Un éventuel vote au Conseil de sécurité sur la demande des Palestiniens d’admission à l’ONU n’interviendra pas avant « plusieurs semaines », ce qui donnera le temps d’éviter une confrontation, a affirmé mercredi le ministre français des affaires étrangères Alain Juppé.
« Nous pensons qu’avant d’arriver devant le Conseil de sécurité, il y a devant nous plusieurs semaines vraisemblablement (…) et ces semaines peuvent être mises à profit pour mettre au point la proposition que nous avons faite », a déclaré M. Juppé au cours d’une conférence de presse à New York.
Il a précisé que l’initiative du président français Nicolas Sarkozy proposait une reprise des négociations entre Palestiniens et Israéliens, avec un calendrier, dans lequel s’inscrit une « réflexion sur la saisine de l’Assemblée générale afin de reconnaître le statut d’Etat non membre observateur » aux Palestiniens.
Cela leur permettra de poser leur candidature à un certain nombre d’organisations internationales, a expliqué le chef de la diplomatie française tout en précisant qu’ils devraient s’engager à ne pas saisir la Cour pénale internationale (CPI).
Les Palestiniens s’apprêtent à présenter vendredi leur demande d’admission à l’ONU d’un Etat de Palestine.
« Tout notre rôle, c’est de faire baisser la température », a encore dit M. Juppé, en référence à la montée des tensions provoquées par l’initiative palestinienne, lors de l’Assemblée générale des Nations unies.
« Nous disons à nos amis palestiniens », a poursuivi le ministre français, « que nous comprenons leur impatience, leur volonté d’agir, la démarche qui les a conduits à saisir les Nations unies mais que la procédure qu’ils ont choisie est très certainement vouée à l’échec ».
M. Juppé a encore dit penser que le président palestinien Mahmoud Abbas irait au bout de sa démarche de demande d’admission d’un Etat de Palestine comme Etat membre de l’ONU.
Décrivant la procédure –saisine par le Secrétaire général du Conseil de sécurité, mise en place un comité d’examen de la candidature qui vient ensuite devant le Conseil de sécurité lui-même–, M. Juppé a commenté: « Il y a donc du temps devant nous. C’est ce temps-là que nous voulons mettre à profit pour travailler sur la proposition française ».
M. Juppé, développant la proposition du président Sarkozy, a prôné une méthode de négociation « plus collective, en regroupant ceux qui peuvent contribuer au déblocage de la situation ». Il s’est référé aux membres permanents du Conseil de sécurité, à des pays arabes, à l’UE, et à des pays européens non membres permanents du Conseil de sécurité.
Selon lui, « il faut réunir les conditions pour reprendre les négociations » sans fixer de préalables tels que le gel des implantations.
« Il n’y a pas d’autre voie possible pour parvenir à la paix pour garantir la sécurité d’Israël et donner enfin aux Palestiniens ce à quoi ils ont droit, un Etat de plein exercice », a affirmé Alain Juppé.
NEW YORK (Nations unies), 21 sept 2011 (AFP)
![]() |
![]() |








































