Selon le ministre de la Consommation, «on peut craindre d’autres cas» de produits censés être au boeuf mais contenant du cheval.

Des enquêtes sont en cours sur cette fraude qui remonterait à six mois.Le scandale des lasagnes à la viande de cheval ne fait probablement que commencer. «On peut craindre d’autres cas», a prévenu dimanche le ministre de la Consommation, Benoît Hamon, dans une interview au Parisien-Aujourd’hui en France.

Un nombre croissant de distributeurs retirent en effet de la vente des plats préparés censés être à base de bœuf, mais suspectés de contenir du cheval.

Ce dimanche, six enseignes de la grande distribution ont retiré de leurs rayons les plats préparés fournis par la société française Comigel.

Celle-ci approvisionne en effet non seulement Findus mais aussi plusieurs marques de distributeurs (Auchan, Casino, Carrefour, Cora, Monoprix et Picard).

Les produits fabriqués par Comigel ont été rappelé pour «non-conformité d’étiquetage quant à la nature de la viande», précise un communiqué de la Fédération du commerce et de la distribution.

Outre le Royaume-Uni, le scandale est susceptible de toucher plusieurs pays d’Europe: chargée de la préparation des plats cuisinés, Comigel commercialise ses produits dans seize pays différents.

Selon Findus, la fraude remonterait à août 2012.

Soit six mois durant lesquels du cheval est passé pour du boeuf.

Selon les autorités sanitaires britanniques, cette viande ne pose cependant pas de problème pour la santé.

Elle a quand même ordonné à Findus de vérifier qu’elle ne contient pas de phénylbutazone, un médicament pour les chevaux qui les rend impropres à la consommation humaine.

Un gain de 300.000 euros

Pour se défendre, chacun des acteurs de cette complexe chaîne commerciale plaide la tromperie: Findus a déclaré samedi qu’il porterait plainte contre X dès lundi. «Il y a deux victimes dans cette affaire: Findus et le consommateur», a plaidé Matthieu Lambeaux, directeur général France du groupe suédois.

La filiale nordique de Findus a parallèlement annoncé dimanche qu’elle porterait plainte contre Comigel et ses fournisseurs. La société française a aussitôt répliqué: elle dit «avoir été bernée» et «va demander réparation».

Quant à la société française Spanghero, qui a fourni la viande à Comigel, elle assure également qu’elle se retournera contre son propre fournisseur, un abattoir roumain; «s’il s’agit bien de viande de cheval».

«Nous verrons mercredi les premiers résultats de l’enquête. Et notamment si Spanghero savait si elle a acheté du cheval ou si elle a été trompée», précise Benoît Hamon.

Une enquête est également en cours en Roumanie. Mais les professionnels roumains se défendent, arguant que le cheval a «un goût, une couleur et une texture particulière».

«Si l’importateur n’a pas protesté à la réception de la viande en constatant qu’il s’agissait de cheval, c’est soit qu’il était complice avec le producteur roumain, soit qu’il a changé l’étiquette après», estime Dragos Frumosu, président des syndicats de l’industrie alimentaire.

La fraude semble avoir visé à rogner sur les coûts, le bœuf étant plus onéreux que le cheval.

Selon la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), cette substitution aurait rapporté autour de 300.000 euros à ces auteurs.

10-02-2013/ Le Figaro.fr Article original

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