En manque de candidats, le président de l’UMP, Jean-François Copé, a affirmé mercredi qu’il allait demander aux secrétaires départementaux de mettre des avis de recrutement.

Un «trait d’humour» destiné à «interpeller les Français», selon son entourage.«Principal parti d’opposition cherche candidats pour élections municipales». C’est le message délivré mercredi soir en substance par Jean-François Copé lors d’une réunion publique à Agen.

Une déclaration qui sonne comme un aveu d’échec pour l’ancienne majorité qui peine à trouver des candidats pour mars 2014. Exception faite à Paris, où les prétendants – potentiels ou déclarés – se multiplient.

Devant environ 500 personnes, le président de l’UMP a affirmé très sérieusement mercredi soir que son parti allait recruter ses candidats pour les municipales par «petites annonces». Une sortie médiatique de plus pour ce partisan de la droite décomplexée, habitué des petites phrases, qui ne devrait pas manquer de faire réagir à droite, comme à gauche.

«On me dit qu’il n’y pas plus de candidats» pour constituer les listes de conseillers municipaux, a-t-il expliqué, «alors, je vais demander aux secrétaires départementaux (de l’UMP) de passer des petites annonces.

Dans toutes les villes, on mettra des avis de recrutement». Et le député-maire de Meaux de se montrer incitatif: «J’invite celles et ceux qui veulent exprimer leur mécontentement, leur indignation envers la politique du gouvernement à nous rejoindre. Nous allons reconquérir le cœur des Français village par village, ville par ville». La droite n’a pas gagné d’élections locales depuis 2001, a-t-il rappelé, «ça nous manque!».

«Jean-François Copé a fait un trait d’humour en parlant de ‘petites annonces’, mais c’est un processus très banal dans un parti politique, sauf que les gens n’en parlent pas, précise-t-on jeudi dans l’entourage du président de l’UMP. Cela peut passer par des tracts ou par une campagne par exemple. Mais bien entendu, on ne va pas diffuser de petites annonces dans toute la presse régionale!».

Le but de cette nouvelle sortie de Copé? «Interpeller les Français en vue des municipales pour lancer la reconquête des territoires», ajoute-t-on en interne, reconnaissant ne pas vouloir revivre le scénario des cantonales de mars 2011, où des nombreux cantons s’étaient retrouvés dépourvus de candidats UMP.

«Nous avons 15 mois pour nous organiser et mobiliser les Français de droite et de centre-droite. Mais c’est aussi l’occasion de nous diversifier et de faire émerger une nouvelle génération d’élus», ajoute la même source.

Les municipales, «un coup de semonce pour Hollande»

Le président de l’UMP a ensuite dressé la liste de ses objectifs pour les municipales, qui doivent être «un coup de semonce pour François Hollande».

«Je veux absolument adresser un message au président de la République: qu’il s’occupe d’économie, qu’il s’occupe, d’emploi, de relocalisation de nos activités», a lancé Copé, sous les applaudissements de la salle.

«On ne peut pas mobiliser pendant des semaines et des semaines le Parlement sur un sujet, aussi respectable soit-il, mais qui n’est pas d’actualité immédiate, c’est le moins que l’on puisse dire: la loi sur le mariage homosexuel et l’adoption!».

«Je demande que chacun prenne conscience qu’il y a urgence en France et en Europe à s’occuper des questions économiques», a-t-il poursuivi, citant le thème de la flexisécurité.

Pour Jean-François Copé, le scrutin de mars 2014 doit être l’occasion «de dire à François Hollande: stop avec cette absence de courage politique, cette absence de réformes courageuses, ces augmentations d’impôts massives qui paralysent le pays».

Et celui-ci de tendre parallèlement la main à l’UDI de Jean-Louis Borloo: «Nous discuterons avec nos amis de l’UDI», a-t-il lancé, devant Jean Dionis du Séjour, maire UDI d’Agen venu participer au meeting.

Dans le même genre, le Front national avait lancé un appel aux candidatures six semaines avant les cantonales de 2011.

Pas de petites annonces ici, mais un e-mail adressé aux adhérents du parti par Steeve Briois, le secrétaire général du FN.

«Nous avons besoin de vous», écrivait alors ce bras droit de Marine Le Pen, rassurant les potentiels intéressés sur le coût nul de la campagne et sa relative discrétion. Une stratégie payante pour le FN qui avait pu présenter un maximum de candidats.

Le parti d’extrême droite s’était ainsi qualifié dans 402 cantons entre les deux tours, mais avait ensuite trébuché, ne remportant que deux sièges, Carpentras et Brignoles.

07-02-2013/Marion Brunet/ Le Figaro.fr Article original

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