La presse libanaise se montrait samedi peu convaincue au lendemain du sommet historique à Beyrouth entre les dirigeants libanais, syrien et saoudien, jugeant qu’il avait échoué à évoquer les problèmes majeurs liés à une montée des tensions dans le pays.
« Le coeur du problème au Liban, la question de la coexistence d’un Hezbollah armé par la Syrie et l’Iran avec l’Etat libanais, n’est toujours pas résolu et va bientôt refaire surface », écrit le journaliste Rami Khouri dans le Daily Star.
« La visite saoudo-syrienne pour maintenir le calme au Liban est une nouvelle version des (…) efforts diplomatiques de mai 2008 pour mettre fin au bref épisode d’affrontements qui avait menacé de diviser le pays entre les sunnites et le chiites », écrit Khouri.
Des violences confessionnelles avaient opposé en mai 2008 des partisans du sunnite Saad Hariri –fils de l’ancien Premier ministre assassiné en 2005 Rafic Hariri–, et ceux du mouvement chiite Hezbollah, faisant une centaine de morts en une semaine.
Ryad, qui était très proche de Rafic Hariri, a une grande influence sur la coalition au pouvoir actuellement dirigée par Saad Hariri, tandis que la Syrie et l’Iran soutiennent le Hezbollah.
La Syrie, qui avait été pointée du doigt après l’assassinat de Hariri, a toujours démenti toute implication dans cette affaire. La visite vendredi du président syrien Bachar al-Assad et du roi saoudien Abdallah a été largement perçue comme une tentative désespérée de calmer les tensions nées de l’annonce d’une éventuelle mis en cause de membres du Hezbollah par un tribunal de l’ONU dans l’assassinat de Hariri.
« Il est trop tôt pour prédire les retombées immédiates du sommet tripartite (…) mais (l’un des résultats) est la confirmation par la Syrie et l’Arabie qu’elles sont les principaux superviseurs du Liban », écrit l’analyste Nicolas Nassif dans le quotidien Al-Akhbar, proche du Hezbollah.
« Différer l’inculpation (de membres du Hezbollah), un pas vers son abandon pur et simple, a été proposé (à Saad Hariri et ses alliés) comme une condition pour leur protection », écrit pour sa part Rosana Bou Monsef dans le quotidien An-Nahar, proche du camp Hariri. « La communauté internationale n’acceptera pas ce troc mais va chercher un autre accord, pas forcément avec le Hezbollah lui-même », ajoute Bou Monsef.
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