Une journaliste égyptienne, critiquée pour son interview mardi de Gilad Shalit transféré en Egypte avant son retour en Israël après cinq ans de détention aux mains du Hamas, a affirmé que le soldat israélien n’avait subi aucune pression pour répondre à ses questions.
Chahira Amin, célèbre en Egypte pour avoir démissionné de la télévision d’Etat lors de la révolte populaire qui a renversé le président Hosni Moubarak en février, a mené mardi un entretien avec Gilad Shalit pour la télévision publique Nile Television.

« Il était fatigué, je me suis assise avec lui deux minutes et je lui ai dit: ‘je comprends que vous vouliez voir vos parents le plus vite possible et n’ayez pas envie de donner des interviews. Mais le monde entier veut savoir comment vous allez, ne nous privez pas de quelques mots' », a-t-elle raconté lors d’une émission télévisée égyptienne mardi soir.

« S’il avait refusé, nous n’aurions pas insisté », a-t-elle ajouté, précisant que l’entretien avait eu lieu dans le no man’s land du terminal frontalier de Rafah et que le soldat israélien était accompagné de membres du Hamas et d’agents du renseignement égyptien.

Le chef de la télévision publique a assuré que personne n’avait forcé Gilad Shalit à répondre aux questions de la journaliste, a rapporté mercredi le quotidien gouvernemental anglophone « The Egyptian Gazette » sur son site internet.

Un haut responsable israélien avait dénoncé mardi, sous le couvert de l’anonymat, une interview « forcée », violant « toutes les règles déontologiques élémentaires du journalisme ».

Les images de la télévision égyptienne avaient montré un jeune homme visiblement mal à l’aise, remuant sur le siège sur lequel il était installé pour une interview qui semblait l’éprouver physiquement.

Durant l’entretien, Mme Amin a pressé le traducteur de faire au plus vite, estimant que Gilad Shalit avait « l’air fatigué ».

Gilad Shalit a été libéré mardi en échange d’un premier contingent de 477 prisonniers palestiniens, plus de cinq ans après son enlèvement à la lisière de Gaza qui a déclenché un cycle de violences meurtrières entre Israël et le Hamas.

Le sous-officier de 25 ans a regagné dans l’après-midi le village de Mitzpé Hila, en haute Galilée (nord d’Israël), où vit sa famille, quelques heures après avoir été transféré par le Hamas en Egypte, qui a joué les médiateurs dans ce dossier.

LE CAIRE, 19 oct 2011 (AFP)

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