Une mère a perdu son enfant in utéro après n’avoir pu accoucher le jour dit.

Elle et son compagnon estiment que l’hôpital est responsable du drame puisqu’il n’ont pas été accueillis comme prévu en raison d’un service débordé.Un bébé est-il mort faute de place à l’hôpital?

C’est ce que pense un couple de la région parisienne qui a perdu son enfant in utero vendredi.

Ils accusent la maternité Port-Royal de Paris d’être responsable du drame faute d’avoir pu les accueillir comme prévu en raison d’un service débordé.

Dans «Le Parisien» , le père Stéphane revient sur les événements.

Effectuant une grossesse à risques avec possibilité de donner naissance précocement, sa femme Déborah avait rendez-vous jeudi à 7 heures à la maternité, qui dépend de l’AP-HP, pour déclencher l’accouchement.

Le rendez-vous ayant déjà été reporté, Stéphane appelle pour se le faire confirmer mais on lui répond d’attendre et de venir à 11 heures.

Ce que le couple fait mais à l’heure dite, on leur déclare qu’aucune chambre n’est disponible.

Ce délai inquiète le couple car la semaine précédente Déborah était venue aux urgences: le bébé ne bougeait pas beaucoup.

Après avoir insisté avec le médecin de garde, les parents sont redirigés vers les urgences de Port-Royal.

Le personnel hospitalier sous le choc

L’examen du rythme cardiaque du bébé ne révèle rien d’anormal, a expliqué au Parisien l’hôpital.

«Une sage-femme débordée qui courait de box en box est venue vers nous pour nous dire de rentrer chez nous.

Pour elle, il n’y avait pas d’urgence», raconte Stéphane.

Craignant une insuffisance fœtale, lui et sa compagne proposent un transfert vers une autre maternité mais leur demande «est balayée».

«Ils n’avaient pas le temps», estime Stéphane.

Alors que le couple est en route vers son domicile, il reçoit un coup de fil de la sage-femme.

««Je n’ai pas eu le temps de vous demander si le bébé bougeait bien», rapporte Stéphane.

«Ma femme lui répond qu’il ne bouge que quand il est stimulé.

Cet appel n’a fait qu’augmenter notre inquiétude». Dans la nuit, la jeune femme se réveille.

Elle se sent mal et le bébé ne bouge plus.

Le couple se précipite aux urgences mais cette fois le monitoring ne montre aucune activité cardiaque.

Le bébé est mort et il faut déclencher l’accouchement.

Le couple a demandé une autopsie et s’apprête à porter plainte contre la maternité Port-Royal.

L’hôpital a diligenté une enquête interne pour savoir si le personnel est «passé à côté de quelque chose».

«Mes équipes sont choquées par le décès de ce bébé», a déploré Dominique Cabrol, le patron de la maternité.

Le gynécologue a confirmé que «le déclenchement était bien prévu jeudi» et que ce jour-là, à la maternité Port-Royal, «on était en saturation totale».

«On peut penser que, si la jeune femme avait accouché comme prévu, le bébé serait vivant», estime-t-il.

Dans sa maternité, une trentaine de bébés meurent in-utéro chaque année et dans 30% des cas l’autopsie ne permet pas de révéler les causes du décès.

03-02-2013/ Le Figaro.fr Article original

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