Le mouvement islamiste Hamas a critiqué à nouveau dimanche le président palestinien Mahmoud Abbas, qui veut demander l’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU, estimant qu’il n’avait « aucun mandat pour faire des concessions sur les droits des Palestiniens ».
« Aucune Autorité palestinienne n’a de mandat pour réduire les droits nationaux des Palestiniens », a déclaré Ismaïl Haniyeh, le Premier ministre du Hamas à Gaza, lors d’une réunion de parlementaires.
« Aucun acteur palestinien n’a non plus de mandat pour faire des concessions historiques sur le territoire palestinien ou les droits des Palestiniens, en particulier le droit au retour », a ajouté M. Haniyeh, en faisant allusion aux réfugiés palestiniens.
M. Haniyeh a également réaffirmé que son mouvement, au pouvoir dans la bande de Gaza, continuerait à soutenir l’établissement d’un Etat palestinien sur l’ensemble de la « Palestine historique ».
Le Hamas considère comme « Palestine historique » le territoire de la Palestine sous mandat britannique (1920-1948), avant la création de l’Etat hébreu, s’étendant du fleuve du Jourdain à la mer Méditerranée, y compris donc sur le territoire actuel de l’Etat d’Israël.
« Au vu de notre position, nous réaffirmons notre rejet de cette initiative », a affirmé M. Haniyeh, ajoutant toutefois que le Hamas « ne mettrait pas d’obstacles sur la voie de la création d’un Etat palestinien doté d’une pleine souveraineté ».
« Nous répétons aujourd’hui que nous sommes en faveur de l’établissement d’un Etat palestinien sur n’importe quelle partie libérée du territoire palestinien à laquelle souscrira le peuple palestinien, sans reconnaître Israël ni concéder le moindre pouce de la Palestine historique », a-t-il dit, explicitant la position traditionnelle du Hamas.
Le Hamas a multiplié ces derniers jours les critiques contre la démarche du président Abbas à l’ONU, en estimant qu’elle comportait de « grands risques », mettant notamment en péril « les droits nationaux des Palestiniens, tels que les droits au retour, à la résistance et à l’autodétermination ».
Au cours de la même réunion à Gaza, un autre dirigeant du Hamas, Khalil al-Hayya, a exhorté la communauté internationale à « faire pression pour s’assurer de la mise en oeuvre des résolutions internationales, en particulier celles qui soutiennent le droit des Palestiniens à l’auto-détermination ».
GAZA (Territoires palestiniens), 18 sept 2011 (AFP)
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