Un journaliste jordanien arrêté mercredi pour « atteinte à la royauté » et à la « Constitution » était toujours détenu jeudi malgré l’ordre donné par le roi de le remettre en liberté, a-t-on appris de source judiciaire.
« Le procureur général de la Cour de sûreté de l’Etat (militaire) a refusé de libérer Alla’a Faza’a accusé d’avoir +publié une information qui porte atteinte à la royauté et d’oeuvrer à changer la Constitution+ », a déclaré à l’AFP une source judiciaire sous couvert d’anonymat.
« Son maintien en prison intervient suite à une plainte déposée par deux anciens ministres Nabil Sherif et Mohamad Obeidat, dont il a publié les noms comme faisant partie d’un groupe sur Facebook demandant la rétablissement du prince Hamzeh, demi-frère du roi, comme prince héritier », a précisé cette source proche du dossier.
Le roi Abdallah II avait désigné en février 1999 le prince Hazmeh, fils de feu le roi Hussein et de la reine Nour, comme prince héritier, « selon les voeux du roi Hussein ».
Cinq ans plus tard le roi a révoqué cette nomination et son fils le prince Hussein est devenu de facto prince héritier, puis officiellement en 2009 à son 15ème anniversaire.
Le roi Abdallah a ordonné mercredi la remise en liberté du journaliste, avait indiqué dans l’après-midi le palais royal.
L’épouse du journaliste, Mona al-Batran, a confirmé à l’AFP que le procureur a refusé de « libérer sous caution » son mari, soulignant que son avocate « déploie des efforts avec le chef du tribunal ».
Alla’a Faza’a a publié le 28 mai sur son son site www.KhabarJo.net (Info-Jo), une page Facebook sous le titre « Le prince Hamzeh prince héritier » et une liste des « amis » de ce groupe dont les deux anciens ministres.
M. Faza’a fait également l’objet d’une plainte pour avoir publié à la même date ce qu’il a présenté comme étant les dessous de l’affaire de la disparition d’un homme d’affaires Khaled Chahine condamné à trois ans de prison pour corruption dans un projet d’agrandissement d’une raffinerie de pétrole pour un montant de 2,1 milliards de dollars.
Il a fait état d’une rencontre de très hauts responsables qui ont étudié les moyens de « camoufler cette affaire de corruption », laissant entendre qu’ils sont impliqués.
AMMAN, 2 juin 2011 (AFP)
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