Plus de six cents bandes identifiées par la policeQuelque 10 000 personnes appartiendraient à ces groupes qui se structurent par cité.

Le fléau des bandes a pris une telle ampleur que la très discrète division «dérives urbaines » s’y consacre entièrement au sein de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP). Chaque jour, une petite dizaine d’analystes passent au crible les actes de violence émaillant la vie des quartiers, les évolutions de l’économie souterraine mais aussi la sémantique des tags fleurissant sur les murs des cités.

Selon un bilan confidentiel de la sous-direction de l’information générale (SDIG, ex-Renseignements généraux) porté à la connaissance du «Figaro», pas moins de 618 bandes sont désormais recensées en France contre «seulement » 222 en septembre 2008. «Nous n’avons réellement commencé à défricher l’univers des gangs que depuis 18 mois, explique une commissaire parisienne. Notre connaissance s’est étendue à mesure que l’on a enquêté en profondeur dans les quartiers jusqu’à ce que l’on dispose d’une vision globale. Ce qui est le cas aujourd’hui…» Observant que les «bandes sont en moyenne composées d’une quinzaine de personnes », les services spécialisés estiment que «10 000 individus en font partie sur l’ensemble du territoire, quand on compte la mouvance des occasionnels venant s’agréger ponctuellement à un groupe…»

«La bande adverse de référence»

Dans 74% des cas, les bandes se livrent à une délinquance moyenne, où se mêlent trafics de drogue, vols de voitures ou de scooters, et recel en tout genre. Seule une infime proportion, estimée à 1%, est soupçonnée de verser dans la criminalité organisée. Le quart restant, qui ne trafique a priori pas, cristallise son action autour de la violence gratuite. Contre des gangs rivaux ou, de façon systématique, contre les forces de l’ordre. «Nos collègues sont désormais considérés comme la bande adverse de référence », décrypte la patronne de la division dérives urbaines. La simple vue de l’uniforme déclenche des jets de pierres ou de blocs de béton, de cocktails Molotov, de tirs de mortier, de grenaille, voire de fusils de chasse…».

L’époque des bandes ethniques de type «zoulou », comme celle des Requins vicieux, soupçonnées d’une soixantaine de viols dans les transports en commun, ont connu leur apogée à la fin des années 1990 avant de péricliter. «À l’époque, notre section violences urbaines travaillait sur le mouvement skinhead et leurs ennemis jurés, les redskins, qui laissaient surgir dans leur sillage des bandes originaires d’Afrique noire, témoigne un commandant de la Direction du renseignement de la Préfecture de police de Paris (DRPP, ex-Renseignements généraux). Certaines étaient islamisées, d’autres imposaient à leurs membres des rites d’initiation comme se battre avec le chef. Depuis, le panorama a évolué.» «Depuis dix ans, le ciment des gangs est celui de la cité et leur composition n’est que le strict reflet du melting-pot des quartiers », ajoute-t-on à la sous-direction de l’information générale.

Dirigées par des petits caïds qui passent la main à 20 ans quand ils trouvent travail, femmes et enfants, ces structures à géométrie variable sont en perpétuel mouvement… Un casse-tête pour les services spécialisés qui infiltrent les cités. «Selon une ultime tendance observée, des positions de doigts et des codes vestimentaires permettent d’identifier l’appartenance à des nouveaux types de groupes plus structurés», note un policier. Ainsi, la Préfecture de police s’intéresse à l’actuelle émergence de la bande des Candy Shop, susceptible de mobiliser jusqu’à 200 aficionados de la mouvance gangsta rap et du chanteur 50 Cent, «reconnaissables au port de bijoux voyants, de diamants d’oreille et de chaîne en or…».

Écumant les Halles ou la Gare du Nord à Paris, les Candy Shop convergent de toute l’Ile-de-France pour se livrer à des rixes à la moindre occasion. Une rumeur, que vérifie la police, dit qu’un de ses membres a été récemment blessé d’une balle dans le bras parce qu’il voulait quitter la meute… Dans la version féminine des Candy Shop, les Momie Few, rebaptisées «Banaa Danger» puis «Banaa Massacreuses» revendiquent une cinquantaine de «Black Tigers» âgées de 14 à 18 ans, qui n’hésitent pas à en découdre à coups de barres de fer et de bâtons avec d’autres gangs de filles, voire de garçons.

Sur Internet, les bandes multiplient les blogs où se lancent des défis et des appels à la haine. Une vidéo expliquant comment orchestrer un guet-apens contre une patrouille de police a été visionnée plusieurs milliers de fois par les internautes.

La délinquance coûte 115 milliards chaque année

Un économiste a chiffré le poids financier des crimes et délits pour la collectivité.

Des gendarmes patrouillent, le 20 janvier 2010 à Woippy, à la suite d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre survenus après une manifestation en hommage aux trois victimes d’un accident de scooter.


