Pederzoli, a donc décidé de porter avec elle le combat sur le plan judiciaire.

Après des semaines de préparation, Primo lance aujourd’hui un appel à vos dons pour que Catherine Pederzoli, à l’aide d’avocats, puisse pleinement retrouver son honneur, sa dignité et son poste d’enseignant en Histoire au sein de l’Éducation nationale.

L’action en justice que nous envisageons de conduire aux côtés de cette professeure injustement sanctionnée aura valeur d’exemple. Elle sera longue car elle n’épargnera aucun aspect de cette affaire.

Il est question ici de régler une fois pour toutes, la question de la légitimité de l’enseignement de la Shoah au sein de l’Éducation nationale.

Il est question ici de savoir si des personnels au service de ce Ministère peuvent s’arroger seuls le droit de détruire une carrière vertueuse.

Nos lecteurs connaissent l’engagement de Primo et son exigence de transparence.

Ainsi, les lecteurs seront régulièrement informés de l’avancée de ce dossier, dans la limite du secret de l’instruction.

Vos dons, que nous espérons massifs, serviront à payer les frais de procédure et à apporter une aide matérielle à Catherine Pederzoli.

Fini le temps de la consolation, des bonnes paroles. Le temps est venu de passer à l’action.

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Professeur d’histoire à Nancy, Catherine Pederzoli Ventura fait l’objet d’une suspension de quatre mois. Son crime ? Elle a, nous dit-on, mis trop de passion dans l’organisation de voyages de la mémoire, qui permettent aux lycéens d’étudier l’événement majeur du vingtième siècle, en visitant le camp d’Auschwitz Birkenau, et en découvrant les traces de la vie juive en Pologne et en République Tchèque.

Un rapport de l’inspection générale de l’Éducation Nationale reproche à Catherine Pederzoli Ventura de manquer d’objectivité, et d’utiliser le mot Shoah, plutôt que génocide ou même massacre. Comme si la Shoah n’était qu’une horreur parmi d’autres, comme si l’œuvre de Claude Lanzmann ne constituait pas la base de tout travail historique et pédagogique sur la destruction programmée des juifs d’Europe.

Pour justifier la sanction infligée à Catherine Pederzoli Ventura, le ministre de l’Éducation Nationale, quelque peu gêné par la copie de ses propres fonctionnaires, affirme, sans l’ombre d’une preuve, que l’ incident se serait produit en marge d’un voyage, en 2009. Or les enseignants qui encadraient le voyage, les intervenants et les élèves attestent de la qualité du travail pédagogique de Catherine Pederzoli Ventura. Le rapport formule des accusations au mépris des principes de l’état de droit, sans enquête contradictoire, et sans que soient entendus les lycéens, les enseignants, les intervenants et les parents concernés par le voyage.

En vérité, on gonfle une broutille et, comme dans Le Procès de Kafka, on cherche un délit après avoir sanctionné la prétendue coupable. On accuse Catherine Pederzoli Ventura de troubler l’ordre, parce que des lycéens, des parents et des enseignants défendent ses initiatives pédagogiques et s’opposent à la sanction injuste qui la frappe.

Au bout du compte, une enseignante se trouve suspendue, pour s’être attachée à sa mission qui est de transmettre l’histoire aux nouvelles générations de lycéens. On lui reproche de se sentir trop concernée par la Shoah. Autrement dit de réagir en raison de ses origines juives.

Nous ne pouvons accepter ni les termes du rapport de l’inspection générale, ni, surtout, la sanction inique qui frappe Catherine. Nous exigeons sa réintégration immédiate. Et nous nous engageons à la soutenir, jusqu’à sa réhabilitation totale.

1 COMMENTAIRE

  1. Si le dossier est bien tel que décrit, je ne comprendrais pas qu’un avocat français juif ou non n’apporte pas son concours gracieusement. De même je ne comprends pas que les organisation juives de France tel le CRIF ne se solidarise pas avec le combat de cet enseignante et ne lui apporte un concours financier et politique.

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