Le texte qui suit est intéressant, non pas parce qu’il nous reparle de l’initiative saoudienne, resservie à chaque échec du « processus de paix », mais parce que l’Arabie Saoudite se désintéresse de la « cause palestinienne », pour commencer à regarder les véritables enjeux et dangers régionaux en face, à mesure qu’ils la menacent de déstabilisation… NDLR : Binyamin Netanyahu, dans son discours du 2 août au soir, a évoqué le resserrement des liens avec certains acteurs régionaux, comme l’un des principaux acquis de l’opération en cours, au-delà du seul aspect sécuritaire, devenu pressant. C’est assez visible, depuis plus d’un an, en ce qui concerne le Maréchal El-Sissi, qui tente de reprendre le contrôle sécuritaire du Sinaï. C’est à peu près clair avec la Jordanie, avec laquelle les incidents sont purement formels, mais qui a besoin d’Israël, face au régime syrien et Al Qaïda-Etat Islamique. Le fait que l’Arabie Saoudite pèse de tout son poids sur Abbas et contre le Hamas, qu’elle appuie à 100% l’initiative égyptienne et s’oppose à l’Axe Washington-Ankara-Doha, renverse bien des équilibres passés. Même si beaucoup de zones d’ombre subsistent, mieux vaut comprendre à temps ses intérêts communs même limités, que de poursuivre des chimères idéologiques. Influente sur l’Europe et les Etats-Unis, Riyad contribue aussi à marginaliser les cortèges antisionistes en Europe, alors que les Etats se montrent bien plus modérés et enclins à « comprendre l’opération », que la rue se nourrissant de la diabolisation médiatique.

Selon un aticle de Josh Levs, citant l’analyste Ali Younès Article original, de CNN, « la plupart des Etats arabes soutiennent activement Israël contre les Palestiniens et ne s’en cachent même pas ou le font plus discrètement ». « C’est une guerre conjointe arabo-israélienne, constituée de l’Egypte, de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite, contre d’autres Arabes – les Palestiniens, tels que les représente le Hamas… Du point de vue de l’Egypte et de ses alliés arabes, tout ce que fait le Premier Ministre Binyamin Netanyahu c’est de combattre le Hamas en leur nom, afin d’abattre le dernier bastion des Frères Musulmans ».

Danielle Pletka, Vice-Présidente des études politiques étrangères et de défense, au sein de l’Institut American Enterprise déclare : « Ce n’est plus une guerre des Musulmans contre les Juifs. Maintenant ce sont les extrémistes : les Frères Musulmans, le Hamas, le Hezbollah et leurs parrains, l’Iran, le Qatar et la Turquie – contre Israël et les Musulmans plus modérés, comprenant la Jordanie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite »(CNN).


Piqûre de rappel hiérarchique : Obama, une certaine tendance à l’alignement…

Pourquoi les Saoudiens cherchent-ils à faire la paix avec Israël ?

Analyse : l’Arabie Saoudite voit son intérêt à mettre un terme au « petit conflit » entre Israël et les Palestiniens, dans le but d’enrôler l’Etat Juif dans son camp pour le « grand conflit » contre le monde chi’ite et la menace terroriste sunnite croissante.

Le monde arabe regarde avec choc les images parvenant de Gaza. Le nombre de morts du côté palestinien a franchi les 1400 et plus de 8000 personnes ont été blessées.

Pourtant, la chaîne Al-Arabiya a choisi de publier un article surprenant, intitulé : « La paix avec Israël est la seule solution », rédigé par l’éditorialiste Mohammed al-Sheikh.

La famille du rédacteur est extrêmement influente en Arabie Saoudite et ses origines remontent à la famille Wahhabite fondatrice du royaume.
Les membres de sa famille, qui est originaire du désert du Najd et de la Capitale de Riyaf, comprend des dignitaires religieux éminents, des imams, des muftis et des Ministres de l’Education et de la Justice.

Pourquoi cet article est-il publié en Arabie Saoudite et pourquoi maintenant?

L’initiative saoudienne

L’initiative de paix saoudienne n’a rien de bien nouveau. En 2002, puis à nouveau en 2007, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a fait une proposition de paix complète au nom de la Ligue Arabe, qui comprenait la reconnaissance d’Israël et la normalisation complète des relations avec les Etats-membres de la Ligue, en échange d’un retour d’Israël « aux lignes de 1967 », une solution acceptable pour les « réfugiés » palestiniens et l’instauration d’un Etat palestinien ayant l’Est de Jérusalem pour capitale.


