Le maire de Tel-Aviv Ron Huldaï (photo) a suscité lundi une vague de protestations des milieux ultra-orthodoxes juifs pour avoir accusé leur système d’enseignement d’entretenir « l’ignorance ».

« L’Etat d’Israël finance et développe des secteurs entiers qui se séparent du reste de la population, entretenant l’ignorance et dont la proportion s’accroît de façon effrayante chaque année », a déploré dimanche M. Huldaï lors d’une conférence sur l’éducation.
L’édile s’est indigné du fait que l’Etat n’avait quasiment pas de droit de regard sur le programme d’enseignement des écoles primaires ultra-orthodoxes où étudient plus du quart des élèves juifs. « Dans ces écoles, on se refuse d’enseigner des matières que tout pays normal inclut dans ses programmes comme l’instruction civique et les sciences », a poursuivi le maire de la métropole israélienne, ancien directeur de l’un des lycées les plus prestigieux d’Israël.
Une incitation à la haine raciale pour Yishaï
M. Huldaï a appelé la « majorité silencieuse » laïque en Israël « à se réveiller et lancer un mouvement de protestation civile, pour sauver la démocratie ». Lundi, des députés et la presse ultra-orthodoxes ont eux accusé le maire d' »incitation à la haine raciale » contre la religion juive. Le chef du parti ultra-orthodoxe séfarade Shass, le ministre de l’Intérieur Elie Yishaï, a jugé ces propos « inadmissibles », estimant qu’ils « relevaient de la haine de la Torah », dans une interview à la radio publique.
L’éducation, l’armée et l’emploi font en Israël l’objet de controverses vives et récurrentes entre laïcs et religieux. Compte tenu d’un taux de natalité très fort -plus de sept enfants par famille-, la proportion des élèves de l’enseignement primaire dans les écoles ultra-orthodoxes est passée de 6,6% en 1948, à la naissance de l’Etat hébreu, à 26,5% en 2008.
Dans ces établissements, l’enseignement des matières séculières (sciences, langues vivantes, histoire) y est le plus souvent minimal. Le nombre d’élèves dans les yeshivots (séminaires talmudiques) atteint quant à lui plus de 60.000 appelés, soit plus de 10% du nombre des conscrits. Ils sont exemptés de service militaire, ce qui constitue une pomme de discorde majeure avec le camp laïque.
Par ailleurs, le taux de chômage parmi les hommes ultra-orthodoxes a triplé en trente ans atteignant 61%, principalement parce qu’ils étudient à plein temps jusqu’à un âge avancé dans les yeshivots.
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