Un député du régime iranien a révélé qu’il y a désormais au moins 12 millions de chômeurs en Iran et s’est moqué des propos de Mahmoud Ahmadinejad selon lesquels il aurait créé jusqu’à six millions de nouveaux emplois.

Esmaïl Jalili, membre de la commission du plan et du budget, a dit que si la vantardise d’Ahmadinejad était vraie, cela réduirait le nombre total de chômeurs de moitié.

Dans une interview avec l’agence officielle Mehr, Jalili a rejeté les chiffres d’Ahmadinejad parce que le gouvernement considère toute personne travaillant une heure par semaine comme dotée d’un emploi.

« Six millions d’emplois avec ce gouvernement c’est impossible, car le taux de chômage aurait été réduit de 50% ».

Par conséquent, il a admis qu’il y avait maintenant au moins 12 millions de chômeurs en Iran, en grande partie en raison des fermetures d’usines et des ateliers de fabrication.

L’Iran compte une population de plus de 75 millions selon un recensement de 2012.

L’Iran a célébré, le 11 février, le 34eanniversaire de la révolution islamiste de 1979 sur fond de crise politique, économique et diplomatique.

Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, n’a pu arbitrer le combat au couteau entre le président Mahmoud Ahmadinejad et le chef du Parlement Ali Larijani, se contentant d’appeler au « calme » les deux dirigeants qui ont échangé des accusations de corruption sans précédent lors d’un débat sur le limogeage du ministre du Travail par les députés. « Il est mauvais et contraire à la loi et à la religion (NDLR, l’islam) que le chef d’un des pouvoirs accuse ceux des deux autres sur la base de documents douteux», a stipulé l’ayatollah Khamenei, en allusion au président iranien. Il a aussi condamné l’attitude du président du Parlement, dénonçant le limogeage du ministre et jugeant que M. Larijani était « allé trop loin » face à M. Ahmadinejad.

La manifestation du bazar

M. Ahmadinejad et son gouvernement sont à couteaux tirés avec le Parlement et l’autorité judiciaire, notamment depuis que le président a tenté en avril 2011 de contester le pouvoir du Guide dont se réclament les ultraconservateurs. Ces fractures au sein du régime apparaissent sur fond de crises multiples.

Pour l’opposant Franck Radjaï, chercheur au CNRS basé à Montpellier et proche de l’OMPI (opposition), « la grande manifestation des commerçants du bazar et de la population de Téhéran aux cris de « à bas la dictature » au mois d’octobre dernier a été vu comme le signe annonciateur du feu des contestations ».

La crise économique s’approfondit, « attisée par la mauvaise gestion et la corruption », doublés de l’effet des sanctions contre le programme nucléaire militaire. L’inflation atteint 50 % chaque année, le taux de chômage 30 % de la population active.

L’influence du printemps arabe et l’affaiblissement dramatique de l’allié syrien compliquent un peu plus la donne de ce système quasi-dictatorial. L’axe Téhéran-Damas-Hezbollah (libanais)-Hamas (palestinien) est affaibli.

Quant à la confrontation sur la question nucléaire, elle est à « un tournant », selon M. Radjaï, qui évoque soit une marche arrière du régime, soit un choc frontal. Reculer « signifierait la ruine de l’autorité du guide suprême sur l’appareil des Gardiens de la révolution, piliers du régime militariste ».

Choisir l’affrontement pourrait en revanche ressouder le régime et raviver le sentiment national. Mais à quel prix et avec quel avenir ?

Dans le même temps la présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) Maryam Radjavi a mis en garde, mercredi à Genève, contre un nouveau massacre des réfugiés iraniens au camp Liberty, en Irak. Elle a lancé un appel à l’ONU, aux Etats-Unis et à la Suisse.

Reçue par le maire de Genève, Rémy Pagani, Maryam Radjavi a demandé au Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) d’assumer ses responsabilités en organisant le retour à Achraf des opposants iraniens transférés depuis le début de l’année au camp Liberty, près de Bagdad.

« Nous avons des informations précises qu’une autre attaque contre le camp Liberty est prévue. Ce sont des baraquements qui abritent 3200 personnes dans des conditions intenables et peuvent facilement prendre feu », a dit Maryam Radjavi à la presse au Palais Eynard.

Une attaque à la roquette le 9 février contre le camp Liberty a fait sept morts et plus de cent blessés parmi les opposants iraniens, réfugiés en Irak depuis 26 ans.

Pour empêcher un nouveau massacre, l’opposante iranienne a indiqué qu’il y a deux options: soit les Etats-Unis acceptent de prendre tous les réfugiés avant de les réinstaller dans des pays tiers; soit les réfugiés retournent au camp d’Achraf où les conditions de sécurité sont meilleures.

Appel au HCR et à la Suisse

Elle a appelé le HCR à donner à tous les opposants iraniens dans le camp Liberty le statut de réfugiés de manière collective. Le HCR a déjà reconnu que 2000 d’entre eux ont droit à ce statut, selon Mme Radjavi.

Elle a demandé à la Suisse, en tant que dépositaire des Conventions de Genève, de « prendre des mesures urgentes » pour assurer le respect de ces Conventions.

Un appel soutenu par le maire de Genève et le président du Conseil municipal Jean-Charles Rielle. Les deux personnalités ont dénoncé un « silence complice » face à des violations des Conventions de Genève.

Rémy Pagani a indiqué que le HCR n’a jamais répondu à sa demande d’organiser une rencontre avec Maryam Radjavi en sa présence. « Comme lors du génocide au Rwanda, comme lors du massacre de Srebrenica, l’ONU n’assume pas ses responsabilités », a-t-il affirmé.

Fascisme religieux

Maryam Radjavi a dénoncé de manière plus générale le « fascisme religieux » au pouvoir à Téhéran. Elle a affirmé que le régime est paralysé par les conflits au sommet et que la population iranienne, frappée par un chômage de 30% et une inflation de 50%, est prête à se révolter.

« Le mécontentement social est très fort, l’économie en faillite, alors que les mollahs cherchent d’abord à sauver la dictature syrienne et à acquérir la bombe atomique à n’importe quel prix », a déclaré l’opposante. Maryam Radjavi a ensuite présidé une réunion au Bâtiment des Forces motrices (BFM), en présence de plusieurs centaines de personnes.

Conseil National de la résistance Iranienne.

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