Le roi saoudien Abdullah avec l’ emir du Qatar, Tamim bin Hamad al-Thani (Photo: Reuters)

La proposition saoudienne vise à réaliser le processus de réconciliation avec l’ensemble de l’axe sunnite du monde musulman, qui a débuté avec le traité de paix israélo-égyptien en 1979 et s’est poursuivi lors des accords d’Oslo, au début des années 1990, le traité de paix avec la Jordanie, en 1994 et différents niveaux de relations diplomatiques avec le Maroc, le Qatar et la Mauritanie, qui sont tous des pays sunnites.

Le “camp de la paix” saoudien

Mohammed al-Sheikh a publié un article dans un journal saoudien et sur la chaîne en ligne Al-Arabiya, la semaine dernière, appelant à la paix avec Israël. Il a expliqué que seule la paix apporterait un Etat indépendant aux Palestiniens et mettrait un terme à la guerre, dans laquelle Israël a un avantage absolu.

L’auteur passé en revue les récentes décennies, lors desquelles les dirigeants du monde arabe ont promis de sauver les Palestiniens et de détruire Israël : Gamal Abdel Nasser, le légendaire dirigeant égyptien, qui a promis d’être la réincarnation du Sultan Salah ad-Din et qui a échoué en 1967 ; le pathétique Saddam Hussein, qui menaçait de rayer Israël de la carte à coups d’armes chimiques et de missiles et qui a fini sa vie pendu à une corde ; Hafez el Assad, le chef syrien qui promettait de libérer la Palestine tout en maintenant 30 ans de calme à la frontière israélienne, a également échoué ; tout comme l’a fait son fils Bachar, qui combat son propre peuple au lieu de libérer les hauteurs du Golan.

Al-Sheikh poursuit en parlant de l’Iran révolutionnaire, qui a promis, depuis 1979 de rayer le “petit Satan” de la carte ; Hassan Nasrallah, “le chevalier chi’ite” du Liban, qui en est soti pour combattre le peuple syrien plutôt qu’Israël ; les Frères Musulmans et le Hamas, qui sacrifient les Palestiniens au nm du rêve illusoire de libérer « le Waqf islamique de Palestine », la Terre Sainte non-négociable. Et, aujourd’hui, l’organisation du Hamas refuse d’accepter l’initiative égyptienne pour un cessez-le-feu.

L’article pour le moins surprenant de Mohammed al-Sheikh. ‘La seule solution est la paix avec Israël ‘

Il y a plusieurs semaines, un intellectuel saoudien, nommé Abdullah Hamid al-Din a écrit dans le journal Al Hayat, basé à Londres, que la meilleure bataille à mener contre Israël serait d’imposer la paix et qu’il ne pourrait pas être vaincu par la force dans un avenir prévisible.

Selon Hamid, depuis 1947, les Palestiniens ont manqué, de façon répétée, toutes les occasions d’établir un compromis. Durant la même période, dit-il, Israël s’est développé et est devenu bien plus fort, alors que les Palestiniens s’affaiblissaient et que leur territoire diminuait.

Hamid argumente du fait que lac plupart des exigences palestiniennes sont irréalistes, comme l’exigence du retour des « réfugiés palestiniens », qu’il compare au retour des Indiens dans les villes américaines.

Le commentateur Bader al-Rashed a, aussi, écrit dans Al-Hayat, en décembre 2013, que les Arabes doivent se réveiller du rêve illusoire de détruire Israël et que son « existence est un fait établi et qu’il va bien falloir se rendre à l’évidence »

Mais, selon Al-Rashed, ceux qui disent qu’Israël tend la main à la paix et que ce sont les Arabes qui refusent, ont tort. C’est au contraire, Israël qui fait tout son possible pour faire échouer l’initiative de paix arabe… « .

Pourquoi la paix serait-elle, maintenant, devenue salutaire?

Le royaume saoudien qui s’est établi sur l’idéologie fondamentaliste wahhabite, a entrepris une amorce de modernisation et un processus de modération, grâce à ses relations avec les Etats-Unis et l’Occident et l’argent qu’il accumule par les revenus du pétrole.

Sur le plan éducatif, cela dit, l’Arabie Saoudite demeure un pays marqué par l’obscurantisme et le fanatisme, dont la constitution est fondée sur la Chari’a, d’après l’école Hanbali, l’école la plus radicale dans le monde sunnite.

La puissance croissante de l’axe chi’ite menace le royaume et ses alliés sunnites. Après 1300 ans d’histoire musulmane où les Sunnites ont dominé les Chi’ites, cet équilibre est sur le point de changer.

L’axe chi’ite d’Iran, l’Irak (le gouvernement al-Maliki, la Syrie (les Alaouites) et le Liban (contrôlé par le Hezbollah maintient toute sa puissance et sa force de nuisance. En plus, les tribus chi’ites Zaydis, formées par les Khotis au Yémen, également soutenues par l’Iran, menacent l’énorme zone de la frontière sud d’Arabie Saoudite. La pire menace, pour les Saoudiens, c’est encore la course à l’arme nucléaire, menée par l’Iran, qui pourrait les détruire.


