Il n’y a pas si longtemps, la Turquie, pays musulman, mais laïque, était l‘amie et l’alliée d’Israël ; l’un des plus fidèles.

Coopération militaire, manoeuvres communes, tourisme, accords commerciaux, accords sur l’eau, rien n’y manquait.

Mais ça, c’était avant … avant que la vague islamiste n’atteigne le Bosphore, avant  qu’un gouvernement intégriste soit- disant “modéré”, n’arrive au pouvoir et que la religion reprenne la place qu’elle occupait avant Mustapha Kemal.

Petit à petit on a vu alors, la population se radicaliser et les nikabs refleurir sur la tête des femmes.

Petit à petit, l’alliance israélienne que des gouvernants successifs avaient imposée en dépit des critiques acerbes du monde arabe commença à s’effilocher et puis brusquement les choses allèrent très vite.

Ce fut le rapprochement avec la Syrie et avec l’Iran, puis avec le Hamas après l’opération “plomb fondu”.  L’armée garante de la laïcité fut mise au pas, officiers supérieurs emprisonnés pour “complot”  contre le régime, chefs d’état-major des trois armes contraints à la démission.

Des manoeuvres aériennes communes prévues de longue date  furent annulées. Recyp Erdogan, premier ministre turc, apostropha violemment Shimon Peres à Davos et l‘an dernier la malheureuse affaire de la flottille pour Gaza marqua un tournant dramatique dans les relations entre les deux pays..

Il semble bien qu’alors Israël ait été victime d’une machination et qu’il ne soit absolument pas responsable de cette situation.

Ce n’est pas par hasard en effet que cette flottille venait de Turquie, que son navire amiral battait pavillon turc, que des activistes décidés attendaient de pied ferme sur le pont les soldats israéliens.

Il y a eu malheureusement des morts, mais ceux qui avaient organisé cette expédition savaient bien qu’un clash était vraisemblable et ils ont agi en toute connaissance de cause avec l’accord au moins tacite de leur gouvernement.

Dans des déclarations d’une rare violence, Erdogan exigea alors dans un premier temps des excuses et le dédommagement des familles des victimes. Nathanyaou exprima ses regrets pour les pertes humaines et  proposa des compensations qui furent jugées insuffisantes. Erdogan voulait des excuses en bonne et due forme, ce que Nathanyaou jugea impossible car cela revenait à désavouer Tsahal.

Avait-il raison ?

Ne fallait-il pas comme le dit  un proverbe arabe “suivre le menteur jusqu’à la porte de la maison” ?

Le premier ministre turc fit monter la pression et  menaça de traduire les soldats israéliens devant un tribunal international.

Arrive alors le rapport de l’ONU reconnaissant comme légal le blocus israélien de Gaza.

Nouvelle colère d’Erdogan qui renvoie l’ambassadeur d’Israël, menace d’envoyer à Gaza  une nouvelle flottille encadrée par des navires de guerre et exige qu’il soit  mis fin à ce blocus, ce qui se traduirait en pratique par un afflux d’armes iraniennes de toutes sortes et de djihadistes de toutes les couleurs faisant de Gaza une redoutable place forte aux ordres de Ahmadinejad.

Ces jours derniers, une quarantaine de voyageurs israéliens, touristes et hommes d’affaires ont été retenus à l’aéroport d’Istamboul pendant des heures, interrogés, fouillés et traités comme des terroristes.

Ordres venus d’en haut ou initiative d’un subalterne ?

Hier encore dans un discours enflammé, Erdogan annonçait que son pays suspendait totalement  les liens militaires avec Israël y compris dans le domaine de l‘industrie de guerre, que sa marine serait beaucoup plus présente en Méditerranée orientale  et que d’autres sanctions seraient prises ultérieurement à l’encontre de l’état hébreu.

Que veut-il au juste ?

La guerre ?

Il semble que l’OTAN dont la Turquie est membre et qui en a besoin pour contrer la montée en puissance de son nouvel allié mais néanmoins concurrent, l’Iran chiite, fasse pression sur les deux parties pour éviter un conflit armé.

Mais Erddogan a fait un choix politique, sachant qu’en s’en prenant avec violence à Israël, il s’attire les faveurs des masses arabes dont il veut être le leader, tout en laissant croire à l’Occident qu’il ne fait que répondre à des provocations.

Voilà où nous en sommes. la Turquie attise les flammes, Israël fait le dos rond en espérant qu’avec l’implication des Etats-Unis, une formule d’apaisement pourrait être trouvée.

Mais est-ce vraiment cela que cherche Erdogan ?

André Nahum

Radio Judaiques FM  

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