Crédits photo : AFP

Plus de 115 milliards d’euros par an, soit 1 700 euros par habitant en moyenne ! La dernière évaluation du coût de la délinquance en France pulvérise tous les records. Révélée par l’Institut pour la justice, association très active dans la réflexion sur la justice pénale, elle est le fruit du travail acharné d’un économiste et mathématicien, Jacques Bichot, professeur émérite à l’université Lyon-III. Jusqu’alors, seul un officier de police formé à la brigade financière, Jean-Philippe Arlaud, avait eu l’audace de tenter cette estimation dans une étude révélée par Le Figaro en juin 2007. Il était parvenu à un total de 20 milliards. Le Pr Bichot quintuple donc la mise, en proposant une approche qui inclut notamment le préjudice moral pour les victimes et leurs proches. Voici les points clés de ce document :

Des coûts directs et indirects

La période statistique étudiée s’étend de juillet 2008 à juin 2009, pour un total de plus 4,5 millions de faits déclarés à la police et à la gendarmerie. Aux coûts directs des vols, destructions, fraudes et autres crimes et délits, l’auteur inclut les coûts indirects de la sécurité et de la justice, le coût de la hausse des primes d’assurance, mais aussi – et c’est une petite révolution – le préjudice moral. Comment ? En se fondant, par exemple, sur les indemnisations pratiquées dans les cours d’appel ou sur les bases de calcul d’organismes de la sécurité routière. Il y ajoute le coût des dépenses de protection privée. Et le tableau devient saisissant : si la délinquance coûte 30 milliards aux victimes, elle pèse financièrement deux fois plus lourd pour la collectivité (voir infographie).

La fraude aux recettes publiques, sport national

Au hit-parade des infractions, la fraude fiscale (22 milliards de préjudice) caracole en tête, devant la délinquance informatique (14 milliards), les blessures volontaires (6,6 milliards), la drogue (5,3 milliards) et le proxénétisme (5,2 milliards). L’auteur comptabilise également au moins 800 millions de fraudes aux prestations sociales (RMI, allocations logement, allocation de parent isolé). L’affaire du polygame de Nantes est loin d’être un cas isolé…

Clandestins : la France paiedeux fois le prix du passage

Le racket subi par les quelque 20000 immigrants utilisant chaque année des réseaux de passeurs est estimé à 10000 euros par tête. « L’organisation mafieuse ou quasi mafieuse d’une partie de l’immigration clandestine coûte de 210 à 300 millions d’euros aux intéressés et à leurs familles ; et 405 millions à la société française (hors mesures répressives)» , révèle l’économiste, qui précise : c’est, par individu, «un surcoût moyen de 20000 euros pour les finances publiques françaises».

Le gouffre financier des voitures brûlées

Les voitures incendiées, «que ce soit pour toucher l’assurance ou pour montrer qu’on a “la haine”», représentent , selon l’auteur, 50000 véhicules par an, soit le quart du total des automobiles dégradées ou détruites. « Les dégâts s’élèvent en moyenne à 5000 euros pour 100000 véhicules rendus irréparables, et à 2000 euros pour les autres, plus 1000 euros dans tous les cas pour les démarches » et frais annexes. Coût total : plus de 1,5 milliard !

Réduire le crime pour baisser les impôts ?

La méthode Bichot n’épargne aucun pan du crime. Même le terrorisme est chiffré par lui, à 20 millions de préjudice direct. Il le dit cependant : il ne faut pas «s’imaginer stupidement que la monnaie» puisse être «la mesure de tout» . Sa conclusion donne à réfléchir : «La délinquance coûte environ 5,6 % du PIB. En d’autres termes, si nous parvenions à diminuer les infractions de moitié, nous obtiendrions l’équivalent d’une suppression totale de l’impôt sur le revenu !» Brice Hortefeux n’a plus qu’à prendre sa calculette. Si les chiffres officiels sont exacts, la baisse de 14 % des crimes et délits depuis 2002 aurait déjà fait économiser au pays plus de 15 milliards.

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DUDULE

Pourquoi ne pas simplement expulser cette racaille maghrébine?
En effet, leurs ‘fatmas’ viennent en France pour « pondre » ces rebuts (dont personne, même leur pays d’origine n’en veut…) et ce serait à la France d’en assumer la responsabilité?
Trop facile…
L’hypocrisie (bien connue) des médias (TV) consiste à « flouter » leurs gueules, en les nommant – pudiquement – de « jeunes », ils le sont, de par leur âge avoué, mais pas par leurs agissements indignes…
Il est sûr qu’ils ne feraient pas le centième de leurs conneries chez eux, au Maghreb (Algérie, Tunisie & Maroc, sans compter l’Afrique…) sans qu’ils se fassent bastonner, afin de leur (re)mettre les idées en place, mais…en France? Quelle importance? Les braves français en ont peur, pourquoi? Ils ont – peut-être – un sentiment ridicule de culpabilité, dont cette vermine en profite largement!
Il serait grand temps que les autorités françaises « montrent les dents » et les châtier durement, mais…(?)
Il est dit qu’on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, ils (les français) ne veulent ou ne peuvent pas faire quoi que ce soit!…