Femme gazaouïe devant un champ de ruines, provoqué par l’intransigeance du Hamas. ‘Beaucoup d’exigences des Palestiniens sont parfaitement irréalistes ‘ (Photo: MCT)


“Les Palestiniens ont manqué toutes les occasions depuis 1947” (Photo: AP)

A part la menace chi’ite, depuis plus de deux décennies, maintenant, l’Arabie Saoudite combat aussi le mouvement des Frères Musulmans, qui a trahi le royaume qui l’a fondé il y a des dizaines d’années, et qui préfère maintenant soutenir le Président égyptien Fattah al-Sissi dans sa lutte contre ces intégristes. Par-dessus le marché, l’organisation de l’Etat Islamique se renforce en Irak et menace la frontière nord de l’Arabie Saoudite.

Alors que les terroristes sunnites et chi’ites deviennent de plus en plus puissants, le monde Sunnite est divisé en deux axes : d’un côté, la Turquie et le Qatar et, de l’autre, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, les autres Emirats du Golfe et la Jordanie. Cette fracture est encore plus évidente dans la crise à Gaza, où la Turquie et le Qatar encouragent le Hamas à rejeter la proposition de paix de l’Egypte.

Des intérêts partagés

L’Arabie Saoudite est tout-à-fait consciente de la stabilité politique, économique et sociale d’Israël, de sa retenue à l’aune de la tourmente qui agite le monde arabe, de sa puissance de feu contre le Hamas et de ses capacités technologiques impressionnantes, dans la guerre contre le terrorisme, particulièrement avec le système Dôme de Fer, à présent, et, vraisemblablement, dans la guerre contre les tunnels, à l’avenir, même si Israël semble avoir connu un temps d’information de retard et n’avoir pas disposé de toutes les parades requises.

L’Intérêt de l’Arabie Saoudite serait, tout simplement, de mettre un terme au “petit conflit” entre Israël et les Palestiniens, de façon à ce qu’Israël soit de son côté dans le « grand conflit » contre les Chi’ites et la menace terroriste sunnite grandissante.

Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite et Israël ont en commun plus d’intérêts que jamais, y compris dans la lutte pour stopper le programme nucléaire iranien, la guerre contre le mouvement des Frères Musulmans et ses filiales (le Hamas), le soutien au régime Al-Sissi en Egypte, le maintien de la stabilité du royaume de Jordanie, le face-à-face contre le régime de Bacharal Assad en Syrie et contre le Hezbollah au Liban, la guerre contre Al Qaïda et, plus précisément, l’Etat Islamique en Irak et en Syrie, actuellement, et la liste est loin d’être close…

Le Dr. Yaron Friedman, commentateur sur le monde arabe pour Ynet est diplômé de la Sorbonne. Il enseigne l’Arabe et fait des conferences sur l’Islam au Technion, à Beit Hagefen et au Collège Académique de GaliléeSon livre, « The Nusayri Alawis: An Introduction to the Religion, History and Identity of the Leading Minority in Syria, » a été publié en 2010, par Brill-Leiden.

Publié le : 03. 08.14, 01:11 / Israel Opinion

Yaron Friedman

ynetnews.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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Richard

On peut se demander si tout cela aboutira sur une guerre froide entre un axe USA-Arabe-sunnite et Israël d’une part, et d’autre part Russie-Iran ? Poutine ne semblant pas être un imbécile pour s’enfermer dans ce schéma, au grand déséspoire de l’Europe qui ne se retrouvera plus bercé comme jadis entre le rêve américain et le rêve communiste, mais plutôt écartelée par toutes les contradictions qu’elle a cultivée et Her Dog qui frappe à sa porte, l’antisémitisme restera toujours une « mauvaise pioche » pour l’Europe.

Ayinair

Sur la photo où l’on voit de dos Obama qui s’incline, le fait-il devant le roi d’Arabie Saoudite ? Ou bien qui ?
Est-ce bien Sarkozy que l’on voit de face dans le fond ?
La photo remonte à quand ?
Toutes infos seront bienvenues…
merci.

Armand Maruani

{{Lassie chien fidéle est ressorti de sa niche ?}}

{{Allez tiens va ronger ton os Hallal et fous nous la paix pauvre con .}}

lass77

Tient ce conflit est un petit conflit selon les saoudiens et le grand conflit serait contre les chiites qui viendra. Cette entité saoudienne a livré , trahi sa communauté d »où quelle vienne avec des illusions malsaines et hypocrites auxquelles sa religion l’interdit. Les rois saoudiens sont en retards ou se trompent en mélangeant des sujets gravement liés qui nous conduisent vers la fin des temps. Ce conflit ne résoudra pas d’un claquement de doigt , il rime à quelque chose.