Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a été hospitalisé à la suite d’un malaise cardiaque lors d’une visite privée aux Etats-Unis, a annoncé son bureau lundi.
M. Fayyad a été transféré dimanche au centre médical de Seton à Austin (Texas) aux Etats-Unis après s’être plaint de « sévères douleurs à la poitrine », a indiqué son bureau à Ramallah dans un communiqué.
Il y a subi lundi un cathétérisme cardiaque qui a révélé que « l’artère coronaire était bouchée ». « Un stent a été posé pour la maintenir ouverte », a ajouté le communiqué.
Il a assuré que M. Fayyad « se porte bien et doit quitter l’hôpital dans les deux prochains jours ».
M. Fayyad se trouvait aux Etats-Unis pour assister à une cérémonie de remise de diplômes pour son fils à l’université d’Austin.
« Il était aux Etats-Unis depuis vendredi pour la remise de diplômes de son fils. C’est arrivé soudainement. Mais sa condition n’est pas très grave, il n’est pas dans un état critique et devrait guérir bientôt », a déclaré à l’AFP Ghassan Khatib, porte-parole du gouvernement palestinien à Ramallah.
M. Fayyad, 59 ans, est un fumeur invétéré.
Ancien haut fonctionnaire du FMI, cet homme politique indépendant dirige le gouvernement palestinien depuis juin 2007, après la violente prise de contrôle de la bande de Gaza par les islamistes du Hamas.
Son maintien à son poste paraît toutefois incertain aujourd’hui après la signature fin avril d’un accord de réconciliation entre le Fatah de M. Abbas et le Hamas prévoyant la formation d’un gouvernement transitoire en vue d’élections présidentielle et législatives d’ici un an.
Un accord qu’il a qualifié de « très heureux événement ».
« C’est un premier pas. Nous attendons ce moment depuis longtemps parce que l’unité nationale est une des questions fondamentales pour être prêts à avoir notre Etat. Le monde entier verra que l’Autorité palestinienne avance dans une seule direction et c’est très important », a-t-il plaidé.
M. Fayyad est un économiste unanimement loué en Occident, pour avoir assaini les finances palestiniennes et amélioré spectaculairement la situation sécuritaire en Cisjordanie.
C’est en affichant une gestion rigoureuse et transparente qu’il a gagné la confiance de la communauté internationale, dont les aides sont essentielles au fonctionnement de l’Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas.
Il a ainsi fait récemment intervenir avec succès les dirigeants occidentaux pour qu’Israël finisse par débloquer des fonds prélevés pour le compte de l’Autorité palestinienne et gelés en rétorsion à l’accord de réconciliation entre le Fatah de M. Abbas et son frère ennemi du Hamas.
Pour lui, la priorité est de donner naissance à un Etat palestinien viable « dans les faits et sur le terrain » en 2011.
« Il n’y a pas d’autre alternative que le chemin de la liberté et la fin de l’occupation. C’est un programme de construction et non un programme de destruction. Bâtir du positif sur le terrain. Comparez cela avec ce que fait Israël », a-t-il confié dans une interview à l’AFP.
RAMALLAH (Territoires palestiniens), 24 mai 2011 (AFP)
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